Déficit en Testostérone : Reconnaître les Symptômes et Connaître Vos Droits

La baisse de testostérone, ou hypogonadisme, touche de nombreux hommes après 50 ans. Fatigue, baisse de libido, perte de masse musculaire : ces symptômes peuvent être traités. Découvrez comment identifier un déficit hormonal, les examens pris en charge par la Sécurité sociale et les traitements disponibles dans le système de santé français.

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Sylvie Bernard

Conseillere Protection Sociale

Mis à jour :
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Information Santé

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin pour des conseils personnalisés.

Déficit en Testostérone : Reconnaître les Symptômes et Connaître Vos Droits
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Points clés à retenir

La testostérone est bien plus qu’une simple hormone masculine. Elle joue un rôle essentiel dans le maintien de votre énergie, de votre masse musculaire, de votre densité osseuse et de votre bien-être général. Pourtant, à partir de 30 ans, les hommes perdent chaque année 1% de leur testostérone, une diminution naturelle qui peut s’accentuer avec l’âge et certaines pathologies.

En France, ce déficit hormonal, appelé hypogonadisme, touche environ 2 à 4% des hommes adultes, mais reste largement sous-diagnostiqué. Beaucoup d’hommes souffrent en silence, ne sachant pas que leurs symptômes peuvent être liés à un déficit hormonal traitable. Ce guide vous aide à comprendre les signes d’alerte, les démarches de diagnostic et surtout vos droits en matière de remboursement par la Sécurité sociale.

Qu’est-ce que le déficit en testostérone et qui est concerné ?

Le déficit en testostérone, également appelé hypogonadisme, se définit par une production insuffisante de cette hormone sexuelle masculine par les testicules. Ce déficit peut facilement être traité, à condition d’être correctement diagnostiqué.

La prévalence de l’andropause augmente avec l’âge : 5% à 50 ans, 10% à 60 ans, 15% à 70 ans et 26% à 80 ans. Ces chiffres montrent que le phénomène, bien que fréquent après 60 ans, n’est pas une fatalité et mérite une consultation médicale.

Les deux types d’hypogonadisme

Il existe deux formes principales de déficit en testostérone :

  • L’hypogonadisme primaire (ou périphérique) : le problème se situe au niveau des testicules qui ne produisent plus suffisamment d’hormones, malgré des signaux normaux du cerveau
  • L’hypogonadisme secondaire (ou central) : l’hypophyse ou l’hypothalamus ne stimulent plus correctement les testicules. Cette forme nécessite des explorations complémentaires pour identifier la cause sous-jacente

Facteurs de risque à connaître

Le diabète de type 2 touche 50% des hommes présentant un déficit en testostérone. D’autres facteurs augmentent significativement le risque :

  • L’obésité (associée à une baisse de 25% de la testostérone)
  • Les maladies chroniques (cancer, cirrhose, insuffisance rénale, VIH)
  • La prise de certains médicaments (corticoïdes, opiacés, antirétroviraux)
  • Le stress chronique et le manque de sommeil
  • La consommation excessive d’alcool

Quels sont les signes d’un déficit en testostérone ?

La symptomatologie est assez variable, rendant parfois le diagnostic difficile. Les manifestations touchent plusieurs sphères de la santé.

Symptômes sexuels

Les troubles de la sphère sexuelle sont souvent les premiers signes d’alerte :

  • Baisse du désir sexuel (libido)
  • Diminution des érections spontanées, notamment matinales
  • Dysfonction érectile ou érections de moins bonne qualité
  • Réduction de la fréquence des rapports
  • Orgasmes moins intenses ou retard à l’éjaculation

Symptômes physiques

Le déficit s’accompagne d’une panoplie de signes non sexuels qui impactent le quotidien :

  • Fatigue chronique et asthénie
  • Perte de masse musculaire et de force
  • Augmentation de la graisse abdominale
  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
  • Diminution de la pilosité corporelle
  • Gynécomastie (développement mammaire)
  • Diminution de la densité osseuse pouvant mener à l’ostéoporose

Symptômes psychologiques

L’impact sur le moral et les capacités cognitives est réel :

  • Irritabilité et sautes d’humeur
  • État dépressif ou anxieux
  • Troubles du sommeil
  • Difficultés de concentration
  • Perte de confiance en soi

La testostérone est l’hormone du tonus sexuel, physique et psychique, expliquant pourquoi son déficit affecte autant de domaines de la santé.

