Coqueluche : Comprendre Cette Maladie Respiratoire, Ses Symptômes et Comment

La coqueluche connaît une résurgence inquiétante en France avec près de 7000 cas détectés sur les 5 premiers mois de l'année. Cette infection bactérienne très contagieuse touche tous les âges, mais présente des risques particuliers pour les nourrissons et les seniors. Découvrez tout ce qu'il faut savoir sur les symptômes, les traitements disponibles et les mesures de prévention essentielles pour protéger votre santé et celle de vos proches.

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Dr. Marie Dupont

Medecin Generaliste

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Information Santé

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin pour des conseils personnalisés.

Coqueluche : Comprendre Cette Maladie Respiratoire, Ses Symptômes et Comment
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Points clés à retenir

La coqueluche fait un retour en force en France. Près de 6.000 cas de coqueluche ont été diagnostiqués sur les cinq premiers mois de 2024, un chiffre alarmant qui rappelle l’importance de comprendre cette pathologie souvent sous-estimée. Si cette maladie respiratoire est surtout connue pour son impact sur les nourrissons, elle représente également un danger réel pour les personnes âgées et les personnes fragiles.

Surnommée « la toux des 100 jours », la coqueluche n’est pas une simple toux passagère. La coqueluche est une infection respiratoire due à une bactérie appelée Bordetella pertussis. Cette maladie très contagieuse provoque des quintes de toux, qui en l’absence de traitement, peuvent se prolonger pendant plusieurs semaines. Dans cet article complet, nous vous expliquons tout sur cette affection : de ses symptômes aux traitements disponibles, en passant par les mesures préventives indispensables, notamment pour les seniors et leur entourage.

Qu’est-ce que la coqueluche et pourquoi revient-elle ?

La coqueluche est une infection respiratoire due à une bactérie appelée Bordetella pertussis. Cette maladie très contagieuse provoque des quintes de toux, qui en l’absence de traitement, peuvent se prolonger pendant plusieurs semaines. Contrairement aux idées reçues, elle ne touche pas uniquement les enfants.

Une contagiosité exceptionnelle

La coqueluche figure parmi les maladies les plus contagieuses qui existent. On estime qu’une personne atteinte de coqueluche en contamine en moyenne 15 à 17, par le biais des gouttelettes qui proviennent de son nez et sa bouche. Pour comparaison, une personne infectée par le SARS-CoV2, agent causal de la Covid-19, en contamine 3 en moyenne. Cette transmission se fait principalement par voie aérienne, au contact d’une personne malade qui tousse.

La contagiosité est maximale la première semaine, elle diminue avec le temps pour être considérée comme nulle après trois semaines d’évolution sans traitement antibiotique ou après 3 à 5 jours d’antibiothérapie selon l’antibiotique choisi.

Un cycle épidémique prévisible

La coqueluche évolue par cycles de recrudescence tous les 3 à 5 ans et le dernier cycle observé en France date de 2017-2018. La pandémie de Covid-19 et les mesures barrières avaient temporairement freiné sa circulation, mais l’assouplissement de ces mesures a favorisé son retour massif. C’est un rebond assez explosif, estime le directeur des Centres Nationaux de Référence Institut Pasteur, pointant une ampleur inédite en France depuis au moins 20 ans.

Quels sont les symptômes de la coqueluche ?

Les symptômes de la coqueluche évoluent en plusieurs phases, et leur présentation varie selon l’âge et le statut vaccinal de la personne.

Chez l’adulte et le senior : des signes souvent atypiques

Chez l’adulte, la toux de la coqueluche ne présente pas toujours les signes caractéristiques de la maladie (absence de quintes, de reprise inspiratoire…) En présence d’une toux qui persiste et s’aggrave au-delà d’une semaine, la possibilité d’une coqueluche doit être évoquée.

Les symptômes peuvent se manifester ainsi :

  • Une toux qui débute de façon banale, ressemblant à un rhume
  • Une aggravation progressive après 7 à 10 jours
  • Des quintes de toux, particulièrement nocturnes, perturbant le sommeil
  • Une toux émétisante (provoquant des vomissements)
  • Une fatigue importante et persistante
  • Une absence de fièvre dans la plupart des cas

Chez les adolescents et les adultes, la coqueluche se résume souvent à une toux persistante (qui peut durer entre deux à six semaines), fatigante, qui fragilise les personnes âgées ou les sujets en mauvaise santé.

