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Quel est l’impact de la pollution sur la santé ?

Les différents types de pollution

La pollution de l’air

La pollution de l’air, ou pollution atmosphérique, est l’altération de la qualité de l’air par des polluants qui proviennent des activités humaines. Ces derniers sont néfastes pour la santé humaine, le climat, les biens matériels et les êtres vivants.

L’air est composé de 78 % d’azote, de 20 % d’oxygène et de 1 % de gaz rares. Mais à cause de la pollution, elle peut contenir plusieurs agents chimiques ou biologiques, dont :

  • Le dioxyde de carbone,
  • Le dioxyde de soufre,
  • L’ozone (les fumées provenant des véhicules et des industries),
  • Le monoxyde de carbone,
  • Les agents chimiques (les métaux lourds, les composés organiques volatils).

La pollution de l’eau

La pollution de l’eau est l’altération de la qualité chimique et physiologique de l’eau par des agents polluants. Elle est classifiée en trois catégories :

  • La pollution bactériologique : celle-ci est causée par les bactéries présentes dans les eaux usées qui contiennent des déchets organiques et des matières fécales,
  • La pollution chimique : celle-ci est provoquée par le rejet des eaux usées contenant des métaux lourds et des hydrocarbures,
  • La pollution par les produits aquatiques : cette dernière est causée par le dépôt des déchets domestiques ou industriels dans l’eau de mer ou dans l’eau douce.

La pollution du sol

Moins connue du grand public, la pollution du sol est également très néfaste. Elle désigne la contamination du sol, des plantes et des animaux par des agents chimiques dangereux pour la santé. Vous pouvez être contaminé par voie digestive (la consommation d’eau polluée), soit par voie respiratoire (l’inhalation de poussières).

De manière générale, la pollution du sol est causée par l’intervention humaine :

  • Les activités agricoles et l’élevage intensif qui sont à l’origine de l’altération de la nature du sol, car elles rejettent des phosphates et des azotes.
  • Les actions des collectivités territoriales : celles-ci concernent, par exemple, la gestion des déchets, l’usage des équipements phytosanitaires, etc.
  • Les installations industrielles affectant la nature du sol, surtout en cas d’accident, de fuite ou encore d’abandon du site.

Quelles sont les personnes les plus touchées par la pollution ?

Les personnes âgées

D’après une étude effectuée par l’Université Victor Segalen – Bordeaux II, les personnes de plus de 65 ans sont les principales victimes de la pollution atmosphérique.

Plusieurs raisons expliquent la vulnérabilité des personnes âgées à la pollution atmosphérique :

  • La fragilité du système respiratoire qui est causée par la dégradation des cellules. Cette dégradation est due à la sédentarité, à l’environnement, à l’exposition aux agents polluants, etc.
  • Le défaut de mobilité. Selon les statistiques, l’air intérieur (l’air dans la maison) est aussi responsable de pollution à cause de la combustion, du chauffage, etc.
  • Le transfert de la pollution de l’extérieur vers l’intérieur de la maison.

Les enfants

Les enfants sont des personnes à risque de la pollution. En effet, les composants chimiques et les particules fines sont néfastes pour leur santé. Ainsi, à cause de la pollution de l’air ou de l’eau, les enfants peuvent développer des allergies, de l’asthme ou encore de la pneumonie.

Plusieurs raisons expliquent la fragilité des enfants à la pollution telles que :

  • L’immaturité de leur système respiratoire, surtout chez les plus jeunes. Des études ont d’ailleurs démontré que les mères qui s’exposent à des polluants durant leur grossesse ont plus de risque d’avoir des bébés avec un faible poids de naissance ou ayant les poumons fragiles.
  • Leur physionomie (petite taille) les exposant davantage aux sources de pollution, comme les pots d’échappement, les activités à l’extérieur (à la crèche…), etc.

Les autres personnes vulnérables

Certaines personnes atteintes de pathologies chroniques ou d’un niveau socio-économique faible sont également plus à risque de la pollution :

  • Les personnes qui souffrent de maladies respiratoires, comme l’emphysème, l’asthme, la bronchite chronique, etc.
  • Les personnes atteintes de troubles cardiaques, de maladies chroniques (diabète, cancer…).
  • Les foyers à faibles revenus qui s’exposent régulièrement aux polluants à cause de leur travail, ou encore de l’insalubrité.

Les salariés

D’après les enquêtes effectuées par l’observatoire des inégalités Humanité, 1 salarié sur 3 s’expose à la pollution atmosphérique et 1 salarié sur 10 manipule des produits cancérogènes. Les catégories les plus touchées sont :

  • Les salariés du secteur de l’esthétique qui manipulent quotidiennement des produits polluants. Ils s’exposent effectivement à des composants volatils, des perturbateurs endocriniens, et des agents chimiques.
  • Les ouvriers qui travaillent dans les usines et dans le secteur BTP
  • Les salariés œuvrant dans l’agroalimentaire et dans le secteur de l’élevage
  • Les personnes qui travaillent dans le secteur minier.

