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Éviter le syndrome de glissement

Qu’est-ce que le syndrome de glissement ?

Même si le syndrome de glissement est mal défini, plusieurs signes et symptômes peuvent évoquer sa présence.

 

Définition

Pour la petite histoire ! C’est Jean Carrié qui décrit pour la première fois le syndrome de glissement dans sa thèse en 1956. Ce gériatre le découvre grâce à une analyse des modes de décès des personnes âgées à l’hospice. Il le définit par la suite comme un processus de sénescence et d’involution.

Ensuite, le syndrome de glissement reçoit de nouvelles définitions. Certains scientifiques le considèrent comme un « suicide inconscient », parce qu’il crée chez les patients un refus volontaire de vivre.

 

Causes

Le syndrome de glissement touche principalement les personnes âgées d’environ 80 ans, à la suite d’un élément déclenchant qui peut être psychique et physique :

  • Troubles graves ou aigus
  • Opération chirurgicale
  • Chute
  • Fracture
  • Perte d’un être cher
  • Hospitalisation prolongée
  • Placement dans une maison de retraite
  • Deuil …

Si l’un de ces événements apparaît, surveillez régulièrement votre proche. En effet, même s’il va bien après la guérison (ou le déménagement en fonction de la cause), le syndrome de glissement peut lui arriver quelques jours, voire 1 mois plus tard. À défaut de prise en charge, il peut conduire à sa mort.

 

Symptômes

Les signes du syndrome de glissement se rapprochent le plus souvent à ceux d’une dépression intense ou soudaine. Cette similitude fait l’objet de nombreuses études. Car actuellement certains pays le considèrent comme une forme de dépression spécifique aux seniors.

Une personne atteinte du syndrome de glissement se désintéresse progressivement à la vie et à ses activités quotidiennes. Son désintérêt s’accompagne d’un manque d’appétit, voire d’une baisse de forme. Le plus souvent, elle ressent également de l’anxiété qui peut la conduire à rester seule, sans l’aide de personne.

Néanmoins, bien que les symptômes diffèrent d’une personne à un autre, les signes suivants vous permettent de l’identifier, 1 mois après le choc l’ayant occasionné :

  • Anorexie
  • Adipsie (ne pas avoir soif)
  • Dénutrition
  • Déshydratation
  • Troubles sphinctériens à type d’atonie intestinale et vésicale
  • Repli en soi
  • Clinophilie (rester au lit pendant des heures)
  • Refus alimentaire
  • Refus des soins
  • Mutisme (refus de communiquer ou de parler)

 

Évolution et complication

Bien que son évolution soit réversible, elle reste très sévère. Et pour preuve, la mort du patient survient le plus souvent dans environ 85% des cas.  Mais, si une personne survivait à la première crise, le syndrome de glissement demeure encore un risque, car des rechutes sont encore possibles.

Dans tous les cas, sachez que la prise en charge est très difficile chez les personnes âgées en raison de leur :

  • Vieillesse qui favorise la perte de la masse musculaire. Les patients risquent donc de devenir dépendants, ce qui pourrait renforcer encore plus leur dépression
  • Mutisme qui se traduit par le refus de recevoir des soins. Le plus souvent, les personnes âgées évitent de signaler leur état de santé aux professionnels de santé. Ce phénomène rend encore plus difficile le traitement.

 

Comment prévenir le syndrome de glissement chez les personnes âgées ?

Comme le syndrome de glissement se manifeste par des signes cliniques et physiques, les actes de prévention doivent se faire en plusieurs étapes :

 

Suivie de l’état de santé

D’après enquête dans une maison de retraite de la région de Rabat en 2012, la majorité des seniors qui souffrent du syndrome de glissement est atteinte de pathologies plus ou moins graves. Effectivement, selon 60 personnes interrogées, 78,33 % souffrent d’endocrinopathie, 57 % de pneumopathies, 43,5 % de cardiopathies, 15 % d’antécédent d’AVC (accident vasculaire cérébral), etc.

Dans ce cas, la première mesure à prendre pour éviter le syndrome de glissement est de surveiller l’état de santé des personnes âgées. Si possible, renseignez-vous sur les caractéristiques de la maladie à laquelle, ils souffrent (causes, symptômes, complications, prévention …)

 

Prise en charge de la dépression

D’après enquête dans une maison de retraite de la région de Rabat en 2012, les personnes âgées qui ressentent l’envie de se glisser vers la mort sont dépressives. Pourtant, sur le plan étiologique, la dépression figure parmi les facteurs déclenchants du syndrome de glissement, d’où l’intérêt de la prendre en charge. Pour ce faire, deux solutions sont possibles :

  • Psychothérapie qui constitue le premier traitement de choix contre la dépression. À la différence du traitement médicamenteux, elle est moins dangereuse pour les personnes âgées.
  • Traitement médicamenteux qui consiste à prendre des antidépresseurs. Cependant, avant de débuter la prise, renseignez-vous d’abord sur les effets secondaires. Ces médicaments contre les troubles neuropsychiques peuvent causer de maladies graves.

