Plus de 60% des Français utilisent des plantes médicinales pour soulager leurs maux quotidiens. Chez les seniors, cette pratique ancestrale revient en force comme complément aux traitements classiques. Tisanes apaisantes, huiles essentielles, gélules de plantes… la phytothérapie offre de nombreuses solutions naturelles pour améliorer votre bien-être. Mais attention : naturel ne signifie pas sans risque, surtout après 60 ans où les interactions médicamenteuses sont fréquentes.
Ce guide vous révèle tout ce que vous devez savoir sur l’utilisation sécurisée des plantes médicinales : quelles plantes privilégier selon vos besoins, les précautions indispensables à respecter, et comment votre mutuelle santé peut prendre en charge certaines consultations en naturopathie ou en phytothérapie.
Qu’est-ce que la phytothérapie et pourquoi intéresse-t-elle les seniors ?
La phytothérapie désigne l’utilisation de plantes médicinales à des fins thérapeutiques. Cette médecine douce, reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé, exploite les principes actifs naturellement présents dans les végétaux pour prévenir ou soulager différents troubles de santé.
Pour les seniors, l’attrait de la phytothérapie s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, la volonté de réduire la polymédication : après 65 ans, les Français prennent en moyenne 4 à 5 médicaments par jour selon la DREES. Les plantes médicinales permettent parfois de compléter ou d’optimiser certains traitements, toujours sous contrôle médical.
Les formes galéniques de la phytothérapie
Les plantes médicinales se présentent sous différentes formes adaptées à chaque besoin :
- Tisanes et infusions : forme traditionnelle obtenue en versant de l’eau chaude sur les plantes séchées (camomille, tilleul, verveine)
- Décoctions : préparation où les plantes sont bouillies pour extraire les principes actifs (racines, écorces)
- Gélules et comprimés : poudres de plantes concentrées pour un dosage précis
- Extraits liquides : teintures mères, extraits alcooliques ou glycérinés
- Huiles essentielles : concentrés très puissants obtenus par distillation, à utiliser avec précaution
Phytothérapie et reconnaissance médicale
En France, certaines plantes médicinales bénéficient d’une reconnaissance officielle. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) autorise près de 550 plantes à usage thérapeutique. Certaines sont même inscrites à la Pharmacopée française, garantissant leur qualité et leur usage traditionnel reconnu.
Toutefois, la phytothérapie reste classée parmi les médecines complémentaires. Les consultations chez un phyto-thérapeute ou un naturopathe ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, mais certaines mutuelles santé proposent des forfaits spécifiques pour ces médecines douces, allant de 50 à 200€ par an selon les contrats.
Les plantes médicinales les plus adaptées aux seniors
Avec l’âge, certains troubles de santé deviennent plus fréquents : troubles du sommeil, douleurs articulaires, digestion difficile, anxiété, circulation sanguine… Voici les plantes les plus utilisées et leurs indications principales pour les personnes de plus de 60 ans.
Pour améliorer le sommeil et réduire l’anxiété
Les troubles du sommeil touchent près de 50% des seniors selon l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance. Plusieurs plantes offrent des propriétés sédatives douces :
- Valériane : favorise l’endormissement et améliore la qualité du sommeil sans accoutumance (300 à 600 mg en gélules avant le coucher)
- Passiflore : réduit l’anxiété légère à modérée, particulièrement efficace en cas de ruminations mentales
- Aubépine : apaise les palpitations d’origine nerveuse et les tensions cardiaques légères
- Mélisse : action calmante et antispasmodique, idéale en tisane le soir
- Tilleul et camomille : tisanes traditionnelles aux vertus relaxantes reconnues
Précaution importante : ces plantes ne remplacent pas un traitement pour troubles du sommeil sévères ou dépression. Elles peuvent potentialiser l’effet des somnifères : consultez toujours votre médecin avant de les associer à un traitement.