Quels sont les risques à court terme ?

La pollution de l’air

Si vous êtes exposé à des polluants atmosphériques, vous pourriez présenter, le jour même ou quelques jours après, les symptômes suivants :

  • Irritation des yeux, du nez et de la gorge,
  • Irritation et l’inflammation des voies respiratoires pouvant être à l’origine d’une toux,
  • Difficultés respiratoires qui peuvent s’accompagner d’une respiration sifflante,
  • Sensation d’essoufflement pendant la marche ou durant les activités physiques,
  • Aggravation des troubles respiratoires (bronchite, asthme, etc.).

Sachez néanmoins que l’aggravation des symptômes dépend de votre état de santé et de votre niveau d’exposition. Plus vous êtes exposé, plus vous allez développer des risques pour votre santé. Par la même occasion, l’automédication ou l’ingestion d’un traitement inapproprié peuvent aussi aggraver les symptômes.

La pollution de l’eau

Si vous avez consommé une eau polluée, vous pouvez être exposé à des risques sanitaires à court terme. Ces problèmes sont dûs à des infections virales, parasitaires et bactériennes :

  • Les troubles digestifs bénins (maux de ventre, nausées, vomissement) qui apparaissent après la consommation de l’eau insalubre.
  • Les affections cutanées (mycose, verrue, eczéma) causées par la baignade dans les eaux contenant du chlore et des acides.
  • La bilharziose ou la schistosomiase qui sont causées par les vers présents dans les eaux douces (dans les pays tropicaux et subtropicaux).
  • La fièvre jaune, le paludisme et la dengue qui sont dus à la consommation des eaux contaminées par les mouches et les moustiques.
  • La légionellose, un trouble causé par une bactérie présente dans les eaux douces. Elle touche principalement les pays développés.
  • Le choléra désignant une infection bactérienne causée par la consommation d’une eau souillée ou contenant de matières fécales. D’après l’OMS, elle est responsable de plus de 100 000 morts pour 4 millions de cas recensés.
  • La typhoïde, une maladie grave provoquée par la consommation d’une eau contenant une bactérie appelée « salmonella typhi ».
  • La polio
  • L’hépatite A et E
  • La diarrhée.

La pollution des sols

Les maladies causées par la pollution du sol sont difficiles à évaluer. Mais, comme le sol est un milieu qui possède un lien étroit avec l’air et l’eau, les risques liés à la santé peuvent être causés par :

  • L’ingestion accidentelle du sol, surtout chez les enfants, conduisant ensuite à l’apparition de certains troubles.
  • L’inhalation des composés volatils ou des poussières qui sont présentes dans les sols pollués.
  • La consommation des aliments cultivés avec des terres polluées.
  • La prise d’une eau polluée résultant du transfert des composants polluants dans le sol vers la nappe phréatique.

Quels sont les risques à long terme ?

La pollution atmosphérique

Si l’exposition à court terme entraîne dans la grande majorité des cas des troubles faciles à traiter, ce n’est pas le cas d’une exposition à long terme. Effectivement, si vous êtes exposé régulièrement à la pollution atmosphérique, le risque de conséquences graves est bien plus élevé.

  • La réduction de l’espérance de vie de 5 à 7 ans pour les personnes qui vivent dans les grandes villes polluées.
  • L’apparition des troubles cardio-vasculaires (la maladie du cœur, ou les problèmes veineux) entraînant la mauvaise circulation sanguine. Par la même occasion, l’exposition prolongée provoque également l’augmentation de la pression artérielle pouvant causer l’infarctus ou l’AVC.
  • L’apparition des maladies respiratoires chroniques qui se manifeste par des difficultés respiratoires, ou par le développement des infections respiratoires, et des cellules cancéreuses.
  • Le décès suite à une maladie grave causée par l’exposition prolongée à des polluants atmosphériques. D’après l’OMS, 1,3 million de personnes sont mortes à cause de la pollution de l’air dans les milieux urbains.

Récemment, les chercheurs ont démontré que la pollution atmosphérique contribue à l’apparition des affections neurologiques et du diabète de type 2. Mais elle altère également la fertilité chez certaines personnes et un trouble de développement chez les enfants.

La pollution de l’eau

La consommation à long terme d’une eau polluée peut causer des troubles sur la santé. Contaminée par des matières toxiques, une eau polluée peut provoquer :

  • Des perturbations endocriniennes qui désignent un déséquilibre hormonal pouvant conduire à un trouble de la croissance ou de comportement, un problème de fertilité, etc. Elle est causée par les polluants qui se trouvent dans l’eau comme les pesticides, les détergents, les métaux, etc.
  • Des problèmes dentaires et osseux engendrés par l’absorption excessive de fluor, une substance nécessaire à la prévention des caries dentaires.
  • Des troubles respiratoires, nerveux, digestifs ou cutanés qui sont liés à la consommation des eaux contenant des métaux.
  • De la maladie bleue chez l’enfant provoquée par l’azote ou le nitrate.

