L’hiver marque le retour des épidémies virales saisonnières qui touchent chaque année des millions de Français. Les virus de l’hiver sont chaque année à l’origine d’épidémies de grippe, de gastro-entérite et de bronchiolite. Pour les seniors de plus de 60 ans, ces infections représentent un risque accru de complications graves, d’hospitalisations et de perte d’autonomie. Comprendre ces virus et leur mode de transmission, particulièrement en lien avec la qualité de l’air intérieur, devient essentiel pour mieux se protéger durant cette période critique.
Les principaux virus hivernaux qui circulent en France
Les infections hivernales ne sont pas toutes identiques. Plusieurs familles de virus cohabitent pendant les mois froids, chacune avec ses particularités et ses risques spécifiques pour les personnes âgées.
Le virus de la grippe saisonnière : l’ennemi invisible
La grippe est une infection virale respiratoire contagieuse à l’origine d’épidémies saisonnières, chaque hiver. L’épidémie 2024-2025 a été particulièrement sévère : Sévérité marquée dans toutes les classes d’âge, avec 29 000 hospitalisations après passage aux urgences pour grippe/syndrome grippal.
Cette saison hivernale se distingue par la co-circulation simultanée des virus A(H1N1)pdm09, A(H3N2) et B/Victoria, rendant le diagnostic et la protection plus complexes. Chez les seniors, les symptômes classiques incluent une fièvre élevée (souvent supérieure à 39°C), des courbatures intenses, une fatigue écrasante et une toux persistante.
La couverture vaccinale antigrippale reste insuffisante : 53,7 % chez les 65 ans ou plus, et 25,3 % chez les moins de 65 ans à risque, alors que cette vaccination pourrait sauver des milliers de vies chaque année.
La gastro-entérite virale : rotavirus et norovirus
Les virus responsables de gastro-entérites, le plus souvent appelés « rotavirus » et « norovirus », provoquent des symptômes digestifs parfois violents. Elle peut entraîner des nausées, une perte d’appétit, des vomissements, des crampes abdominales, des diarrhées importantes, de la déshydratation, de la fièvre, une grande fatigue et des maux de tête.
Pour les personnes âgées, le risque principal reste la déshydratation rapide qui peut nécessiter une hospitalisation. Les épisodes de gastro-entérite se propagent particulièrement vite dans les lieux clos et les établissements collectifs comme les EHPAD.
La bronchiolite et le VRS : pas seulement une maladie de bébé
Si la bronchiolite est bien connue chez les nourrissons, ce virus est potentiellement grave pour les jeunes enfants mais a aussi un impact sur les personnes âgées. Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, on sait maintenant que le VRS peut donner des infections graves.
En France, on estime que 15 000 à 20 000 seniors sont hospitalisés chaque année à cause du VRS, avec plusieurs milliers de décès en raison de cette infection. Face à ce constat, la Haute autorité de Santé recommande de vacciner les plus de 75 ans contre le VRS, le virus respiratoire syncytial, responsable de la bronchiolite.
Le rhume et autres virus respiratoires
Les virus respiratoires sont responsables des rhumes, des rhinopharyngites, des grippes saisonnières, des bronchites et des bronchiolites chez l’enfant. En 2025, la co-circulation de plusieurs virus respiratoires : le rhume (rhinovirus), le virus respiratoire syncytial (VRS) et la Covid-19 complique le diagnostic clinique.
Bien que généralement bénin, le rhume peut affaiblir les défenses immunitaires des seniors et ouvrir la porte à des surinfections bactériennes plus graves comme les pneumonies.
Comment se transmettent les virus hivernaux : comprendre pour mieux se protéger
La transmission des virus hivernaux s’effectue selon trois modes principaux, tous influencés par nos comportements et notre environnement intérieur.
La transmission par gouttelettes respiratoires
Les gouttelettes chargées de virus émises lors de toux, d’éternuements (qui restent en suspension dans l’air) ou par les postillons et la salive de personnes infectées par un virus respiratoire constituent le principal vecteur de contamination. Une simple toux peut projeter des milliers de particules virales dans un rayon de plusieurs mètres.
La transmission par contact avec des surfaces contaminées
Le contact direct des mains d’une personne infectée à une autre personne (par exemple en se serrant la main) ou par le contact d’objets (jouets, doudous, tétines, boutons d’ascenseur, couverts, etc.) contaminés par une personne malade explique la propagation rapide dans les lieux publics et les domiciles.
Les virus peuvent survivre plusieurs heures, voire plusieurs jours, sur des surfaces inertes comme les poignées de porte, les rampes d’escalier ou les claviers d’ordinateur.
