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Les opérations assistées par robots

Survol de l’histoire de la chirurgie robotisée

La première utilisation de robots-médecins remonte en 1983 avec un robot appelé « Arthrobot ». Mais, c’est en 1985 avec le Puma 560 que l’on peut vraiment parler de chirurgie assistée par robot. Le Puma 560 a été utilisé pour placer une aiguille pour une biopsie de cerveau grâce à un scanneur. Les robots qui ont vu le jour par la suite ont permis de réaliser des opérations de plus en plus complexes telles que :

  • La pose de prothèses de hanche (1992 avec le robot ROBODOC) ;
  • La reconnexion de trompes utérines (1997 avec le robot ZEUS) ;
  • Le pointage coronarien (1998 avec le robot chirurgical Da Vinci) ;
  • La greffe de l’artère coronaire (1999 avec le robot ZEUS) ;
  • La cholécystectomie (2001 avec le robot ZEUS) ;
  • ...

De nos jours, les opérations assistées par robots sont de plus en plus nombreuses, réduisant l’intervention de l’homme. Cette exclusion a même conduit certains spécialistes à dire que les robots constituaient l’avenir des interventions chirurgicales.

 

Les différents robots utilisés en chirurgie

Il existe divers types de robots chirurgicaux :

 

Les robots de téléopération

Ce sont des robots interventionnels. Le chirurgien les pilote via une interface électromécanique enregistrant les gestes de ses mains. Le modèle de référence pour ce type de robot est le robot Da Vinci de la société Intuitive Surgical.

 

Les robots de guidage

L’un des principaux problèmes que rencontrent les médecins est de déterminer la partie de l’organisme qui présente une anomalie ou une pathologie. Les robots de guidage ont été pensés pour résoudre ce problème puisqu’ils permettent de visualiser l’organisme de différentes manières. Grâce à lui, le chirurgien peut déplacer ces instruments en toute liberté tout en ayant une bonne vue sur les structures anatomiques.

Juste pour information, la chirurgie n’est pas le seul domaine de la médecine à utiliser le robotisme. Ce dernier est également très utilisé dans le maintien de l’autonomie de la personne (robots pour corriger le handicap). Il facilite aussi l’apprentissage des gestes d’intervention d’urgence (les plus connus sont les robots patients SimMan et AirMan).

 

Les domaines d’utilisation de robots chirurgicaux

Le nombre d’opérations assistées par robots a considérablement augmenté avec l’apparition de robots chirurgicaux plus précis et plus sophistiqués. Aujourd’hui, ces appareils sont utilisés dans presque tous les domaines de la chirurgie :

  • Chirurgie générale : chirurgie colorectale (rectopexie, cancer du rectum…), chirurgie œsogastrique (résections œsophagiennes), chirurgie bariatrique (bypass gastrique), chirurgie hépatobiliaire et pancréatique (résections pancréatiques caudales, résections de la tête du pancréas…), chirurgie endocrinienne (ablation de tumeurs volumineuses, résection partielle…), transplantation…
  • Chirurgie cardiothoracique : résections pulmonaires dans le traitement du cancer du poumon de stade précoce, résection des tumeurs du médiastin postérieur, traitement des kystes bronchogéniques…
  • Neurochirurgie : biopsies, implantation d’électrodes pour la stimulation cérébrale, intervention à crâne ouvert nécessitant un dispositif de navigation, intervention endoscopique…
  • Chirurgie urologique : biopsies prostatiques, placement de grains radioactifs en curiethérapie, accès rénal percutané, déplacement de l’endoscope, prélèvement de rein, pyéloplasties, adrénaloctomies, cystectomies…
  • Gynécologie : reperméabilisation tubaire, myomectomie, hystérectomie, traitement des cancers gynécologiques, promontofixation…
  • Chirurgie abdominale : gastroplastie, hernie, appendicectomie, cholécystectomie…

 

Avantage des opérations assistées par robots

Les opérations assistées par robots présentent divers avantages :

 

Pour le chirurgien

Avec l’assistance d’un robot, le chirurgien acquiert d’abord plus d’ergonomie. Les consoles de contrôle sont spécialement pensées pour que les extrémités des instruments utilisés s’alignent avec les mains de l’opérateur sur les manipulateurs.

Ensuite, il y a la vision. La technologie robotique offre la possibilité d’avoir une image stéréoscopique en trois dimensions. Cela induit un troisième avantage non négligeable : la précision. Avec des outils plus ergonomiques et une vision plus large, le chirurgien acquiert forcément de la précision.

 

Pour les patients

En ce qui concerne les patients, les opérations assistées par robots (moins invasives et moins traumatisantes) minimisent les risques de saignements abondants. Elles limiteraient également les douleurs postopératoires et la durée de l’hospitalisation. Elles favorisent une récupération plus rapide.

 

Les inconvénients des robots chirurgicaux

Mais l’utilisation des robots en chirurgie n’est pas sans inconvénient :

  • Il y a d’abord la taille et l’encombrement : les robots chirurgicaux sont généralement lourds et volumineux. Leur installation implique donc un réaménagement total du bloc opératoire, il faut en plus prévoir un lieu de stockage bien adapté.
  • L’installation d’un robot chirurgical nécessite du temps : entre la préparation du champ opératoire, la configuration de la caméra et l’arrimage du robot au patient, le temps accumulé peut très vite atteindre les 40 minutes. Or, sur une intervention d’urgence, un tel laps de temps peut décider de la survie ou de la mort du patient.
  • L’absence de retour de force : en utilisant un robot, le chirurgien ne ressent pas ce que l’on appelle un retour de force, c’est-à-dire la sensation de résistance ressentie lorsqu’on entre en contact avec une surface quelconque. Cependant, cette absence peut être un vrai handicap, voire même un danger, lorsqu’il s’agira de manipuler des tissus fragiles.
  • Le coût : si les chirurgies robotiques ne sont pas aujourd’hui proposées tous les grands hôpitaux, c’est parce que l’installation d’un robot chirurgical implique un investissement conséquent. Pour vous donner une idée de ce que cela représente, sachez qu’un robot da Vinci S coûterait dans les 1 490 000 d’euros, ajoutez à cela un coût de maintenance annuel de 109 000 à 159 000 euros.

Notez que beaucoup de professionnels du monde de la santé doutent encore des réelles efficacités des robots dans la chirurgie. C’est pourquoi ce type d’intervention ne fait pas encore l’objet de reconnaissance particulière auprès de la Sécurité sociale. En effet, aujourd’hui un acte robot-assisté reste remboursé au même titre qu’un acte chirurgical conventionnel.