La pollution du sol

À long terme, les polluants présents dans le sol (qui se retrouve ensuite dans l’air ou dans l’eau) peuvent être à l’origine :

  • Des troubles neurotoxiques ou cancérogènes liés à l’ingestion ou à l’inhalation des polluants se trouvant dans les sols (les métaux lourds et les métalloïdes).
  • Du cancer causé par l’inhalation ou l’ingestion des hydrocarbures, notamment le benzène et les hydrocarbures aromatiques polycycliques.
  • Des problèmes digestifs, difficultés respiratoires et des troubles hépatiques qui sont dus à la consommation ou à la respiration des solvants halogènes.

Quels sont les facteurs de risque ?

Le risque de subir des effets néfastes dûs à la pollution est en augmentation, notamment à cause :

  • Du réchauffement climatique favorisant l’augmentation de la température de l’eau. Lorsque celle-ci se réchauffe, les conditions de vie des micro-organismes qui y vivent sont modifiées. Cette modification altère ainsi la qualité de l’eau, car elle est à l’origine des infections bactériologiques.
  • Des activités physiques intenses ou des déplacements de longue durée.
  • Des déplacements dans les pays dont le niveau de pollution atmosphérique est très élevé. Selon l’OMS, l’Asie du Sud et les régions de la Méditerranée figurent parmi les pays dont la pollution atmosphérique dépasse le seuil fixé par l’organisme.
  • Du tabagisme favorisant l’apparition des troubles causés par le niveau de pollution atmosphérique particulièrement élevée.

La réduction de la pollution contribue-t-elle à la diminution des troubles ?

De nombreuses enquêtes démontrent que la réduction de la pollution contribue à prévenir les risques liés à la santé. C’est le cas d’une étude réalisée en Irlande en 1990. À cette époque, les autorités avaient décidé d’interdire la vente de charbon bitumineux dans la capitale. Grâce à cette mesure, la pollution atmosphérique avait chuté. Par la même occasion, le nombre de décès avait également diminué de 6 % six ans après l’intervention.

L’amélioration de la qualité de l’eau avait également contribué à la diminution des maladies graves comme la diarrhée. Effectivement, selon Médecins sans frontières, le nombre de mortalités infantiles causées par l’ingestion de l’eau contaminée avait diminué grâce à l’accès à l’eau potable. Sans parler de la réduction de la dengue ou encore du choléra.

Une étude épidémiologique avait démontré l’impact positif de la consommation des aliments dépourvus d’agents chimiques pour la santé. En effet, les maladies cancéreuses avaient diminué de 25 % chez les personnes ayant une alimentation principalement biologique.

Quelles sont les mesures de prévention à adopter ?

La pollution atmosphérique

Il est possible de prévenir ou de limiter certains troubles de santé causés par la pollution atmosphérique en adoptant les gestes suivants :

  • Se déplacer à vélo ou à pied afin de limiter la pollution atmosphérique, causée en partie par les émissions de gaz produits par les véhicules terrestres dans les grandes villes.
  • Vérifier la qualité de l’air dans la zone où vous vous situez. Pour cela, vous devez consulter l’indice de la qualité de l’air, un dispositif mis en place par le Ministère de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique.
  • Éviter de se rendre dans les lieux ou les agglomérations les plus polluées, comme les sites industriels, les routes achalandées, etc.

La pollution de l’eau

Le risque de contracter de des maladies causées par l’eau polluée peuvent être évitées en prenant certaines mesures de précaution :

  • Consommer uniquement de l’eau potable,
  • Privilégier les sites de baignade contrôlés,
  • Éviter de jeter des déchets dans l’eau de mer ou dans l’eau douce afin de limiter la pollution dans ces milieux aquatiques.

La pollution du sol

Il existe également certains gestes à adopter pour limiter l’impact de la pollution du sol.

  • Privilégier les aliments bio, qui contiennent moins d’agents chimiques, de pesticides et d’autres composants volatiles néfastes pour la santé.
  • Porter un masque en cas de déplacement dans les sites industriels ou les usines, afin de limiter l’inhalation des poussières ou des substances toxiques.

Quelle est la prise en charge en cas de maladie causée par la pollution ?

En cas d’affection de longue durée ou ALD

Si vous souffrez d’une affection de longue durée (ALD) dite « exonérante » dont la pollution est un facteur aggravant, la Sécurité sociale rembourse à hauteur de 100 % les frais liés à votre maladie.

Vous bénéficierez du remboursement :

  • des dépenses liées l’achat de médicaments,
  • des frais d'hospitalisation,
  • des frais de consultation de votre médecin ou d’un spécialiste,
  • du transport lié à l’examen de la maladie sous présentation d’une prescription médicale.

La pollution entraîne des effets néfastes pour la santé. À long terme, elle peut entraîner des maladies graves. Il est important d’agir dès maintenant, non seulement pour protéger votre santé mais aussi celle des autres.