La transmission par l’air confiné
Par l’air, surtout lorsqu’une personne malade occupe une pièce fermée et non régulièrement aérée, les virus peuvent se concentrer dans l’atmosphère intérieure. Ce mode de transmission est particulièrement préoccupant en hiver, lorsque nous passons plus de 80% de notre temps dans des espaces clos.
Pollution de l’air intérieur et vulnérabilité aux virus hivernaux
La qualité de l’air que nous respirons chez nous influence directement notre résistance aux infections virales. Ce lien entre santé environnementale et vulnérabilité aux virus hivernaux reste encore trop méconnu.
Pourquoi l’air intérieur est plus pollué en hiver
L’air intérieur est 5 à 10 fois plus pollué que l’air extérieur, un constat alarmant particulièrement vrai pendant la saison froide. Les bactéries et virus de l’hiver apportés à l’intérieur par les habitants eux-mêmes participent à la dégradation de la qualité de l’air.
Les concentrations moyennes des polluants sont plus élevées en hiver qu’en été. En effet, les émissions hivernales augmentent avec la consommation d’énergie, en particulier pour le chauffage. Les conditions météorologiques sont, en outre, plus souvent défavorables à la dispersion des polluants en hiver qu’en été.
L’impact de la pollution intérieure sur le système respiratoire
La pollution de l’air intérieur est un enjeu de santé publique du fait de la diversité des produits ménagers, domestiques, cosmétiques utilisés dans un espace confiné, et de la durée de l’exposition quotidienne (en moyenne 16H par jour, encore plus chez les personnes fragiles).
Une exposition répétée et durable, même à des doses de polluants parfois très faibles, peut aggraver ou être à l’origine de pathologies chroniques ou de maladies graves (maladies et allergies respiratoires, hypersensibilité bronchique, diminution de la capacité respiratoire, cancers…).
L’exposition à la pollution déclenche un stress oxydatif et une inflammation. Cette agression chronique altère les cellules épithéliales et les glandes de la muqueuse bronchique, modifie la perméabilité des cellules épithéliales, et provoque à terme un remodelage bronchique irréversible.
Seniors et pollution : une vulnérabilité accrue
Avec un système immunitaire affaibli et des fonctions pulmonaires réduites, les seniors sont particulièrement sensibles aux effets des polluants de l’air intérieur. L’exposition peut accélérer le déclin cognitif et aggraver les pathologies existantes.
Les personnes âgées font partie des populations vulnérables. Elles ont des systèmes immunitaires affaiblis, et leurs organes respiratoires sont souvent déjà fragilisés par des pathologies chroniques (BPCO, insuffisance cardiaque, diabète).
Cette double exposition – pollution de l’air intérieur et virus hivernaux – crée un terrain favorable aux infections graves et aux complications respiratoires chez les seniors.
Les populations à risque face aux virus hivernaux
Tous les individus ne sont pas égaux face aux infections virales hivernales. Certaines catégories présentent une vulnérabilité particulière nécessitant une vigilance renforcée.
Les personnes âgées de 65 ans et plus
Les virus de l’hiver sont une menace importante surtout pour les enfants et pour les personnes âgées et fragiles, souffrant notamment de maladies cardiaques, pulmonaires ou immunitaires. Avec l’âge, le système immunitaire perd de son efficacité, un phénomène appelé immunosénescence.
60 % des infections invasives à pneumocoque concernent les plus de 65 ans, dont la moitié sans comorbidité, démontrant que l’âge seul constitue un facteur de risque majeur.
Les personnes souffrant de maladies chroniques
Les pathologies chroniques augmentent considérablement le risque de complications lors d’une infection virale :
- Maladies respiratoires chroniques : asthme, bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), insuffisance respiratoire
- Maladies cardiovasculaires : insuffisance cardiaque, coronaropathie, hypertension sévère
- Diabète : particulièrement avec complications rénales ou sous insulinothérapie
- Insuffisance rénale : dialyse chronique ou insuffisance rénale sévère
- Immunodépression : traitements immunosuppresseurs, chimiothérapie, VIH
Les pics de pollution peuvent avoir une influence sur la santé, surtout chez les personnes fragilisées (personnes âgées, malades, enfants…).
Les résidents en établissements collectifs
Depuis l’automne 2024, plus de 4 000 épisodes groupés d’infections respiratoires ont été signalés dans les établissements médico-sociaux, dont une majorité en Ehpad. La grippe en a été la cause principale, suivie par la COVID-19 et le VRS.
La promiscuité et le partage des espaces communs favorisent la transmission rapide des virus dans ces structures d’hébergement collectif.
