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Santé des seniors : les effets des substances chimiques et perturbateurs endocriniens

Les substances chimiques dans le milieu de travail

On utilise toutes sortes de substances chimiques dans de nombreux secteurs d’activité. Les salariés risquent ainsi d’être exposés en permanence ou temporairement, directement ou indirectement, à de divers agents chimiques, suite à :

  • la production ou à la manipulation de façon délibérée des produits chimiques (fabrication de matériaux ou de substances, analyses, traitement, nettoyage, pulvérisation…) ;
  • des activités ou procédés de l’industrie provoquant des émissions de substances chimiques présentes sous formes variées telles le gaz, les fumées, les brouillards ou les vapeurs.

En 2010, l’enquête Surveillance médicale des expositions aux risques professionnels (SUMER) a été menée par la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) et la Direction générale du Travail (DGT) – Inspection médicale de travail. Durant la semaine précédant cette enquête, les statistiques ont révélé que :

  • 33 % soit plus d’un tiers de salariés français ont été exposés à au moins un produit chimique dangereux ;
  • 10 % de salariés ont été exposés à au moins un produit cancérogène.

De la sorte, 2,2 millions de salariés sont exposés aux produits chimiques en France. Cela concerne plusieurs secteurs d’activité (mines, BTP, réparation automobile, métallurgie, chimie, etc.). Les hommes  sont les plus touchés (78 %), et ils sont en moyenne âgés de moins de 25 ans.

Lors de la dernière enquête SUMER en 2017, ces données sont relativement stables. Toutefois, on constate que l’exposition est en baisse dans le domaine de l’agriculture et de l’industrie, et en hausse, dans les commerces et services (aide-soignants, services à la personne, etc.).

 

Les substances chimiques dans notre environnement quotidien

L’eau, l’air, le sol ainsi que les divers produits de la vie courante contiennent tous des substances chimiques. Elles sont d’origine synthétique ou naturelle et peuvent être solides, liquides ou gazeuses. En effet, on en trouve dans les produits de consommation ou ménagers, les médicaments, les cosmétiques, les emballages, etc.

Notez que 120 000 substances chimiques sont mises sur le marché européen. Elles sont enregistrées dans la base de données de l’agence européenne des produits chimiques (ECHA). Plusieurs milliers de ces produits sont classés CMR (Cancérogène, Mutagène et Reprotoxique ou toxique pour la reproduction), et d’autres sont connus en tant que perturbateurs endocriniens.

 

Les perturbateurs endocriniens, ce qu’il faut savoir

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a donné sa définition en 2002 : un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle, interagissant avec le fonctionnement du système endocrinien. Cela provoque des effets néfastes sur la santé des individus, de leur progéniture ou des (sous)-populations.

 

Le mode d’action des perturbateurs endocriniens

Le système endocrinien sécrète des hormones et les libère dans le sang puis dans tout l’organisme. Il est constitué de cellules ainsi que de glandes, dont les plus connues sont la thyroïde et la parathyroïde, les ovaires, les testicules, les pancréas et les glandes surrénales. Il assure, de ce fait, le contrôle de nombreuses fonctions essentielles de l’organisme, telles que la croissance et le développement, la reproduction et le développement de l’embryon, le comportement, la réaction aux stimuli comme la peur et l’agitation, la régulation du sommeil, etc.

Les perturbateurs endocriniens altèrent le fonctionnement normal de ce système et l’empêchent de maintenir un équilibre physiologique interne. Ils ont effectivement différents modes d’action :

  • Mimer l’action des hormones, ce qui peut causer une fausse réaction du système touché ;
  • Gêner le mécanisme de production, de dégradation ou de régulation des hormones et des récepteurs, donc aucune action possible ;
  • Empêcher l’hormone de se fixer à son récepteur ; la transmission du signal hormonal est bloquée ;
  • Troubler la distribution des hormones dans tout l’organisme.

En conséquence, la quantité d’hormones produite par le système endocrinien peut être supérieure ou inférieure à la normale. Les effets sur la santé sont conséquents.

 

Les sources d’exposition aux perturbateurs endocriniens

Les sources d’exposition aux perturbateurs endocriniens sont nombreuses.

Selon le rapport OMS-PNUE 2012, il existe au moins 800 substances chimiques ayant des caractères perturbateurs endocriniens. On retrouve ces derniers partout, dans divers produits de notre vie quotidienne, tels que les plastiques (bisphénol A, phtalates), les pesticides (herbicides, fongicides…), les dioxines, le PCB, les furanes, les cosmétiques et produits d’hygiène, les phytoœstrogènes (soja, silos à céréales…), certains médicaments, produits biocides, certaines substances phytopharmaceutiques, les peintures…

Ces perturbateurs endocriniens sont distingués en trois catégories : « avérés », « présumés » et « suspectés », d’après la recommandation de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

 

Les effets des substances chimiques sur la santé humaine

Les substances chimiques constituent une réelle menace pour la faune, la flore et l’écosystème. Les risques environnementaux sont variés. Sans en parler des accidents provoqués par une activité industrielle dangereuse (mauvais usage de produits chimiques, explosions, incendies…), elles sont à l’origine de la pollution de l’air, de l’eau et du sol. Plusieurs usines libèrent des tonnes de produits chimiques dans l’environnement.

