Accueil > Les médicaments > Tout comprendre sur les somnifères

Tout comprendre sur les somnifères

Qu’est-ce qu’un somnifère ?

Également appelé hypnotique, un somnifère est un médicament qui a pour rôle de lutter contre l’insomnie. Il aide une personne qui souffre de troubles de sommeil à mieux dormir. D’après les statistiques, les femmes onsomment ces produits plus que les hommes.

En ce qui concerne leur fonctionnement, les somnifères agissent généralement sur le cerveau pour stimuler l’endormissement.

 

Quand prendre un somnifère ?

Définir les moments pour prendre un somnifère nécessite la connaissance des différentes manifestations des troubles de sommeil. Il est question ici de difficultés à s’endormir, mais non celles à se réveiller (la narcolepsie). Les somnifères sont souvent conseillés en cas d’apnée du sommeil ou d’impatiences dans les jambes (syndrome des jambes sans repos).

 

L’apnée du sommeil

C’est une forme de trouble sommeil qui se caractérise par des brefs arrêts de la respiration. L’apnée du sommeil est une situation qui réduit énormément la qualité du repos.

 

Le syndrome des jambes sans repos

Ce trouble neurologique est associé à l’épilepsie et quelquefois à une carence en fer. Une personne qui souffre des impatiences dans les jambes ressent un besoin intense de bouger ses membres inférieurs. Ces sensations, qualifiées de désagréables, accroissent la durée pour trouver le sommeil. C’est un trouble qui touche majoritairement les adultes de 40 à 60 ans.

 

Les différents types de somnifères

Pour faire simple, nous allons répertorier les somnifères en quatre grandes catégories.

 

Les benzodiazépines

Appartenant à la famille des médicaments psychotropes, les benzodiazépines sont utilisées dans le cadre d’un traitement contre :

  • L’anxiété
  • Les convulsions
  • Les instabilités psychomotrices
  • Les spasmes
  • L’insomnie.

Les premières molécules de benzodiazépines ont été découvertes dans les années 1960. Ces médicaments ont connu leur essor suite au déclin des barbituriques.

Les benzodiazépines peuvent avoir une durée d’action courte, moyenne ou longue. Pour connaître le traitement qui vous convient le mieux, consulter votre médecin traitant reste plus judicieux.

Les benzodiazépines à action de courte durée sont le Stilnox, l’Imovane, le Zolpidem générique et le Zopiclone générique. Ce dernier est particulièrement déconseillé pour les cas d’insuffisance respiratoire, de grossesse, d’allergie, etc. Ce sont tous des médicaments prescrits en cas d’insomnie occasionnelle ou en début de nuit. Consommés généralement pendant 2 ou 3 jours, ils répondent aux besoins des personnes qui supportent mal le décalage horaire.

Dans le groupe des benzodiazépines à effet de moyenne durée, on trouve le Havlane, le Noctamide et le Normison. Ils conviennent également au traitement des insomnies passagères, mais en milieu de la nuit. Ce sont des médicaments hypnotiques à prendre pendant 1 à 3 semaines. Les personnes qui en prennent sont généralement celles qui ont des problèmes professionnels ou familiaux.

Pour les benzodiazépines à longue durée d’action, on peut citer l’estazolam, le nitrazépam, le lormétazépam, le loprazolam, le témazépam et tant d’autres. Ces derniers sont prescrits pour combattre les insomnies chroniques en fin de nuit. La durée du traitement dépend en grande partie de la sensibilité du patient.

Les benzodiazépines figurent également parmi les hypnotiques qui deviennent de moins en moins prescrits par les médecins.

 

Les antihistaminiques hypnotiques

Les antihistaminiques de type H1 sont souvent utilisés dans les traitements des allergies. Par ailleurs, ils sont connus pour leur efficacité en tant que sédatifs. Nombreux sont les médecins qui en prescrivent à leurs patients souffrant d’insomnie occasionnelle.

L’avantage de ce type d’hypnotique est le fait qu’il n’engendre pas d’accoutumance. Cependant, des effets secondaires sont à prévoir, à savoir :

  • La constipation
  • L’assèchement de la bouche
  • La somnolence en pleine journée.

Il s’agit d’un médicament déconseillé aux personnes ayant des problèmes au niveau de la prostate ou d’hypertension de l’œil (glaucome à angle fermé).

Quel que soit l’antihistaminique prescrit, les effets risquent de perdurer après le réveil. Au début du traitement, faites attention aux risques de baisse de vigilance le lendemain d’une prise. Cette mise en garde concerne particulièrement les travailleurs qui conduisent un véhicule ou qui utilisent des machines dangereuses.