 

Les mesures à prendre pour éviter la dépression

Même si le syndrome de glissement est un trouble grave, il est tout à fait possible de le prévenir en adoptant les gestes suivants :

  • Proposer des activités à faire (voyage organisé, sortie ludique …), afin de maintenir l’autonomie des personnes âgées
  • Placer les seniors dans un environnement agréable (bien équipé, bon voisinage, etc.). Sur ce point, le placement dans une maison de retraite se révèle très efficace. Car, elle dispose de tous les moyens nécessaires pour surveiller leur état de santé.
  • Donner aux personnes âgées la décision de choisir leur activité préférée
  • Prévenir les risques d’infection en respectant les gestes barrières (lavage des mains …) et en nettoyant régulièrement l’environnement dans lequel, les seniors vivent.
  • Organiser des activités en groupe, afin d’éviter le risque d’isolement social, responsable (le plus souvent) de la dépression.

 

Que faire si l’on suspecte le syndrome de glissement chez les personnes âgées ?

Lorsque l’un des symptômes de glissement apparaît, réagissez vite. Une prise en charge en urgence peut effectivement prévenir les rechutes et les complications.

 

Les bons gestes à faire

En cas de syndrome de glissement, contactez immédiatement un médecin. Ce dernier décide généralement de placer la personne sous surveillance clinique. Les soins à l’hôpital sont effectivement indispensables, afin de contrôler son état général.

La prise en charge dans l’établissement consiste  à :

  • Inciter la personne malade à s’alimenter. Si elle refuse de manger, de son propre chef, alors le médecin prescrit généralement une alimentation par perfusion, afin de la garder en bonne santé
  • Traiter les éventuelles infections, surtout si elle souffre de troubles causés par des agents pathogènes (virus, bactéries, champignons, etc.).
  • Prendre en charge  la sphère urinaire et sphinctérienne selon les cas (lavement, sonde, …)
  • Traiter les autres maladies dont souffre le senior

 

Les mesures à prendre pour éviter les rechutes

En dépit d’une prise en charge, il existe encore des risques. Car les rechutes sont encore possibles, mais pas irréversibles. Alors, pour accompagner les personnes âgées à guérir du syndrome de glissement, adoptez les mesures suivantes :

  • Assurer leur rétablissement psychologique en évitant qu’ils ne plongent de nouveau dans la dépression (un facteur de risque du syndrome de glissement)
  • Proposer un sport afin de les rééduquer à l’effort. En effet, la pratique d’une activité physique favorise l’appétit. Elle prévient donc la dénutrition. Par la même occasion, elle fortifie la masse musculaire, ce qui permet de rester autonome encore plus longtemps.

 

Quel remboursement pour la prévention du syndrome de glissement ?

Le remboursement dépend généralement des mesures de prévention à prendre. Si le senior (suspecté de souffrir du syndrome de glissement) suit par exemple :

 

Une séance thérapeutique chez un psychologue

La prise en charge d’une psychothérapie par la sécurité sociale dépend du praticien que vous consultez :

  • La séance prescrite par des psychologues ou psychiatres dans les établissements de secteur public psychiatrique est remboursée par l’assurance-maladie.
  • La thérapie dispensée par les psychologues en cabinet privé n’est pas prise en charge. Mais, les mutuelles remboursent la totalité des soins, en fonction du contrat.
  • La psychothérapie prescrite par les psychiatres privés est remboursée en fonction des conditions dans le parcous de soin.

 

Le traitement médicamenteux

Par contre, si la psychothérapie est insuffisante, votre médecin peut prescrire l’administration des antidépresseurs. Cette fois-ci, le remboursement dépend de la gravité de la dépression à laquelle souffre le patient :

  • SMR (service médical rendu) important à hauteur de 65% pour les troubles dépressifs graves, comme le stress post-traumatique …
  • SMR plus modérée à hauteur de 30% pour les problèmes légers, comme les troubles de l’anxiété sociale, etc.

 

Le placement dans une maison de retraite, ou dans les centres spécialisés

Le placement dans un établissement spécialisé pour l'Hébergement des personnes âgées ouvre droit à de nombreuses aides financières, comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), ou l’aide pour les personnes âgées accordées par la sécurité sociale, etc.

 

Conclusion

Le syndrome de glissement est un trouble encore peu connu, mais il suscite déjà l’intérêt des médecins. Et pour cause, il est responsable de décès des 80 à 90% des cas. Heureusement, il est possible de le prévenir. Alors, surveillez de plus près l’état de santé des personnes âgées, surtout si ces dernières souffrent de la dépression. Le traitement de ce trouble est, d’ailleurs remboursé partiellement par la sécurité sociale. Toutefois, pour bénéficier d’une prise en charge complète, souscrivez à une mutuelle santé. Santors vous accompagne à trouver l’offre idéale.