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Escarres : soins et prise en charge par les mutuelles

Qu’est-ce qu’une escarre ?

Une escarre, connue aussi sous le nom de « plaie de lit » ou d’« ulcère de décubitus », désigne une lésion cutanée d’origine ischémique (diminution de l’apport sanguin à un organe ou à des tissus).

La plaie est causée par une compression des vaisseaux sanguins due à des frottements et des cisaillements sur la peau. Cela entraîne un dégât lent et progressif de l’épiderme et de l’hypoderme qui peut se révéler irréversible.

 

Quelles sont les causes de l’escarre ?

La formation de la plaie de lit relève de plusieurs mécanismes complexes. L’étiologie demeure encore difficile. Voici cependant les facteurs de risques pouvant mener à l’apparition de l’escarre :

  • La présence de brûlures importantes sur les zones d’appui. Les vaisseaux sanguins n’alimentent plus une partie des tissus. Ces derniers se nécrosent et forment l’escarre.
  • Immobilité de très longue durée. La personne qui reste dans une position fixe en permanence présente des risques d’être victime de l’escarre.
  • Pression forte et de longue durée sur une partie du corps (comme le dos, les fesses) qui entraîne le blocage des vaisseaux sanguins et la nécrose des tissus.
  • Frottement sur la peau provoquant des plaies superficielles qui peuvent s’aggraver avec le temps en escarre.
  • Le cisaillement qui désigne un processus mécanique d’entassement des tissus qui se tiraillent. Cela provoque des plaies internes qui se traduisent par la formation d’une escarre.
  • L’humidité excessive : les escarres sont favorisées par un milieu trop humide à cause de l’incontinence ou encore de la transpiration.

D’autres facteurs sont également à prendre en compte dans la formation de l’escarre comme :

  • L’âge, les aînés seraient plus enclins à être victimes de ces blessures. Le manque de collagène sur la peau constitue un levier important pour la formation de l’escarre.
  • Les troubles moteurs : certaines personnes ne peuvent pas bouger à cause d’une maladie ou d’un accident. Elles risquent d’être victimes de cette lésion.
  • La malnutrition : la maigreur diminue la capacité des tissus à amortir et à répartir les pressions externes. Cela cause évidemment des ischémies.
  • La neuropathie : une maladie responsable de la sensibilité de changer de position (imperceptibilité de la douleur causée par la pression des tissus).
  • La déshydratation : le manque d’eau dans l’organisme fragilise les capillaires.

 

Quelles sont les évolutions de l’escarre ?

L’escarre suit quatre niveaux d’avancement :

 

La phase 1

Elle se présente avec la formation d’une rougeur visible sur l’épiderme. Un œdème (gonflement) se forme après à cause de l’accumulation des capillaires. À ce stade-là, les symptômes sont relativement légers (sensation de chaleur, de douleur et de démangeaison).

D’ailleurs, on le confond souvent avec une inflammation normale de la peau. Cependant, la rougeur persiste même après quelques jours. On peut encore apporter quelques soins basiques sans aucun problème.

 

La phase 2

Celle-ci se manifeste par l’apparition de cloques ou d’ampoules sur la surface rouge de la peau. Ici, de nombreuses cellules sont mortes et la peau prend une couleur bien plus foncée.

La plaie demeure encore superficielle. On peut donc encore la soigner avec des médicaments qui favorisent la cicatrisation de la peau. Néanmoins, en cas de déficit de traitement, la plaie risque de s’aggraver et d’avancer vers une phase plus délicate.

 

La phase 3

À ce niveau d’évolution, un ulcère se forme et la surface de la peau concernée devient noire et sèche. La blessure est sérieuse et beaucoup de cellules de l’épiderme et de l’hypoderme se nécrosent rapidement. La lésion prend une tournure irréversible !

 

La phase 4

L’ulcère s’agrandit et s’étend de plus en plus sur la surface de la peau. La propagation de la lésion devient importante ! Celle-ci peut atteindre les os, les articulations et les muscles. Ici, une intervention chirurgicale est à envisager pour stopper l’infection et reconstruire les tissus endommagés.

 

Quelles sont les complications de l’escarre ?

L’escarre reste un problème complexe qui peut se transformer en :

  • Surinfection : il s’agit d’une infection secondaire, conséquence à une première lésion. Elle se caractérise le plus souvent chez les personnes dont l’immunité est faible.
  • Douleur chronique : l’escarre entraîne souvent la nécrose des cellules. Les terminaisons nerveuses sont également affectées créant une sensation de souffrance intense (surtout chez les patients avec une grande hypersensibilité cutanée).
  • Altération de l’état général (AEG) : c’est un syndrome désignant une anorexie, une asthénie et un amaigrissement conséquent à cause de la plaie de lit.
  • Décès : l’escarre est une lésion grave qui peut engager le pronostic vital du malade. À un stade avancé, le corps n’arrive plus à freiner la propagation de l’infection ce qui aboutit à la mort du patient.
  • Choc septicémique : la lésion peut être infectée par des bactéries qui se disséminent par la suite à l’aide de la circulation sanguine dans de nombreuses zones de l’organisme.