Délivrés sous ordonnance, les antihistaminiques les plus courants sont :

  • Donormyl
  • Lidène
  • Noctyle
  • Phénérgan
  • Théralène.

 

La mélatonine

La mélatonine désigne une hormone sécrétée par l’épiphyse ou glande pinéale, une partie du cerveau, pendant la nuit. Régulée par la luminosité, sa production est au maximum entre 2 h et 5 h du matin. C’est la raison pour laquelle on l’appelle « l’hormone du sommeil ».

Devenue un produit de synthèse, la mélatonine est désormais disponible en pharmacie sous ordonnance. Sa commercialisation se fait sous deux formes différentes : la mélatonine à libération immédiate et la mélatonine à libération prolongée.

Ce complément est notamment prescrit aux personnes âgées de plus de 55 ans afin de lutter contre les insomnies.

 

Les barbituriques

Les barbituriques font partie des médicaments qui agissent en tant que dépresseurs du système nerveux central. Voilà pourquoi ils sont dits à effet anesthésique et sédatif.

La synthèse de l’acide barbiturique a été réalisée pour la première fois en 1864 par Adolf von Baeyer pendant le jour de la Sainte-Barbe. D’où son nom. Les barbituriques ne sont désormais que très peu prescrits à cause de leurs effets secondaires (toxicité et accoutumance). Dans la liste, il y a par exemple :

  • L’amobarbital
  • Le butabarbital
  • L’hexobarbital
  • Le thiopental
  • Le pentobarbital, etc.

 

Les effets secondaires de la prise de somnifères

Comme pour certains médicaments, la prise de somnifère provoque divers effets secondaires. D’une part, à forte dose, ce type de médicament réduit légèrement le sommeil paradoxal. Il augmente également le ronflement. Sachez que les somnifères affectent la vigilance et entraînent des pertes de mémoire à court terme.

 

Augmentation du risque de mortalité

Des études ont montré que le risque de mortalité d’un accoutumé aux hypnotiques est 4 fois plus important que celui qui s’en prive. Selon les scientifiques, cette situation est due au risque de dépression suite à la prise de somnifères. 

En plus, les hypnotiques sont connus pour leur effet de somnolence. D’où l’accroissement des risques d’accident de voiture ou de travail, qui peuvent parfois être mortels.

 

Accroissement du risque de cancer

L’accoutumance aux somnifères augmente le risque de cancer. On parle notamment des benzodiazépines, qui selon certaines études entraîneraient un risque de cancer plus élevé de 35%.

 

La perte de mémoire et la maladie d’Alzheimer

Selon une étude réalisée par ISERM, la consommation de benzodiazépines favorise l’aggravation des signes de la maladie d’Alzheimer tout en les faisant évoluer plus vite. Ce risque tend à développer (51 %) surtout avec un traitement à base de cet hypnotique de 3 mois ou plus. Cela concerne particulièrement les personnes de plus de 65 ans.

Cette étude a également permis de confirmer que les risques augmentent au fur et à mesure que la prise de benzodiazépines dure. En plus clair, plus vous consommez ce médicament, plus vous serez plus exposé à la perte de mémoire.

 

Un sommeil de mauvaise qualité

Une qualité de sommeil dégradée figure parmi les effets secondaires de la prise de somnifère. Cela concerne notamment le sommeil profond dit réparateur. Selon les dires des experts en la matière, les hypnotiques tels que les benzodiazépines changent l’architecture du sommeil. En effet, le taux d’ondes lentes de ce dernier devient faible. D’où la diminution du sommeil lent profond.

Précisons que cette réduction significative de la qualité du sommeil impacte sur la santé. L’organisme ne disposera pas du temps de repos dont il a besoin pour un fonctionnement optimal.

 

La dépendance et l’accoutumance

Avant de commencer de prendre des somnifères, vous devez prendre en compte les risques de dépendance. En d’autres termes, le trouble du sommeil peut augmenter après le traitement.

En se fixant sur les récepteurs des cellules nerveuses, les hypnotiques entraînent une accoutumance. Arrêter brusquement la prise de somnifère devient alors difficile.

 

Les plantes favorisant le sommeil

De nombreuses plantes ont des vertus favorisant le sommeil. En voici quelques exemples :

  • Ballote
  • Houblon
  • Aubépine
  • Camomille
  • Aspérule
  • Lotier corniculé
  • Tilleul
  • Valériane, etc.