Les gestes essentiels pour se protéger des virus hivernaux
La prévention repose sur des mesures simples mais efficaces lorsqu’elles sont appliquées rigoureusement au quotidien.
L’hygiène des mains : le geste protecteur numéro un
Le lavage régulier des mains avec du savon pendant au moins 30 secondes constitue la mesure de prévention la plus efficace. Utilisez une solution hydroalcoolique lorsque vous ne disposez pas d’eau et de savon, particulièrement :
- Après avoir toussé, éternué ou vous être mouché
- Avant de préparer les repas et de manger
- Après avoir pris les transports en commun
- Après avoir touché des surfaces potentiellement contaminées
- Avant et après avoir rendu visite à une personne malade
Améliorer la qualité de l’air intérieur
Le plus efficace reste de bien aérer, une habitude que l’on tend à délaisser en hiver pour éviter de refroidir son logement. Pourtant, il est recommandé d’aérer quotidiennement les pièces pendant 10 à 15 minutes, même en période hivernale, afin de renouveler l’air et d’évacuer les substances nocives accumulées.
Conseils pratiques pour un air intérieur plus sain :
- Ouvrez les fenêtres 10 à 15 minutes matin et soir, même par temps froid
- Vérifiez et entretenez régulièrement vos systèmes de ventilation (VMC)
- Évitez de surchauffer votre logement (19-20°C suffisent)
- Limitez l’utilisation de produits ménagers agressifs
- Ne fumez jamais à l’intérieur
- Évitez les bougies parfumées et l’encens
Les gestes barrières au quotidien
Ces réflexes, largement diffusés pendant la pandémie de Covid-19, restent valables pour tous les virus respiratoires :
- Toussez ou éternuez dans votre coude
- Utilisez des mouchoirs à usage unique et jetez-les immédiatement
- Portez un masque si vous êtes malade ou en présence de personnes vulnérables
- Évitez de vous toucher le visage (yeux, nez, bouche)
- Maintenez une distance d’au moins un mètre avec les personnes malades
- Limitez les visites si vous êtes malade ou rendez visite à une personne fragile
Vaccination : votre meilleur allié contre les virus hivernaux
La vaccination représente la stratégie préventive la plus efficace pour les personnes à risque, notamment les seniors.
Le vaccin contre la grippe saisonnière
Le vaccin contre la grippe constitue le moyen de protection le plus efficace. Deux options sont recommandées en priorité aux plus de 65 ans : Efluelda (dose forte) et Fluad (adjuvanté), pour une meilleure efficacité face aux défenses immunitaires parfois moins réactives.
L’efficacité varie mais surtout, la vaccination divise le risque de complications graves. Chaque année, 2 000 vies sauvées chez les seniors grâce à ce geste préventif.
La vaccination antigrippale est gratuite et recommandée pour :
- Toutes les personnes de 65 ans et plus
- Les personnes atteintes de maladies chroniques
- Les femmes enceintes
- Les personnes obèses (IMC ≥ 40)
- L’entourage des nourrissons à risque
- Les professionnels de santé et du secteur médico-social
La vaccination contre le VRS pour les seniors
Nouveauté importante : Les vaccins Arexvy (GSK) et Abrysvo (Pfizer) ont démontré une efficacité notable dans la prévention des infections des voies respiratoires inférieures chez les seniors. Les études montrent une réduction de ces infections de 83 % pour Arexvy et de 67 à 86 % pour Abrysvo.
Cette vaccination est particulièrement recommandée pour les personnes de 75 ans et plus, ainsi que pour celles de 65 à 74 ans présentant des facteurs de risque.
La vaccination contre le pneumocoque
La HAS a tranché : désormais, tous les 65 ans et plus doivent recevoir une dose unique de Prevenar-20, vaccin conjugué couvrant 20 sérotypes. Il remplace les schémas séquentiels complexes, simplifiant ainsi le parcours vaccinal des seniors.
Le rappel Covid-19
Un seul vaccin disponible cette saison : Comirnaty adapté au variant LP.8.1, à base d’ARN messager. Covid-19 : Gratuit pour tous, sans condition ni ordonnance.
Les vaccinations peuvent être réalisées simultanément, permettant une protection optimale en une seule visite chez votre médecin, pharmacien ou infirmier.
Renforcer naturellement ses défenses immunitaires
Au-delà de la vaccination et des gestes barrières, adopter une hygiène de vie saine contribue à renforcer votre système immunitaire face aux agressions virales.