Pour soulager les douleurs articulaires
L’arthrose concerne 65% des plus de 65 ans. Certaines plantes possèdent des propriétés anti-inflammatoires naturelles :
- Harpagophytum (griffe du diable) : efficacité reconnue sur les douleurs articulaires, 1200 à 2400 mg par jour en cure de 2-3 mois
- Curcuma : puissant anti-inflammatoire, associé au poivre noir pour améliorer son absorption (curcumine)
- Reine-des-prés : contient des dérivés salicylés naturels, ancêtre végétal de l’aspirine
- Cassis (feuilles) : action drainante et anti-inflammatoire sur les articulations
- Prêle : reminéralisante grâce à sa richesse en silice, favorise la souplesse articulaire
Ces plantes peuvent compléter un traitement antalgique classique, mais attention : l’harpagophytum est contre-indiqué en cas d’ulcère gastrique, et le curcuma doit être évité si vous prenez des anticoagulants.
Pour stimuler la circulation et protéger les veines
Jambes lourdes, varices, troubles de la microcirculation… ces problèmes s’accentuent avec l’âge :
- Vigne rouge : protège les parois veineuses et réduit la sensation de jambes lourdes
- Marronnier d’Inde : tonifie les veines et diminue l’œdème des membres inférieurs
- Ginkgo biloba : améliore la microcirculation cérébrale et périphérique, souvent recommandé pour la mémoire
- Hamamélis : astringent veineux, efficace en cas de varices ou hémorroïdes
Attention particulière : le ginkgo biloba est contre-indiqué si vous prenez des anticoagulants (AVK, antiagrégants plaquettaires) car il augmente le risque hémorragique.
Pour faciliter la digestion
Ballonnements, digestion lente, constipation légère… des troubles fréquents chez les seniors :
- Menthe poivrée : soulage les spasmes digestifs et les nausées (en tisane ou huile essentielle sur un sucre)
- Fenouil : réduit les ballonnements et facilite la digestion
- Artichaut : stimule la fonction hépatique et biliaire, favorise l’élimination
- Boldo : action cholérétique, améliore la digestion des graisses
- Gingembre : stimule l’appétit et combat les nausées
Précautions essentielles : interactions et contre-indications
C’est ici que réside le principal danger de l’automédication par les plantes : de nombreuses interactions médicamenteuses existent, particulièrement problématiques chez les seniors polymédicamentés. Selon l’ANSM, environ 15% des effets indésirables liés aux plantes proviennent d’interactions avec des médicaments conventionnels.
Les interactions médicamenteuses les plus fréquentes
Avec les anticoagulants et antiagrégants :
- Ginkgo biloba, ail, ginseng, gingembre à forte dose augmentent le risque hémorragique
- Le millepertuis diminue l’efficacité des anticoagulants oraux
- Surveillez tout saignement anormal et informez votre cardiologue
Avec les médicaments du diabète :
- Le ginseng, le fenugrec et l’aloe vera peuvent modifier la glycémie
- Contrôlez plus fréquemment votre glycémie en cas d’utilisation
Avec les traitements de l’hypertension :
- La réglisse augmente la pression artérielle et peut annuler l’effet des antihypertenseurs
- L’aubépine peut potentialiser l’effet des médicaments cardiaques
Avec les antidépresseurs :
- Le millepertuis, antidépresseur naturel reconnu, interagit avec de nombreux médicaments : pilule contraceptive, antidépresseurs de synthèse, immunosuppresseurs, certains anticancéreux
- Ne jamais l’associer sans avis médical
Huiles essentielles : puissance et précautions maximales
Les huiles essentielles sont des concentrés ultra-puissants : une goutte d’huile essentielle équivaut souvent à plusieurs dizaines de grammes de plante. Leur usage chez les seniors nécessite des précautions strictes :
- Voie orale : uniquement sur conseil d’un professionnel formé, risque de toxicité hépatique ou rénale
- Application cutanée : toujours diluées dans une huile végétale (5% maximum), risque d’irritation sur peau mature
- Diffusion atmosphérique : la méthode la plus sûre, sessions de 15-20 minutes maximum
- Contre-indications absolues : certaines huiles sont neurotoxiques, néphrotoxiques ou hépatotoxiques
Les huiles essentielles de lavande vraie, ravintsara et eucalyptus radié sont parmi les plus sûres pour les seniors, mais même celles-ci nécessitent des précautions d’emploi.
Quand consulter un professionnel ?