Les trois phases caractéristiques de la maladie

La période d’incubation moyenne est de 10 jours (extrêmes 7 à 21 jours). Ensuite, la maladie évolue selon trois phases :

Phase 1 – Phase catarrhale (1 à 2 semaines) : Symptômes ressemblant à un simple rhume avec toux légère et écoulement nasal. C’est durant cette phase que la contagiosité est maximale.

Phase 2 – Phase paroxystique (2 à 4 semaines) : Apparition des quintes de toux caractéristiques, violentes et répétées, surtout nocturnes. Ces accès de toux peuvent être suivis d’une inspiration bruyante (« chant du coq ») et parfois de vomissements.

Phase 3 – Phase de convalescence (plusieurs semaines) : La coqueluche évolue lentement vers la guérison après une convalescence de plusieurs semaines, durant laquelle la toux diminue progressivement.

Pourquoi la coqueluche est-elle dangereuse pour les seniors ?

Si la coqueluche est surtout médiatisée pour ses risques chez les nourrissons, la coqueluche peut être sévère à tout âge. Cette infection bactérienne est particulièrement dramatique, voire mortelle, pour les jeunes nourrissons, non ou partiellement vaccinés, et les personnes à risque telles que les femmes enceintes et les personnes âgées.

Complications respiratoires et surinfections

Les personnes âgées constituent une autre population à risque : la coqueluche peut fortement les affaiblir et favoriser des surinfections : grippe, infections à pneumocoque, à Haemophilus. Les quintes de toux violentes et répétées épuisent l’organisme déjà fragilisé par l’âge.

La bronchopneumonie (fréquente chez les personnes âgées) peut être mortelle à tout âge. Les complications peuvent également inclure :

  • Des pneumonies bactériennes secondaires
  • Une décompensation de pathologies chroniques préexistantes (BPCO, insuffisance cardiaque)
  • Une déshydratation liée aux vomissements répétés
  • Une perte de poids importante
  • Un épuisement général nécessitant parfois une hospitalisation

Hospitalisations et mortalité

Les taux d’hospitalisation augmentent progressivement avec l’âge : à 2,2, 8,5 et 13,5 pour 100 000 personnes/année dans les groupes 45-64 ans, 65-74 ans et plus de 75 ans ; une obésité ou un asthme préexistant se révélant des facteurs de gravité. Les adultes de plus de 65 ans sont plus susceptibles d’être hospitalisés pour la coqueluche que ceux âgés de 45 à 64 ans.

De janvier 2023 à fin mars 2024, 19 décès ont été rapportés sur le continent, 11 de nourrissons et 8 d’adultes de plus de 60 ans, rappelant la gravité potentielle de cette maladie chez les personnes âgées.

Comment diagnostiquer la coqueluche ?

Le diagnostic précoce est essentiel pour mettre en place rapidement un traitement adapté et limiter la transmission.

Examens biologiques recommandés

Le diagnostic de coqueluche est confirmé par des examens biologiques. Le traitement repose sur la prise d’antibiotiques, qui diminuent les symptômes et la contagiosité.

Le test PCR est devenu l’examen de référence : La PCR (Polymérase Chain Reaction), technique très sensible permet de détecter la bactérie jusqu’à 3 semaines après le début de la toux. Ce test se réalise par prélèvement nasopharyngé et donne des résultats rapides et fiables.

À savoir : Pas d’examen complémentaire après 21 jours de symptômes (le diagnostic est clinique). Au-delà de trois semaines, le médecin se basera sur les symptômes cliniques caractéristiques.

Quand consulter ?

Consultez rapidement votre médecin si :

  • Vous présentez une toux persistante depuis plus de 7 jours qui s’aggrave
  • Vous avez des quintes de toux nocturnes perturbant votre sommeil
  • Vous avez été en contact avec une personne diagnostiquée avec la coqueluche
  • Vous êtes en contact régulier avec des nourrissons ou des personnes fragiles
  • Vous présentez des difficultés respiratoires associées à la toux

Quels sont les traitements disponibles contre la coqueluche ?

La prise en charge de la coqueluche repose principalement sur l’antibiothérapie, même si son efficacité varie selon le stade de la maladie.