Une alimentation équilibrée et riche en nutriments
Privilégiez les aliments qui soutiennent vos défenses naturelles :
- Fruits et légumes colorés : riches en vitamines C, A et antioxydants (agrumes, kiwis, brocolis, poivrons, carottes)
- Protéines de qualité : viandes maigres, poissons, œufs, légumineuses
- Probiotiques : yaourts, kéfir, choucroute pour la santé intestinale
- Zinc et sélénium : fruits de mer, noix, graines
- Vitamine D : poissons gras, supplémentation si nécessaire (consultez votre médecin)
Une hydratation suffisante
Buvez au moins 1,5 litre d’eau par jour pour maintenir vos muqueuses nasales et respiratoires humides, première barrière contre les virus. Thés, tisanes et bouillons comptent également dans cet apport hydrique.
Un sommeil de qualité
Le sommeil permet la régénération du système immunitaire. Visez 7 à 8 heures de sommeil par nuit dans une chambre fraîche (16-18°C), bien aérée et obscure.
Une activité physique régulière et adaptée
Même en hiver, maintenez une activité physique modérée : marche quotidienne de 30 minutes, gymnastique douce, natation en piscine chauffée. L’exercice stimule la circulation sanguine et renforce le système immunitaire.
La gestion du stress
Le stress chronique affaiblit les défenses immunitaires. Pratiquez la relaxation, la méditation, le yoga ou toute activité qui vous procure du bien-être.
Quand consulter un médecin : reconnaître les signes d’alerte
Certains symptômes nécessitent une consultation médicale rapide, surtout chez les personnes âgées ou fragiles.
Signes d’alerte à ne pas ignorer
Consultez rapidement votre médecin ou appelez le 15 en cas de :
- Fièvre supérieure à 39°C persistant plus de 3 jours
- Difficultés respiratoires, essoufflement au repos
- Douleurs thoraciques
- Confusion mentale, désorientation
- Impossibilité de s’alimenter ou de s’hydrater
- Vomissements répétés ou diarrhées abondantes
- Aggravation brutale de l’état général
- Absence d’amélioration après 48-72 heures
Les complications possibles chez les seniors
Les infections virales peuvent entraîner des complications graves :
- Pneumonie : surinfection bactérienne des poumons
- Décompensation cardiaque : aggravation d’une insuffisance cardiaque
- Déshydratation sévère : particulièrement avec les gastro-entérites
- Exacerbation de BPCO ou d’asthme
- Dénutrition : perte d’appétit prolongée
- Perte d’autonomie : risque de chutes, alitement prolongé
N’attendez pas que les symptômes s’aggravent pour consulter. Une prise en charge précoce permet d’éviter bon nombre de complications.
Le rôle de votre mutuelle senior dans la prévention
Votre complémentaire santé peut vous accompagner dans la prévention des infections hivernales grâce à différentes garanties.
Remboursement des vaccinations
Bien que les vaccins recommandés (grippe, Covid-19) soient gratuits pour les populations à risque, certaines mutuelles proposent des forfaits prévention couvrant d’autres vaccinations ou la participation aux frais de déplacement pour se faire vacciner.
Forfait médecines douces
De nombreuses mutuelles remboursent partiellement les consultations d’ostéopathie, d’acupuncture ou de naturopathie, approches complémentaires pour renforcer le système immunitaire.
Téléconsultation incluse
En cas de premiers symptômes, la téléconsultation permet d’obtenir rapidement un avis médical sans sortir de chez soi, limitant ainsi les risques de contamination et de déplacement par temps froid.
Aides au maintien à domicile
Certaines mutuelles proposent des services d’aide à domicile ou de portage de repas en cas de maladie, facilitant la convalescence des personnes âgées vivant seules.
Passez l’hiver en toute sérénité : adoptez les bons réflexes dès maintenant
Face aux virus hivernaux, la prévention reste votre meilleure arme. En combinant vaccination, gestes barrières, amélioration de la qualité de l’air intérieur et mode de vie sain, vous réduisez considérablement vos risques d’infection et de complications.
N’oubliez pas que la pollution de l’air intérieur aggrave votre vulnérabilité aux virus respiratoires. Aérer régulièrement votre logement, même en hiver, constitue un geste simple mais essentiel pour votre santé environnementale.
Parlez à votre médecin traitant de votre situation personnelle pour établir un plan de prévention adapté à votre état de santé et à vos facteurs de risque. La protection contre les virus hivernaux commence dès l’automne avec la vaccination et se poursuit tout l’hiver avec des gestes quotidiens simples mais efficaces.
Votre mutuelle santé peut également vous accompagner dans cette démarche préventive. N’hésitez pas à vérifier vos garanties et à utiliser les services de prévention mis à votre disposition.