Les substances chimiques peuvent également entraîner plusieurs effets sur la santé humaine. Mis à part les effets immédiats comme les brûlures, les irritations, les intoxications et les suffocations en cas d’accident, sachez aussi qu’il existe d’autres maladies pouvant apparaître quelques mois ou années après une exposition directe ou indirecte. Comme mentionné dessus, certaines substances sont dites CMR ou Cancérogènes, Mutagènes ou Toxiques pour la reproduction et d’autres sont ACD ou Agents Chimiques Dangereux. Elles peuvent donc causer de nombreuses pathologies comme l’asthme, les allergies, les maladies neurologiques, les troubles psychiatriques ou du développement cognitif ou physique, les cancers, les lésions organiques… De même, le système immunitaire peut s’affaiblir au fil du temps.

30 % des maladies professionnelles en Europe ont un lien avec une exposition aux substances chimiques. 

En ce qui concerne les perturbateurs endocriniens, ils sont à l’origine des troubles hormonaux et d’autres problèmes de santé liés avec comme l’infertilité, la puberté précoce, les accouchements prématurés, le développement anormal du fœtus, les malformations congénitales, le cancer hormono-dépendants (sein, testicules, utérus, prostate), la maladie thyroïdienne, etc.

À noter, ces pathologies dépendent généralement du type de la substance chimique, des voies de pénétration dans le corps (inhalation, ingestion, contact cutané ou placentaire), du niveau et de la durée de l’exposition ainsi que de votre âge et état de santé générale.

 

Les solutions pour prévenir les risques

Pour prévenir les risques liés à l’exposition aux substances chimiques, plusieurs mesures doivent être mises en œuvre.

 

Les mesures de prévention dans le milieu de travail

En matière de réglementation, le Code du travail prévoit quelques obligations pour l’employeur. Selon les articles L. 4121-1, L. 4121-2 et L. 4121-3, il est de son devoir d’assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de ses collaborateurs.

Il doit, entre autres, mener des actions de prévention de risques professionnels et évaluer les risques dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances chimiques, de l’aménagement de l’espace de travail, etc. D’autres articles du Code de travail prévoient également des règles concernant l’utilisation des produits chimiques (Art L. 4412-1, L.230-2, R.231-51 à R.231-59 et R.4412-1 à R.4412-160). 

 

La prévention des risques chimiques dans le quotidien

Pour vous protéger, vous et votre famille, pensez à réduire l’exposition aux substances chimiques (CMR, ACD et perturbateurs endocriniens) au quotidien :

  • Avant toute utilisation de produits chimiques ménagers, désinfectants ou produits de nettoyage, par exemple, lisez attentivement les instructions et respectez les avertissements mentionnés ;
  • Tous produits chimiques doivent être hors de vue et de portée des enfants, mais aussi des animaux de compagnie ;
  • Tous les jours, pensez à aérer votre espace intérieur, notamment, lorsque vous appliquez des produits ménagers ;
  • Si c’est possible, optez pour les fruits et légumes bio ;
  • Pour les ustensiles et les contenants alimentaires, évitez les plastiques, privilégiez le verre, l’inox, la fonte émaillée et la céramique ;
  • La peau des bébés et des enfants moins de 3 mois est délicate, veillez à bien choisir les cosmétiques utilisés. Les produits doivent être naturels, bio et adaptés à sa peau ;
  • Les produits bio et Écolabels sont à privilégier ;
  • Pour les meubles, choisissez ceux qui sont en bois massif. Le bois est un matériau sain, écologique et renouvelable.

 

Des actions pour surveiller l’exposition des populations aux substances chimiques

En France, des dispositifs de surveillance des expositions aux substances chimiques ont été mis en place. L’objectif est de mieux évaluer les risques sanitaires et environnementaux causés par ces substances ainsi que de suivre l’efficacité des actions menées pour les réduire.

Santé publique France a donc lancé le programme national de biosurveillance. Cette surveillance concerne surtout les substances ne disposant pas d’indicateur d’impact sanitaire disponible. Elle participe de la caractérisation de l’exposome, selon la loi de Santé publique, et fait partie des démarches du plan national Santé environnement - PNSE.

Enfin, pour réduire l’exposition de la population aux substances chimiques, d’autres actions ont également mis en œuvre, comme la Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE 2014 – 2016 et SNPE2 2019 – 2022) et la programmation d’expertises conduite par l’ANSES ou l’ANSM.

L’exposition aux substances chimiques peut avoir des effets néfastes sur la santé humaine et l’environnement. Cela peut entraîner différentes pathologies qui affectent la peau, l’appareil respiratoire, le système nerveux, le cœur, le sang… Des conséquences peuvent se manifester tout au long de la vie. Mais, il est possible d’y remédier, en prenant des mesures de prévention adaptées et en assurant un bon suivi médical.

Les consultations, les médicaments, les analyses ainsi que les examens radiologiques ont un coût. L’Assurance maladie rembourse une partie, mais sachez qu’une complémentaire santé peut prendre en charge une partie ou la totalité des dépenses. Pour trouver votre mutuelle santé, visitez Santors.fr et comparez les offres proposées.