L’antibiothérapie : le traitement de référence

Le médecin prescrit des antibiotiques de la famille des macrolides, actifs contre la bactérie responsable de la coqueluche : clarithromycine ou azithromycine, voire érythromycine. En cas d’allergie aux macrolides, le médecin prescrit du cotrimoxazole. La durée du traitement varie selon l’antibiotique utilisé (3 à 14 jours).

Les antibiotiques recommandés selon les dernières recommandations :

  • Clarithromycine : 500 mg, 2 fois par jour pendant 7 jours (traitement privilégié)
  • Azithromycine : 500 mg, 1 fois par jour pendant 3 jours
  • Cotrimoxazole : 800/160 mg, 2 fois par jour pendant 7 jours (en cas d’allergie aux macrolides)

La prise d’antibiotiques le plus tôt possible dans l’évolution de la maladie réduit rapidement le portage de la bactérie, la contagiosité et la transmission de la maladie (autorisant un retour en collectivité du patient après cinq jours de traitement) ; n’a pas d’effet sur l’évolution de la maladie d’autant plus que le diagnostic est tardif.

Mesures d’accompagnement et soins de support

Au-delà des antibiotiques, plusieurs mesures peuvent soulager les symptômes :

  • Humidification de l’air : maintenir un air humide dans la chambre pour faciliter l’évacuation du mucus
  • Température adaptée : limiter le chauffage à 19-20°C dans la chambre
  • Hydratation : boire suffisamment pour compenser les pertes liées aux vomissements
  • Fractionnement des repas : privilégier des petits repas fréquents pour éviter les vomissements
  • Repos : éviter les efforts physiques pendant la phase aiguë
  • Éviter les irritants : limiter l’exposition au tabac et aux polluants

Important : Les sirops antitussifs ne sont pas recommandés pour la coqueluche et peuvent même être contre-productifs.

Durée de l’éviction et contagiosité

Restez chez vous ou gardez votre enfant à domicile pendant trois à cinq jours après le début du traitement antibiotique de la coqueluche (selon le médicament utilisé). Durant cette période, évitez aussi tout contact avec les nourrissons et les personnes insuffisamment vaccinées.

Sans traitement, l’éviction dure 3 semaines après le début de la toux en l’absence de traitement antibiotique.

Comment se protéger : vaccination et prévention

La vaccination reste l’arme la plus efficace contre la coqueluche, mais l’immunité diminue avec le temps, d’où l’importance des rappels.

Vaccination des seniors et stratégie du cocooning

La vaccination anti-coqueluche protège de la coqueluche pendant 5 à 10 ans. C’est pourquoi les rappels sont essentiels, particulièrement pour les seniors en contact avec des nourrissons.

Beaucoup de seniors sont des grands-parents et secondent leurs enfants pour la garde des plus jeunes. Si la maman n’a pas été vaccinée pendant la grossesse, dans le cadre de la politique de cocooning des nourrissons contre la coqueluche, il est conseillé aux grands-parents susceptibles d’être en contact étroit avec le futur nourrisson pendant les six premiers mois de sa vie de se faire (re)vacciner contre la coqueluche, de préférence quelques semaines avant la naissance.

Recommandations spécifiques en période épidémique (contexte actuel) :

Dans le contexte d’urgence sanitaire lié à la résurgence de la coqueluche en France en 2024, la HAS recommande l’administration d’une dose de rappel avec un vaccin dTcaP (Boostrixtetra® ou Repevax®) lorsque la dernière injection date de plus de 5 ans pour tous les professionnels travaillant au contact des nouveau-nés et nourrissons de moins de 6 mois, pour l’entourage proche (quel que soit son âge) du nouveau-né/nourrisson.

Le vaccin dTcaPolio : ce qu’il faut savoir

Le vaccin contre la coqueluche n’existe pas seul. Il est toujours combiné avec d’autres vaccins :

  • d : diphtérie (dose réduite)
  • T : tétanos
  • ca : coqueluche (dose réduite d’antigènes)
  • Polio : poliomyélite

Les vaccins disponibles sont Boostrixtetra® et Repevax®, administrés en une seule injection intramusculaire.

Gestes barrières complémentaires

Des antibiotiques doivent être pris préventivement pour les personnes non symptomatiques fragiles, ou en contact étroit avec un cas de coqueluche et non protégées par la vaccination. Comme pour toute épidémie d’infections respiratoires, le port du masque est fortement recommandé.