Comment se déroule le diagnostic et le parcours de soins ?

Le diagnostic du déficit en testostérone repose sur une démarche méthodique associant évaluation clinique et examens biologiques. Comprendre ce parcours vous permet de mieux défendre vos droits au remboursement.

La consultation initiale avec votre médecin traitant

Votre médecin généraliste est votre premier interlocuteur. Il réalisera un interrogatoire approfondi sur vos symptômes, vos antécédents médicaux et vos traitements en cours. Un examen clinique recherchera les signes évocateurs : volume testiculaire, répartition de la pilosité, présence d’une gynécomastie.

Si le médecin suspecte un déficit en testostérone, il vous prescrira une prise de sang. Ce dosage hormonal est remboursé par la Sécurité sociale dans le cadre du parcours de soins coordonné.

Les examens biologiques remboursés

Le bilan initial comprend : TSH et testostéronémie libre ou biodisponible à jeun entre 8 et 11 heures avec contrôle à 1 mois. Cette exigence de deux dosages à un mois d’intervalle est essentielle pour confirmer le diagnostic.

Bien que l’on retienne le seuil de 3,5 ng/mL, un taux apprécié comme normal ne l’est pas automatiquement pour tous les patients. En cas de testostéronémie basse, des examens complémentaires seront prescrits : LH, FSH, hématocrite et PSA.

Tous ces examens biologiques prescrits par votre médecin sont pris en charge par l’Assurance Maladie à hauteur de 60% du tarif de base (70% si vous êtes en ALD).

Orientation vers un spécialiste

La prise en charge est toujours spécialisée (endocrinologue, urologue) pour la prescription initiale de testostérone. Votre médecin traitant vous orientera vers l’un de ces spécialistes, condition indispensable pour respecter le parcours de soins et bénéficier du meilleur remboursement.

La consultation chez le spécialiste est remboursée à 70% du tarif conventionnel (ou 100% en ALD) si vous avez été adressé par votre médecin traitant. Sans cette orientation, le remboursement tombe à 30%.

Quels traitements et quels remboursements par la Sécurité sociale ?

Une fois le diagnostic confirmé, plusieurs options thérapeutiques existent. Le niveau de remboursement varie considérablement selon le traitement choisi.

Les traitements remboursés

Les capsules à prendre par voie orale au cours des repas sont remboursées par la Sécurité sociale. Il s’agit du Pantestone, mais ce médicament n’est plus commercialisé depuis 2021.

Seule une injection toutes les 2 à 4 semaines est remboursée par la Sécurité sociale. L’Androtardyl (énanthate de testostérone) est la forme injectable remboursée à 65% du tarif. Son prix est d’environ 7 euros l’ampoule.

Nouveauté importante : depuis septembre 2024, un générique du Nébido est commercialisé (Testostérone Besins 1000 mg) au prix de 21,88 euros et ce générique est remboursé par la Sécurité sociale. Cette injection trimestrielle représente une véritable avancée pour les patients.

Les traitements non remboursés

Le gel transcutané en application quotidienne est facile d’utilisation, mais n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Le coût mensuel de l’Androgel se situe entre 70 et 100 euros, une charge financière importante pour les patients.

Le Nébido original (undécanoate de testostérone longue action) reste non remboursé et coûte environ 135 euros l’injection trimestrielle. Le générique remboursé constitue donc une excellente alternative.

Prescription et renouvellement

La prescription initiale est réservée aux urologues et endocrinologues. Toutefois, le renouvellement peut se faire par le médecin traitant. Cette disposition facilite grandement le suivi à long terme et réduit les coûts pour le patient.

Surveillance médicale obligatoire

La surveillance comporte un bilan clinique et biologique à trois, six et douze mois après l’instauration du traitement, puis annuellement. Ces consultations et examens de suivi sont remboursés dans les conditions habituelles du parcours de soins.

Le médecin vérifiera notamment l’absence de cancer de prostate (toucher rectal et PSA), l’hématocrite (pour dépister une polyglobulie) et l’efficacité clinique du traitement.

Vos droits et démarches administratives

Connaître vos droits vous permet d’optimiser votre prise en charge et de limiter votre reste à charge.