Certaines situations exigent impérativement un avis médical avant toute utilisation de plantes :
- Vous prenez plus de 3 médicaments par jour
- Vous souffrez d’insuffisance rénale, hépatique ou cardiaque
- Vous êtes sous traitement anticoagulant, immunosuppresseur ou chimiothérapie
- Vous avez des antécédents d’allergie
- Les symptômes persistent au-delà de 7 jours
Un pharmacien spécialisé, un médecin phytothérapeute ou un naturopathe formé peuvent vous guider vers un usage sécurisé et personnalisé.
Phytothérapie et naturopathie : quelle prise en charge ?
La Sécurité sociale ne rembourse pas les consultations en phytothérapie ou naturopathie, considérées comme des médecines complémentaires non conventionnelles. Toutefois, l’intérêt croissant des Français pour ces approches a poussé les mutuelles santé à développer des garanties spécifiques.
Les forfaits médecines douces des mutuelles seniors
De nombreux contrats de mutuelle santé pour seniors incluent désormais un forfait annuel pour les médecines douces, incluant généralement :
- Consultations en naturopathie : 20 à 40€ par séance, 3 à 5 séances remboursées par an
- Consultations en phytothérapie : lorsqu’elles sont pratiquées par un médecin ou pharmacien formé
- Ostéopathie et chiropraxie : souvent incluses dans le même forfait
- Acupuncture : remboursée par l’Assurance Maladie si pratiquée par un médecin, complément mutuelle possible
Les montants varient selon les contrats : de 50€ à 200€ par an pour les contrats d’entrée de gamme, jusqu’à 300-400€ pour les formules haut de gamme. Certaines mutuelles proposent même des forfaits « bien-être » distincts pouvant atteindre 500€ annuels.
Vérifiez les conditions de remboursement
Attention aux conditions imposées par les mutuelles :
- Praticiens conventionnés : la mutuelle exige souvent que le professionnel soit inscrit à un annuaire spécifique ou possède une certification reconnue
- Sur prescription médicale : certains contrats ne remboursent que sur conseil médical
- Plafond par consultation : le remboursement peut être limité (ex : 25€ par séance maximum)
- Nombre de séances : généralement entre 3 et 6 séances par an
Avant de consulter, contactez votre mutuelle pour connaître les conditions précises et obtenir la liste des praticiens pris en charge dans votre région.
Les plantes en pharmacie : quel remboursement ?
Les plantes médicinales vendues en pharmacie ne sont généralement pas remboursées par l’Assurance Maladie, sauf si elles sont prescrites sur ordonnance et inscrites sur la liste des médicaments remboursables (cas très rare). Budget moyen à prévoir : 15 à 40€ par mois selon les plantes et les formes choisies.
Certaines mutuelles proposent un forfait « pharmacie non remboursée » ou « automédication » qui peut prendre en charge une partie de ces dépenses, généralement plafonné à 50-100€ par an.
Comment démarrer une phytothérapie en toute sécurité ?
Pour bénéficier des bienfaits de la phytothérapie sans risquer d’interactions dangereuses, suivez cette démarche progressive et sécurisée.
Étape 1 : Faites le point avec votre médecin
Avant toute utilisation régulière de plantes médicinales, parlez-en à votre médecin traitant. Apportez la liste complète de vos médicaments et décrivez précisément les plantes que vous envisagez d’utiliser. Il pourra identifier les éventuelles contre-indications liées à votre état de santé ou vos traitements en cours.
Si votre médecin n’est pas formé en phytothérapie, demandez-lui une orientation vers un confrère compétent en la matière ou un pharmacien spécialisé.
Étape 2 : Choisissez des produits de qualité
La qualité des plantes médicinales varie considérablement selon leur provenance et leur mode de production :
- Privilégiez les pharmacies : elles garantissent la traçabilité et le respect des normes pharmaceutiques
- Label bio : réduit l’exposition aux pesticides, important pour une utilisation régulière
- Norme ANSM : vérifiez que les plantes sont conformes aux standards français
- Évitez les achats internet non contrôlés : risque de contrefaçons ou de contaminations
Les compléments alimentaires à base de plantes doivent porter la mention « Complément alimentaire » et un numéro de déclaration auprès de la DGCCRF. Méfiez-vous des allégations thérapeutiques trop prometteuses, interdites par la réglementation française.
