Comment Devenir Aidant Familial : Guide Complet des Démarches et Aides

Vous accompagnez un proche âgé ou dépendant ? Découvrez le statut d'aidant familial, les démarches pour être reconnu, les aides financières disponibles (PCH, APA, AJPA) et comment concilier vie professionnelle et accompagnement d'un proche en perte d'autonomie.

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Lucie Garcia

Dieteticienne

Mis à jour :
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Information Santé

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin pour des conseils personnalisés.

Comment Devenir Aidant Familial : Guide Complet des Démarches et Aides
© Santors
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Points clés à retenir

En France, 9,3 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Vous faites peut-être partie de ces aidants qui consacrent du temps et de l’énergie à soutenir un parent âgé, un conjoint malade ou un enfant handicapé. Mais comment faire reconnaître ce rôle essentiel ? Quelles démarches entreprendre pour bénéficier d’un soutien financier et d’une protection sociale ?

Ce guide complet vous explique comment devenir aidant familial, obtenir une rémunération, accéder aux congés et aides disponibles pour préserver votre qualité de vie tout en accompagnant votre proche.

Qu’est-ce qu’un aidant familial et qui peut le devenir ?

Selon l’article L113-1-3 du Code de l’action sociale et des familles, l’aidant familial est une personne qui vient en aide, de manière régulière et fréquente, à titre non professionnel, à un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie pour accomplir tout ou partie des actes de la vie quotidienne.

Les critères pour être considéré comme aidant familial

Vous êtes aidant familial si vous répondez aux conditions suivantes :

  • Lien avec la personne aidée : conjoint, partenaire de PACS, concubin, parent, enfant, frère, sœur, ou toute personne résidant avec la personne aidée ou entretenant des liens étroits et stables
  • Aide régulière : au moins deux interventions par semaine
  • Aide non professionnelle : vous n’êtes pas un professionnel du secteur médico-social
  • Nature de l’aide : assistance dans les actes essentiels (toilette, repas, déplacements), soutien moral, gestion administrative, surveillance

Qui peut bénéficier de l’aide d’un aidant familial ?

Votre proche peut être :

  • Une personne âgée en perte d’autonomie (GIR 1 à 4)
  • Un adulte ou enfant handicapé avec un taux d’incapacité d’au moins 80%
  • Une personne atteinte d’une maladie chronique ou invalidante (Alzheimer, Parkinson, cancer, etc.)

Quelles démarches pour devenir aidant familial ?

Contrairement à une idée reçue, aucune démarche administrative n’est obligatoire pour être reconnu aidant familial. Vous êtes automatiquement considéré comme tel dès que vous accompagnez régulièrement un proche dépendant.

La reconnaissance automatique du statut

Dès que vous apportez une aide régulière à un proche en perte d’autonomie, vous êtes aidant familial. Il n’existe pas de formulaire spécifique à remplir ni de dossier à constituer auprès d’une administration pour obtenir ce statut.

Comment faire valoir votre statut d’aidant ?

Même si le statut est automatique, vous pouvez formaliser votre situation en demandant une attestation administrative d’aidant familial auprès du Conseil départemental. Cette attestation peut être utile pour :

  • Demander des aides financières (PCH, APA, AJPA)
  • Solliciter un congé de proche aidant auprès de votre employeur
  • Bénéficier de formations gratuites
  • Accéder aux plateformes de répit

Pour cela, vous devez fournir :

  • Une déclaration sur l’honneur attestant de votre lien avec la personne aidée
  • Une description de l’état de santé de votre proche (certificat médical)
  • La liste des tâches que vous réalisez pour votre proche

Où vous renseigner ?

Plusieurs structures peuvent vous accompagner dans vos démarches :

  • La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) pour les situations de handicap
  • Les Centres Communaux d’Action Sociale (CCAS)
  • Les Centres Locaux d’Information et de Coordination (CLIC)
  • Les plateformes d’accompagnement et de répit
  • L’Association Française des Aidants

Comment être rémunéré en tant qu’aidant familial ?

L’accompagnement d’un proche peut avoir des conséquences financières importantes. Heureusement, plusieurs dispositifs permettent aux aidants familiaux de percevoir une compensation financière.

Devenir salarié de votre proche via l’APA ou la PCH

Si votre proche bénéficie de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) ou de la Prestation de Compensation du Handicap (PCH), il peut vous employer directement comme aide à domicile.

Conditions pour l’APA :

  • Vous ne pouvez pas être le conjoint, concubin ou partenaire de PACS de la personne aidée
  • Rémunération au minimum au SMIC horaire brut (11,88 € en 2025)
  • Déclaration via le CESU déclaratif sur le site de l’URSSAF

Conditions pour la PCH :

  • Plus restrictif : impossible d’employer un obligé alimentaire du 1er degré (parents, enfants, beaux-parents)
  • Exception : en cas de handicap très lourd nécessitant une présence constante
  • Tarif horaire plafonné à 19,34 € en 2025

Le dédommagement via la PCH (sans lien salarié)

Si vous ne pouvez pas être salarié (conjoint, retraité), vous pouvez recevoir un dédommagement :

  • 4,69 € par heure si vous maintenez votre activité professionnelle
  • 7,04 € par heure si vous avez réduit ou cessé votre activité
  • Plafond mensuel : 1 209,24 € (voire 1 451,09 € selon les situations)

💡 Bon à savoir : Ce dédommagement n’est pas imposable depuis 2019.

