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Les perturbateurs endocriniens : reconnaissance et prise en charge

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il s’agit “d’une substance ou d’un mélange exogène qui perturbe les fonctions du système endocrinien. Il peut nuire à la santé d’un individu, de ses descendants ou des (sous)-populations”.

Pour rappel, le système endocrinien est composé de glandes et de cellules. Il comprend notamment l’hypothalamus, l’hypophyse, les glandes thyroïde et parathyroïdes, le pancréas, les glandes surrénales, les testicules et les ovaires.

Chaque glande endocrine sécrète une ou plusieurs hormones essentielles à notre santé : le pancréas, par exemple, produit de l’insuline, indispensable dans la régulation de l’utilisation et du stockage des glucides.

Ces hormones, agissent comme des messagers chimiques du corps lorsqu’elles sont libérées dans le sang. Avec le système nerveux, elles assurent un rôle important dans la coordination des différentes activités de l’organisme telles que le développement cérébral, la reproduction et le développement de l’embryon, la réaction aux stimulis et la croissance.

 

Les substances qui perturbent le système endocrinien

Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les perturbateurs endocriniens sont classés en 3 grandes catégories : 

  • « avérés »,
  • « présumés »
  • et « suspectés ».

Présents dans notre environnement quotidien (dans le sol, dans l’eau, dans l’air et dans divers produits de consommation), ils peuvent être d’origine naturelle (animale ou végétale) ou artificielle.

Le rapport OMS – PNUE 2012 indique que près de 800 substances chimiques ont été identifiées en tant que perturbateurs endocriniens. Parmi ceux-ci figurent : 

  • Les composés synthétiques : plastifiants (bisphénol A, phtalates), composés organo-métalliques, antioxydants synthétiques,  détergents,
  • Certaines pesticides (fongicides, organochlorés, herbicides);
  • Certains médicaments (antidépresseurs comme la fluoxétine ou antidouleurs comme le paracétamol et l’aspirine) ;
  • Les produits de combustion (PCB, furanes, dioxines) ;
  • Les produits utilisés dans les solvants, les revêtements ou les peintures ;
  • Les produits d’hygiène personnelle, nettoyants et cosmétiques (parabènes, triclosan, dentifrice…) ;
  • Les phyto-oestrogènes (bière, préparation à base de soja ou de tofu…).

Les substances phytopharmaceutiques et biocides peuvent également avoir des caractères de perturbateur endocrinien.

De même, certaines substances perturbatrices sont toxiques, toutefois, d’autres peuvent avoir des effets bénéfiques. C’est le cas des pilules contraceptives, entre autres, pour éviter une grossesse non-désirée ou les corticostéroïdes, dans le traitement du cancer.

 

Les différentes actions des perturbateurs endocriniens

Les perturbateurs endocriniens (PE) peuvent interférer avec le système endocrinien. Cela modifie les actions du système hormonal. En effet, les PE agissent de différentes façons. Ils peuvent : 

  • Imiter l’action des hormones naturelles ;
  • Troubler et/ou bloquer la production ou la régulation des hormones (œstrogène et progestérone) ou de leurs récepteurs ;
  • Empêcher la fixation des hormones sur les récepteurs.

Les perturbateurs endocriniens peuvent également gêner le transport des hormones dans l’organisme ou encore dérégler la sécrétion des hormones par le système endocrinien (une quantité supérieure ou inférieure à la moyenne).

De ce fait, les conséquences des perturbateurs endocriniens sur la santé sont nombreuses. Autant pour  les humains que pour les animaux et la biodiversité.

 

Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens

Plusieurs études scientifiques ont confirmé que les conséquences de l’exposition aux perturbateurs endocriniens sur la santé humaine sont néfastes.

Le système reproducteur de l’organisme est le plus concerné : diminution de la qualité du sperme qui peut causer des problèmes de stérilité, retard du développement fœtal, accouchements prématurés, malformations génitales, puberté précoce chez les adolescents, apparition de cancers hormono-dépendants (sein, testicules, utérus, prostate)…

Mais, d’autres substances peuvent aussi altérer le développement du système nerveux ou encore augmentent les risques d’obésité ou de diabète.

A noter, les effets sanitaires observés dépendent de la nature de la substance perturbatrice et de la dose absorbée. Par ailleurs, il y a quelques exceptions, certains produits sont plus toxiques à faible dose qu’à forte dose (dose réponse non-monotone).

 

Pensez à limiter les perturbateurs endocriniens au quotidien

Il est possible de réduire l’exposition aux perturbateurs endocriniens au quotidien. Voici quelques conseils afin de bien vous protéger :

  • Consommez des fruits et légumes bio, et si ce n’est pas le cas, lavez-les soigneusement et épluchez-les avant tout ;
  • Utilisez des contenants en verre, des poêles céramiques ou des casseroles en inox ; pour la conservation et la cuisson des aliments ;
  • Evitez les emballages ou les boîtes en plastique ou les boîtes de conserves en métal, etc. ;
  • N’utilisez pas trop de produits cosmétiques sur les bébés ou enfants moins de 3 mois ;
  • Aérez votre intérieur au moins 20 minutes par jour ;
  • Lavez les vêtements neufs avant de les porter ;
  • Privilégiez les produits bio et écolabel ;
  • Préférez les meubles en bois massif ;

 

Perturbateurs endocriniens : Enjeux et défis en santé publique

La France est le premier pays ayant mis en place une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2014-2016), avant d’en élaborer une seconde (SNPE 2 2019-2022). Cette stratégie fait partie du troisième plan national santé-environnement –PNSE3.

Aussi, plusieurs actions ont été ainsi mises en œuvre pour la recherche et la surveillance des perturbateurs endocriniens : programmation d’expertises menée par l’ANSM ou l’ANSES, des réglementations spécifiques (élimination du BPA des tickets de caisse, contrôle de phtalates dans les jouets…), etc.

 L’objectif étant de limiter l’exposition de la population et de l’environnement à ces substances.

Les femmes enceintes ou qui allaitent, les nouveau-nés et les enfants sont les plus vulnérables face aux substances perturbatrices endocriniennes. Santé publique France a aussi lancé pour eux Agir pour bébé, un site contenant des informations et des conseils pratiques concernant les substances chimiques.

 

Retrouvez un bon équilibre hormonal

Se trouvant partout, dans les contenants alimentaires en plastique, les produits cosmétiques (gels douche, crèmes hydratantes, maquillage…), jouets en plastique, vernis à ongles, produits d’entretien, etc… Les perturbateurs endocriniens constituent une menace pour la santé et l’environnement. Ils s’attaquent au système hormonal, en bloquant, en perturbant ou en copiant son action. Or, un tel déséquilibre peut causer de graves problèmes de santé.

Dès lors que vous notez l’apparition des symptômes de troubles hormonaux (perte de libido, diminution de la pilosité, peau sèche au niveau des tibias…), consultez tout de suite votre médecin traitant. Il saura vous diagnostiquer et prescrire le traitement adéquat tel que la prise d’hormones de synthèse. Et si besoin, il vous orientera vers un gynéco voire un endocrinologue.

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