Étape 3 : Commencez progressivement
N’introduisez qu’une seule plante à la fois pour identifier d’éventuels effets indésirables. Commencez par les doses minimales recommandées et augmentez progressivement si nécessaire. Respectez les durées de cure conseillées : la plupart des plantes se prennent en cure de 3 semaines à 3 mois, avec des fenêtres thérapeutiques.
Tenez un carnet de suivi mentionnant : la plante utilisée, le dosage, la durée, les effets ressentis (positifs et négatifs). Cela facilitera le dialogue avec votre médecin ou pharmacien.
Étape 4 : Surveillez les signes d’alerte
Arrêtez immédiatement l’utilisation et consultez en cas de :
- Réaction allergique (démangeaisons, urticaire, difficultés respiratoires)
- Troubles digestifs importants (diarrhée, vomissements)
- Maux de tête persistants ou vertiges
- Modification de l’efficacité de vos traitements habituels
- Saignements anormaux
- Coloration inhabituelle des urines
Tisanes maison : préparation et conservation
Les tisanes représentent la forme la plus douce et la plus traditionnelle de phytothérapie. Voici les bonnes pratiques pour en tirer le meilleur bénéfice.
Les trois méthodes de préparation
Infusion (pour fleurs, feuilles et parties aériennes) :
- Portez l’eau à ébullition puis versez-la sur les plantes
- Couvrez et laissez infuser 5 à 10 minutes
- Filtrez et buvez
- Dosage standard : 1 cuillère à soupe de plantes séchées pour 250 ml d’eau
Décoction (pour racines, écorces, graines) :
- Placez les plantes dans l’eau froide
- Portez à ébullition et laissez bouillir 5 à 15 minutes
- Filtrez et buvez
- Dosage : 1 à 2 cuillères à soupe pour 500 ml d’eau
Macération (à froid, pour préserver certains principes actifs fragiles) :
- Laissez tremper les plantes dans l’eau froide plusieurs heures
- Filtrez avant consommation
Conservation et hygiène
Les tisanes se conservent maximum 24 heures au réfrigérateur dans un récipient fermé. Au-delà, les risques de contamination bactérienne augmentent. Les plantes sèches se conservent 1 an dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et de l’humidité, dans des contenants hermétiques.
Évitez d’acheter de trop grandes quantités : mieux vaut renouveler régulièrement vos stocks pour garantir l’efficacité des principes actifs qui se dégradent avec le temps.
Passez à l’action : votre bien-être naturel commence maintenant
La phytothérapie offre aux seniors une approche complémentaire précieuse pour maintenir leur capital santé et soulager de nombreux maux du quotidien. Utilisée avec discernement et connaissance, elle représente un allié naturel pour bien vieillir.
Votre plan d’action en 5 points :
- Dressez la liste complète de vos médicaments et pathologies chroniques
- Prenez rendez-vous avec votre pharmacien ou médecin pour discuter des plantes adaptées à votre situation
- Vérifiez votre contrat de mutuelle : consultez les garanties médecines douces et le montant du forfait disponible
- Commencez par une seule plante correspondant à votre besoin prioritaire (sommeil, digestion, articulations)
- Tenez un carnet de suivi pour évaluer l’efficacité et détecter tout effet indésirable
N’oubliez pas : la phytothérapie ne remplace jamais un traitement médical prescrit par votre médecin. Elle le complète intelligemment, à condition d’être utilisée en toute transparence avec votre équipe soignante. Votre pharmacien reste votre interlocuteur privilégié pour vous conseiller sur le choix des plantes, les dosages adaptés et les éventuelles interactions.
Enfin, si vous envisagez de consulter un naturopathe ou un phytothérapeute, comparez les offres de mutuelles santé seniors incluant des forfaits médecines douces avantageux. Sur Santors.fr, vous pouvez obtenir des devis personnalisés et identifier la mutuelle qui correspond le mieux à votre profil et votre budget, tout en bénéficiant de remboursements pour vos consultations en médecines complémentaires.