Respect du parcours de soins coordonné

Pour bénéficier des meilleurs remboursements, le parcours de soins doit être respecté :

  1. Consultation du médecin traitant déclaré
  2. Orientation par ce médecin vers le spécialiste (endocrinologue ou urologue)
  3. Réalisation des examens prescrits dans des laboratoires conventionnés

Sans respect de ce parcours, vos remboursements seront minorés et vous subirez des pénalités financières.

Prise en charge en Affection Longue Durée (ALD)

Dans certains cas graves ou lorsque le déficit en testostérone est lié à une pathologie lourde (cancer, insuffisance hypophysaire), une prise en charge à 100% en ALD peut être obtenue. Votre médecin traitant ou votre spécialiste peut en faire la demande auprès de votre caisse d’Assurance Maladie.

Le rôle de votre mutuelle

Votre complémentaire santé prend en charge le ticket modérateur (la part non remboursée par la Sécurité sociale) et peut rembourser tout ou partie des dépassements d’honoraires si vous consultez un médecin en secteur 2.

Pour les traitements non remboursés par la Sécurité sociale (gels de testostérone), certaines mutuelles proposent un forfait de remboursement. Vérifiez les garanties de votre contrat ou envisagez une mutuelle senior mieux adaptée à vos besoins.

Cas particuliers et situations spécifiques

Pour les hommes ayant subi un double cancer des testicules ou une castration chirurgicale, le traitement par testostérone est indispensable. Dans ces situations, l’inscription en ALD permet une prise en charge à 100%.

Les ruptures de stock de l’Androtardyl, signalées régulièrement ces dernières années, peuvent compliquer l’accès au traitement. Le générique Testostérone Besins constitue désormais une alternative remboursée en cas de pénurie.

Mesures préventives et hygiène de vie

Avant d’envisager un traitement médicamenteux, ou en complément de celui-ci, certaines mesures d’hygiène de vie peuvent naturellement favoriser le maintien d’un taux de testostérone satisfaisant.

Maintien d’un poids santé

L’obésité, particulièrement la graisse abdominale, réduit significativement la production de testostérone. Perdre du poids lorsque l’IMC est trop élevé peut améliorer naturellement les taux hormonaux.

Activité physique régulière

L’exercice physique, notamment la musculation et les entraînements en résistance, stimule la production naturelle de testostérone. L’activité physique favorise également une meilleure composition corporelle (plus de muscle, moins de graisse).

Sommeil de qualité

Un sommeil régulier et réparateur (7 à 8 heures par nuit) est essentiel pour la production hormonale. Les troubles du sommeil chroniques peuvent aggraver le déficit en testostérone.

Gestion du stress

Le stress chronique augmente le cortisol, hormone qui inhibe la production de testostérone. Des techniques de relaxation, de méditation ou d’activités apaisantes peuvent contribuer à un meilleur équilibre hormonal.

Alimentation équilibrée

Une alimentation riche en légumes, fruits, protéines maigres et graisses saines (oméga-3) favorise un environnement hormonal optimal. Limitez les aliments ultra-transformés et la consommation excessive d’alcool.

Contre-indications et précautions du traitement

Les contre-indications existent mais sont rares. L’hormonothérapie est clairement proscrite en présence d’un cancer du sein ou d’un cancer de la prostate évolutif. D’où l’importance d’un dépistage systématique avant tout traitement.

Autres situations nécessitant une vigilance particulière :

  • Polyglobulie (excès de globules rouges)
  • Insuffisance cardiaque sévère
  • Apnées du sommeil non traitées
  • Désir de paternité (le traitement par testostérone bloque la production de spermatozoïdes)

Votre spécialiste évaluera soigneusement ces risques avant d’initier le traitement et adaptera la surveillance en conséquence.

Passez à l’action : protégez votre santé hormonale

Si vous reconnaissez plusieurs symptômes évoqués dans cet article, n’attendez pas que la situation se dégrade. À la condition d’en parler à son médecin, le déficit en testostérone se traite efficacement.

Les bénéfices du traitement sont réels : avec la restauration d’un niveau hormonal suffisant, les patients se sentent rapidement mieux, moins fatigués. Ils ne souhaitent généralement pas arrêter le traitement.