Disponibles en pharmacie, ou dans les boutiques spécialisées, ces végétaux peuvent être achetés sans ordonnance. Ils sont généralement à prendre sous forme d’infusion. Pour ce faire, ajoutez une cuillère à café d’une de ces plantes dans une tasse d’eau bouillante. Le temps d’infusion est d’environ 10 minutes.

Certaines personnes préfèrent faire une tisane et en prendre un verre avant de dormir. Vous pouvez également opter pour des suspensions intégrales de plantes. En effet, une cuillère à café au dîner suffit pour aider à trouver le sommeil.

 

Quelques bonnes habitudes pour bien dormir

Pour trouver le sommeil facilement, vous n’êtes pas contraint de commencer par un traitement à base de somnifères. Évitez, par exemple, de prendre des excitants après 17 h. On parle ici du thé, du café, de Coca-Cola...

Mangez légèrement le soir pour ne pas entraver l’endormissement. Préférez les sucres lents qui sont connus pour leurs bienfaits sur la production de mélatonine. Il en est de même pour les nourritures riches en tryptophane comme les produits laitiers, les bananes, etc.

Un bon sommeil est souvent lié aux pratiques sportives régulières. En faisant de l’activité physique, vous bénéficierez d’un sommeil lent et profond la nuit même. Par contre, il est déconseillé de faire du sport intense après 18 h. La température corporelle tend à baisser à partir de 19 h afin de stimuler le sommeil. C’est également la raison pour laquelle prendre un bain tiède avant d’aller se coucher est recommandé.

Pour finir la journée, optez pour une activité relaxante en guise de transition vers le sommeil tout en relaxant votre corps. Vous avez le choix sur diverses activités :

  • Faire des puzzle
  • Se relaxer en écoutant des musiques douces
  • Regarder la télévision
  • Lire un livre
  • Faire du yoga, etc.

Pour trouver facilement le sommeil, veillez à ce que votre chambre à coucher vous permette la plus grande détente. Si vous habitez dans un quartier bruyant, optez pour le double vitrage pour un meilleur confort acoustique. Notons que le sommeil le plus récupérateur (profond) est interrompu par un bruit à partir de 50dB.

Nous vous conseillons également de mettre votre chauffage entre 16 et 20° C. Utilisez des saturateurs pour avoir de l’air pas trop sec. Assurez également la qualité de votre matelas pour trouver le sommeil rapidement.

 

Consulter un médecin avant de prendre des somnifères

Si vous avez du mal à trouver le sommeil chaque nuit ou vous réveillez souvent au milieu de la nuit pour ne plus rendormir, consultez votre médecin ou un pharmacien. Ce sont les seuls professionnels en mesure de vous donner les meilleurs conseils pour mieux dormir. Dans le cas où la prise d’un médicament s’avère nécessaire, ils peuvent vous prescrire le traitement qui vous convient le mieux.

Le choix du traitement dépend de différents paramètres. En premier lieu, le médecin analyse les impacts des problèmes de sommeil sur votre quotidien et les risques de la prise de somnifère. Sachez que le traitement préconisé peut concerner l’amélioration de l’hygiène de vie.

L’insomnie peut également être due à une maladie. De ce fait, le médecin doit faire un diagnostic afin de trouver la source exacte des troubles.

 

Le remboursement du traitement des troubles de sommeil

Vous devez vous rendre chez un médecin pratiquant dans le cours de soins coordonnés en cas de trouble de sommeil. Cela vous permettra de profiter du meilleur taux de remboursement par la Sécurité sociale. Sachez que ce dernier peut s’élever à 70 % pour les consultations et 65 % pour les médicaments. De son côté, votre mutuelle santé se charge du remboursement de la somme restante.

S’il s’agit d’un cas d’insomnie compliqué, votre médecin traitant est autorisé à vous recommander un autre spécialiste. Dans ce cas, vous pouvez bénéficier d’un remboursement à hauteur de 70 % de la base du tarif conventionné par l’Assurance Maladie.

Rappelons que depuis le 1er décembre 2014, les taux de remboursement de certains somnifères ne sont plus que de 15 %. On parle ici des hypnotiques à base de :

  • Loprazolam
  • Estazolam
  • Zopiclone
  • Nitrazépam
  • Lormetazépam
  • Zolpidem
  • Témazépam.

 

Nombreuses sont les raisons qui peuvent entraver la qualité du sommeil (stress, travail, fatigue, anxiété, maladie, etc.). Le type de somnifère à prendre dépend de l’origine de la difficulté à s’endormir. Seul l’avis d’un médecin peut définir le traitement qui vous convient le mieux pour limiter les effets secondaires ainsi que les risques d’accoutumance et de dépendance.