 

Quelles sont les solutions naturelles pour apaiser les escarres ?

Il existe de nombreuses solutions naturelles qui peuvent apaiser l’escarre :

  • Les huiles essentielles de Ravintsara et de Tea Tree : ces produits contiennent des principes actifs qui agissent sur le système immunitaire. Ils permettent donc de renforcer les défenses de l’organisme face aux infections des bactéries, de virus ou de champignons. Cependant, veiller à bien respecter la posologie, car un surdosage s’avère toujours dangereux.
  • Le cataplasme de chou : cette plante contient des molécules anti-inflammatoires et antalgiques. Pour l’utiliser, on applique directement la feuille sur la rougeur de la peau. Répéter l’opération une à deux fois par jour.
  • Le pansement au miel : durant les premiers stades, il est possible de soigner l’escarre avec des méthodes naturelles comme le miel. Ce dernier est connu pour ses bienfaits bactéricides et nutritifs. Il suffit d’étaler quelques gouttes sur la zone touchée pour accélérer le processus cicatriciel.
  • L’infusion au gingembre : ce condiment permet de calmer les troubles digestifs et d’améliorer également la circulation sanguine. Pour le consommer, opter pour une infusion à boire deux fois par jour.

Il est à préciser que les remèdes de grands-mères ci-dessus ne sont pas des traitements thérapeutiques. Elles peuvent cependant accélérer la résorption de l’escarre si cette dernière se trouve encore au stade 1 ou 2.

 

Quels sont les gestes pour prévenir l’escarre ?

On peut tout à fait prévenir l’apparition des plaies de décubitus grâce à des gestes simples comme :

  • Changer souvent de position afin d’éviter une pression prolongée sur une partie du corps. Si la personne est immobilisée sur le lit ou sur un fauteuil, aidez-la à modifier sa position toutes les deux heures.
  • Vérifier toujours l’état de la peau surtout dans les zones sensibles comme le sacrum, les hanches, les talons et le coude.
  • Respecter une alimentation riche, saine et équilibrée. Ainsi, le junk food et les fast foods sont déconseillés, car les plats sont trop caloriques et gras (fragilisation du système cardio-vasculaire).
  • Bien nettoyer le cadre de vie afin d’éliminer les foyers des bactéries qui risquent d’infecter et d’aggraver la plaie de lit.
  • S’assoir sur des sièges équipés de mousse ou de coussin permettant de ne pas meurtrir les fesses.
  • Effectuer des activités physiques comme de la course à pied, de la corde à sauter ou encore de la musculation. Cela renforce l’endurance du corps et favorise également la circulation sanguine.
  • Employer des équipements conçus pour prévenir les escarres. Il s’agit de dispositif médical que l’on trouve facilement chez des revendeurs agréés.
  • Maintenir la peau sèche et bien propre afin d’éviter l’apparition de lésions pouvant causer la macération et donc l’escarre.
  • Porter des vêtements amples qui permettent de réduire les frictions et les risques de blessures cutanées.

 

Quelle est la prise en charge de la Sécurité sociale ?

La Sécurité sociale rembourse certains matériels qui visent à prévenir la plaie du lit. On peut, par exemple, citer :

  • Les coussins anti-escarres qui permettent de réduire les risques de lésions en position assise prolongée.
  • Les matelas anti-escarres en mousse pour les personnes litées.

Pour bénéficier du remboursement, quelques conditions sont requises :

  • Avoir une ordonnance dûment signée par votre médecin. Elle doit attester de l’utilité du produit.
  • Avoir la facture qui confirme l’achat du matériel.
  • Avoir la feuille de soins (CERFA) complétée (nom, prénom, date de naissance, numéro de sécurité sociale) et signée.

Ensuite, il faut envoyer ces documents au centre d’Assurance maladie auquel vous êtes rattaché. Après avoir étudié le dossier, la Sécurité sociale procède alors au remboursement selon la Liste des Produits et Prestations remboursables.

Sachez que le coût d’un équipement anti-escarre ne sera pas remboursé intégralement par la Sécurité sociale. Il reste une partie à votre charge ! Pour vous aider à faire face à ces dépenses, vous pouvez faire appel à votre complémentaire santé à condition que celui-ci ait prévu ce genre de situation.

Tout cela démontre qu’avoir une bonne assurance est indispensable pour prévenir les escarres. Elle peut vous aider à acheter les matériels adéquats (coussins, lits, matelas) sans trop penser aux coûts. Pour connaître les meilleures offres d’assurances, utilisez les services fiables et rapides proposés par Santors. Ce comparateur permet de trouver les assurances adaptées à votre situation personnelle en quelques minutes.