L’Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA)

Si vous devez réduire ou cesser votre activité professionnelle pour vous occuper de votre proche, vous pouvez bénéficier de l’AJPA :

  • Montant en 2025 : 65,80 € par jour (ou 32,90 € par demi-journée)
  • Durée : maximum 22 jours par mois et 66 jours par proche aidé
  • Nouveauté 2025 : possibilité de renouveler pour un maximum de 4 proches différents (264 jours sur toute la carrière)
  • Organisme : versée par la CAF ou la MSA

Conditions :

  • Être salarié, fonctionnaire, travailleur indépendant ou demandeur d’emploi indemnisé
  • Avoir pris un congé de proche aidant
  • Ne pas être déjà rémunéré par la personne aidée au titre de l’APA ou la PCH

Le congé de proche aidant : concilier travail et aidance

Depuis 2017, le congé de proche aidant permet aux salariés de suspendre ou réduire leur activité professionnelle pour accompagner un proche.

Qui peut en bénéficier ?

Tous les salariés du privé et du public, sans condition d’ancienneté depuis 2020.

Durée et modalités

  • Durée initiale : 3 mois maximum
  • Renouvelable dans la limite d’1 an sur toute la carrière
  • Possibilité de fractionner le congé ou de le transformer en temps partiel (avec accord de l’employeur)
  • Les fonctionnaires peuvent fractionner en demi-journées

Comment demander le congé ?

Vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant le début du congé, par courrier recommandé ou email avec accusé de réception, en joignant :

  • Déclaration sur l’honneur de votre lien avec la personne aidée
  • Déclaration précisant la durée de congé déjà prise ou non
  • Copie de la décision d’attribution de l’APA ou justificatif d’un taux d’incapacité d’au moins 80%

⚠️ Important : Votre employeur ne peut pas refuser ce congé si toutes les conditions sont remplies.

Cas d’urgence : congé immédiat

Le congé peut débuter sans délai en cas de :

  • Dégradation soudaine de l’état de santé du proche (certificat médical)
  • Cessation brutale de l’hébergement en établissement
  • Situation de crise nécessitant une action urgente

Les autres aides et dispositifs pour les aidants

Le droit au répit

Si votre proche bénéficie de l’APA, vous avez droit à un budget répit de 573,77 € par an pour financer :

  • Un accueil de jour
  • Un hébergement temporaire
  • Un relais à domicile

Les avantages fiscaux

  • Déduction fiscale : jusqu’à 4 039 € par an pour une pension alimentaire versée à un ascendant dans le besoin
  • Crédit d’impôt : 50% des dépenses pour l’emploi d’une aide à domicile (plafond 12 000 € annuels)
  • Exonération : le dédommagement PCH n’est pas imposable

L’Assurance Vieillesse des Aidants (AVA)

Si vous avez réduit ou cessé votre activité, vous pouvez bénéficier d’une affiliation gratuite à l’assurance vieillesse pour valider des trimestres de retraite sans payer de cotisations.

Les formations gratuites

De nombreuses associations proposent des formations pour les aidants :

  • France Alzheimer
  • APF France Handicap
  • Association Française des Aidants

Ces formations vous aident à mieux comprendre la pathologie de votre proche, apprendre les gestes de soins, gérer les situations de crise et préserver votre santé.

Préserver votre qualité de vie d’aidant

Les chiffres qui alertent

Selon les études récentes :

  • 60% des aidants sont exposés à un risque de surmortalité dans les 3 ans
  • 48% déclarent avoir une maladie chronique
  • 53% témoignent d’un impact sur leur santé
  • 40% citent le manque de temps comme principale difficulté

Les solutions de répit

Pour éviter l’épuisement, plusieurs solutions existent :

  • Accueil de jour : quelques heures ou journées par semaine en structure
  • Hébergement temporaire : de quelques jours à quelques semaines en EHPAD
  • Garde à domicile : remplacement ponctuel par un professionnel
  • Plateformes de répit : accompagnement personnalisé et groupes de parole
  • Téléassistance : système d’alerte pour sécuriser votre proche en votre absence

Les plateformes d’accompagnement

Partout en France, des plateformes d’accompagnement et de répit proposent :

  • Information sur les droits et aides
  • Soutien psychologique individuel
  • Groupes de parole entre aidants
  • Activités de répit
  • Formations pratiques

Passez à l’action : vos prochaines étapes pour être accompagné

Maintenant que vous connaissez vos droits, voici les démarches concrètes à entreprendre :