Les mesures barrières essentielles :

  • Port du masque en cas de symptômes respiratoires
  • Lavage régulier des mains
  • Tousser dans son coude
  • Éviter les contacts rapprochés avec les personnes fragiles
  • Aération régulière des pièces
  • Nettoyage des surfaces fréquemment touchées

Prise en charge et remboursement par l’Assurance Maladie

La coqueluche fait partie des maladies dont la prise en charge est bien encadrée par l’Assurance Maladie.

Remboursement des soins et traitements

Les examens diagnostiques (PCR) et les traitements antibiotiques de la coqueluche sont remboursés dans les conditions habituelles de l’Assurance Maladie :

  • Consultation médicale : remboursée à 70% sur la base du tarif conventionnel
  • Test PCR coqueluche : pris en charge à 60% par l’Assurance Maladie
  • Antibiotiques prescrits : remboursés entre 15% et 65% selon les médicaments
  • Vaccination (Boostrixtetra® ou Repevax®) : remboursée à 65% sur prescription

Votre mutuelle santé prend généralement en charge le ticket modérateur restant. Pour les seniors bénéficiant d’une bonne mutuelle, la plupart des frais liés au diagnostic et au traitement de la coqueluche sont intégralement couverts.

Rôle de votre mutuelle senior

Au-delà du remboursement de base de la Sécurité sociale, votre mutuelle peut intervenir pour :

  • Le complément sur les consultations et examens
  • La prise en charge totale ou partielle des dépassements d’honoraires
  • Le remboursement des frais d’hospitalisation si nécessaire
  • Les vaccins de rappel recommandés

Vérifiez votre contrat de mutuelle ou contactez votre conseiller pour connaître précisément vos garanties en matière de prévention et de maladies infectieuses.

Protégez-vous et protégez vos proches : l’action est essentielle

Face à la résurgence actuelle de la coqueluche en France, Santé publique France confirme le démarrage d’un nouveau cycle épidémique. L’importance de la prise en charge précoce du malade et de son entourage ainsi que du signalement des infections nosocomiales et des cas groupés. La vaccination et le port du masque sont essentiels contre la coqueluche.

Les seniors, particulièrement ceux en contact avec des petits-enfants, doivent adopter une attitude proactive :

1. Vérifiez votre statut vaccinal : Consultez votre médecin traitant pour faire le point sur vos vaccinations. Si votre dernier rappel date de plus de 5 ans et que vous êtes en contact avec des nourrissons, un rappel est recommandé.

2. Soyez attentif aux symptômes : Une toux qui persiste plus de 7 jours doit vous alerter. N’hésitez pas à consulter rapidement pour bénéficier d’un diagnostic précoce.

3. Protégez votre entourage : En cas de toux, portez un masque en présence de personnes fragiles et évitez tout contact avec les nourrissons jusqu’à confirmation diagnostique.

4. Informez vos proches : Partagez ces informations avec votre famille. La protection collective commence par l’information de chacun.

5. Optimisez votre couverture santé : Assurez-vous que votre mutuelle senior couvre bien les frais de prévention (vaccination) et de traitement des maladies infectieuses.

La coqueluche n’est pas une fatalité. Grâce à une vigilance accrue, une vaccination appropriée et des gestes barrières simples, nous pouvons limiter sa propagation et protéger les plus vulnérables. Votre santé et celle de vos proches méritent cette attention.

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Sources et références

  1. 1
    Ameli.fr - Coqueluche : définition, transmission et symptômes
    www.ameli.fr
    Consulté le 2024
  2. 2
    Ameli.fr - Coqueluche : consultation, traitement et évolution
    www.ameli.fr
    Consulté le 2024
  3. 3
    Santé Publique France - Résurgence de la coqueluche en France
    www.santepubliquefrance.fr
    Consulté le 2024
  4. 4
    Institut Pasteur - Coqueluche : symptômes, traitement, prévention
    www.pasteur.fr
    Consulté le 2024
  5. 5
    Haute Autorité de Santé - Choix et durées d'antibiothérapie pour la coqueluche
    www.has-sante.fr
    Consulté le 2024

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Dr. Marie Dupont
✍️ À propos de l'auteur

Dr. Marie Dupont

Medecin Generaliste

Médecin généraliste depuis 22 ans, spécialisée dans la prise en charge des seniors. Diplômée de la Faculté de Médecine de Paris Descartes, elle accompagne les patients de plus de 55 ans dans leur parcours de santé et les conseille sur le choix de leur complémentaire santé.

22 ans d'expérience Sante seniors