Quelques conseils pratiques pour optimiser votre prise en charge :

  • Consultez d’abord votre médecin traitant pour respecter le parcours de soins
  • Préparez votre consultation en notant vos symptômes et leur impact sur votre quotidien
  • Effectuez les deux dosages hormonaux nécessaires au diagnostic
  • Privilégiez les traitements remboursés (Androtardyl ou Testostérone Besins) pour limiter votre reste à charge
  • Vérifiez les garanties de votre mutuelle, notamment pour les consultations de spécialistes
  • Respectez scrupuleusement le suivi médical pour garantir l’efficacité et la sécurité du traitement

Le déficit en testostérone n’est pas une fatalité liée au vieillissement. C’est une condition médicale reconnue, diagnosticable et traitable, avec des solutions remboursées par le système de santé français. Prenez votre santé en main et n’hésitez pas à consulter.

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Sources et références

  1. 1
    Association Française d'Urologie - Déficit en testostérone : ne pas se résigner
    www.urofrance.org
    Consulté le 2024
  2. 2
    Association Française d'Urologie - Recommandations sur la prise en charge du déficit en testostérone
    www.urofrance.org
    Consulté le 2021
  3. 3
    Société Française d'Endocrinologie - Testostérone undécanoate
    www.sfendocrino.org
    Consulté le 2024
  4. 4
    ANSM - Médicaments à base de testostérone : la prescription initiale est élargie
    ansm.sante.fr
    Consulté le 2023
  5. 5
    Assemblée Nationale - Question sur le remboursement des traitements par testostérone
    questions.assemblee-nationale.fr
    Consulté le 2023

Questions fréquentes

5 questions
Oui, le dosage de testostérone prescrit par votre médecin dans le cadre du parcours de soins coordonné est remboursé par l'Assurance Maladie à 60% du tarif de base (ou 70% si vous êtes en ALD). Le diagnostic nécessite deux dosages à un mois d'intervalle, réalisés le matin à jeun entre 8h et 11h. Votre mutuelle complémentaire prend en charge le ticket modérateur restant.
L'Androtardyl (injection intramusculaire toutes les 2 à 4 semaines) est remboursé à 65% par la Sécurité sociale, au prix d'environ 7 euros l'ampoule. Depuis septembre 2024, le générique Testostérone Besins 1000 mg (injection trimestrielle) est également remboursé au prix de 21,88 euros. En revanche, les gels de testostérone (Androgel, Fortigel) ne sont pas remboursés et coûtent entre 70 et 100 euros par mois.
La prescription initiale de testostérone est réservée aux médecins spécialistes : endocrinologues, urologues et gynécologues (ainsi que les médecins qualifiés en andrologie depuis 2023). Votre médecin traitant doit donc vous orienter vers l'un de ces spécialistes. Une fois le traitement initié, votre médecin généraliste peut assurer les renouvellements, facilitant ainsi le suivi à long terme.
Le seuil généralement retenu est de 3,5 ng/mL de testostérone totale, mais ce chiffre doit être interprété avec prudence selon votre situation individuelle. Le diagnostic repose sur la combinaison de symptômes cliniques ET de deux dosages hormonaux confirmant un taux bas. Certains patients symptomatiques avec un taux normal peuvent bénéficier d'un traitement d'épreuve. Seul un spécialiste (endocrinologue ou urologue) peut poser ce diagnostic et proposer un traitement adapté.
Non, les données scientifiques actuelles ne montrent pas que le passage d'un hypogonadisme à un taux normal de testostérone augmente le risque de développer un cancer de la prostate. En revanche, le traitement est contre-indiqué en cas de cancer de la prostate évolutif. C'est pourquoi un dépistage systématique par toucher rectal et dosage du PSA est obligatoire avant d'initier le traitement, puis régulièrement pendant le suivi. Cette surveillance permet une prescription sûre et efficace.

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Sylvie Bernard
✍️ À propos de l'auteur

Sylvie Bernard

Conseillere Protection Sociale

Conseillère en protection sociale depuis 16 ans, spécialisée dans l'accompagnement des seniors. Experte des droits des assurés et de la réglementation mutualiste. Elle aide les seniors à faire valoir leurs droits et à optimiser leur couverture santé.

16 ans d'expérience Protection sociale