Étape 1 : Évaluez votre situation

  • Listez les aides que vous apportez à votre proche
  • Estimez le temps consacré chaque semaine
  • Identifiez l’impact sur votre vie professionnelle et personnelle

Étape 2 : Faites évaluer votre proche

  • Contactez le Conseil départemental pour une demande d’APA (si +60 ans)
  • Ou la MDPH pour une demande de PCH (si handicap)
  • Un professionnel viendra évaluer les besoins à domicile

Étape 3 : Choisissez le dispositif adapté

  • Salariat : si votre proche a l’APA/PCH et que vous n’êtes pas conjoint
  • Dédommagement PCH : si vous êtes conjoint ou retraité
  • AJPA : si vous devez prendre un congé professionnel

Étape 4 : Constituez votre dossier

  • Formulaire de demande (CAF, MSA ou Conseil départemental selon l’aide)
  • Pièces justificatives (identité, certificat médical, décision APA/PCH)
  • Attestation de l’employeur si demande de congé

Étape 5 : Faites-vous accompagner

N’hésitez pas à solliciter l’aide des professionnels et associations. Vous n’êtes pas seul : 9,3 millions d’aidants en France font face aux mêmes défis.

💡 Astuce Santors : Une mutuelle senior adaptée peut prendre en charge des services d’aide à domicile et de téléassistance. Certains contrats proposent même des garanties spécifiques pour soutenir les aidants familiaux. Comparez les offres pour trouver celle qui protège au mieux votre proche et vous accompagne dans votre rôle d’aidant.

Être aidant familial est un engagement qui mérite reconnaissance et soutien. En vous informant sur vos droits et en activant les aides disponibles, vous pourrez accompagner votre proche dans les meilleures conditions tout en préservant votre propre autonomie et qualité de vie.

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Sources et références

  1. 1
    Pour les personnes âgées - Aidant familial, proche aidant : définitions et aides
    www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr
    Consulté le 2024
  2. 2
    Service-Public.fr - Le congé de proche aidant
    www.service-public.fr
    Consulté le 2024
  3. 3
    Pour les personnes âgées - L'allocation journalière du proche aidant
    www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr
    Consulté le 2025
  4. 4
    DREES - 9,3 millions de personnes déclarent apporter une aide régulière à un proche
    drees.solidarites-sante.gouv.fr
    Consulté le 2023
  5. 5
    Ameli.fr - Peut-on utiliser l'APA ou la PCH pour payer un aidant familial
    www.ameli.fr
    Consulté le 2024

Questions fréquentes

4 questions
Aucune démarche administrative obligatoire n'est nécessaire pour devenir aidant familial. Vous êtes automatiquement reconnu comme tel dès que vous accompagnez régulièrement un proche en perte d'autonomie. Cependant, pour bénéficier d'aides financières ou d'un congé, vous devrez fournir des justificatifs (certificat médical du proche, déclaration sur l'honneur, décision d'attribution APA ou PCH) aux organismes concernés (CAF, MDPH, Conseil départemental, employeur).
La rémunération d'un aidant familial varie selon le dispositif : en tant que salarié via l'APA ou la PCH, vous percevez au minimum le SMIC horaire (11,88 € brut en 2025) ; le dédommagement PCH s'élève à 4,69 €/heure (ou 7,04 €/heure si activité réduite), plafonné à 1 209,24 € par mois ; l'Allocation Journalière du Proche Aidant (AJPA) verse 65,80 € par jour, dans la limite de 22 jours par mois et 66 jours par proche aidé.
Pour demander le congé de proche aidant, vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant le début du congé, par écrit (lettre recommandée ou email avec accusé). Joignez une déclaration sur l'honneur de votre lien avec la personne aidée, la copie de la décision d'attribution de l'APA ou du justificatif d'incapacité d'au moins 80%, et précisez si vous avez déjà bénéficié de ce congé. L'employeur ne peut pas refuser si toutes les conditions sont remplies. Le congé dure 3 mois maximum, renouvelable dans la limite d'1 an sur toute votre carrière.
Non, certaines aides ne sont pas cumulables. Vous ne pouvez pas percevoir simultanément l'AJPA et une rémunération au titre de l'APA ou de la PCH pour la même personne aidée. L'AJPA n'est pas non plus cumulable avec les indemnités de congé maternité, maladie, chômage ou la PreParE. En revanche, vous pouvez cumuler le dédommagement PCH avec des avantages fiscaux (crédit d'impôt pour emploi à domicile, déduction pour pension alimentaire). Le droit au répit (573,77 € par an) est indépendant et peut compléter les autres dispositifs.

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Lucie Garcia
✍️ À propos de l'auteur

Lucie Garcia

Dieteticienne

Diététicienne-nutritionniste diplômée, spécialisée dans la nutrition des seniors depuis 10 ans. Elle accompagne les personnes âgées dans l'adaptation de leur alimentation et conseille sur les compléments alimentaires et les régimes adaptés.

10 ans d'expérience Nutrition seniors