Les névralgies représentent une réalité douloureuse pour de nombreux Français, particulièrement après 50 ans. Ces douleurs intenses, aiguës ou chroniques, localisées au niveau d’un nerf, sont provoquées par une compression, une inflammation ou une lésion du nerf et peuvent impacter fortement la qualité de vie. Face à ces symptômes invalidants, comprendre le parcours de soins adapté et les modalités de remboursement devient essentiel pour bénéficier d’une prise en charge optimale.
Qu’est-ce qu’une névralgie et quels sont les principaux symptômes ?
La névralgie se définit comme une douleur liée à l’atteinte d’un nerf, suivant généralement le trajet de ce nerf. Cette affection neurologique se caractérise par des manifestations douloureuses très particulières qui permettent de la distinguer des douleurs musculaires ou articulaires.
Les manifestations typiques des douleurs névralgiques
Les névralgies peuvent donner des symptômes différents, parmi lesquels on retrouve des douleurs, des sensations de décharge électrique, une paresthésie (sensation de fourmillement). Les patients décrivent fréquemment :
- Des douleurs en décharge électrique brutales et intenses
- Des sensations de brûlure le long du trajet nerveux
- Des picotements ou fourmillements (paresthésies)
- Des douleurs lancinantes évoluant par crises
- Une hypersensibilité au toucher dans la zone affectée
Parfois, les névralgies engendrent des paralysies : c’est généralement un signe d’urgence médicale. Dans ces situations, une consultation rapide s’impose pour éviter des séquelles irréversibles.
Populations à risque et facteurs de vulnérabilité
Les personnes à risque sont les personnes âgées, en raison du risque augmenté de souffrir d’arthrose ou du risque augmenté de chutes. Les sportifs ou les personnes souffrant de maladies chroniques sont également plus à risque de souffrir de névralgies.
Avec l’âge, plusieurs facteurs augmentent la vulnérabilité : l’arthrose cervicale ou lombaire peut comprimer les nerfs, les vertèbres fragilisées favorisent les hernies discales, et la circulation sanguine moins efficace peut affecter l’irrigation nerveuse.
Les différents types de névralgies : localisation et caractéristiques
De nombreux nerfs de l’organisme peuvent être touchés, du nerf facial au nerf sciatique. Les nerfs de la tête peuvent être touchés, et donner des névralgies de type névralgie d’Arnold ou névralgie cervicale. Les nerfs du thorax ou du bassin peuvent également être impactés.
Névralgies de la face et de la tête
Névralgie du trijumeau (névralgie faciale)
La névralgie du nerf trijumeau résulte d’une inflammation ou d’une compression du nerf trijumeau (principal nerf assurant la sensibilité du visage). Elle se manifeste par une décharge électrique intense ressentie au niveau du cuir chevelu, du front, du nez, des mâchoires et des gencives. Les crises durent de quelques secondes à quelques minutes et surviennent en salves.
Cette pathologie assez fréquente touche environ un Français sur 5 000. Dans les deux tiers des cas, il s’agit d’un patient âgé de plus de 60 ans. Les femmes sont les plus touchées.
Névralgie d’Arnold
La névralgie d’Arnold est une atteinte du nerf grand occipital ou nerf d’Arnold. La compression du nerf provoque d’importantes douleurs à la tête pour le patient. Elle se caractérise par une douleur intense et unilatérale en bas du crâne, derrière la tête.
Névralgies cervico-brachiales et du membre supérieur
La névralgie cervico-brachiale, parfois appelée « sciatique du cou » ou « sciatique du bras », est une pathologie douloureuse et handicapante du cou, qui se prolonge jusque dans le bras. Elle correspond à la compression ou à l’irritation d’un nerf du cou, dont le trajet se prolonge le long du bras.
15% de la population est touchée par la névralgie cervico brachiale ! Les personnes de plus de 50 ans sont plus touchés par la NCB. La névralgie cervico-brachiale est toutefois 5 fois plus rare que la sciatique.
Névralgies du tronc et des membres inférieurs
Plusieurs formes de névralgies affectent les membres inférieurs et le bassin :
- La sciatique : causée par une compression du nerf sciatique et entraine des douleurs et une inflammation qui se diffuse le long du nerf
- La cruralgie : liée à la compression ou à l’inflammation du nerf crural (aussi appelé nerf fémoral), elle provoque des douleurs sur le devant de la cuisse qui peuvent aller jusqu’au pied
- La névralgie pudendale : entrainée par une compression du nerf pudendal, cette névralgie entraine des douleurs dans différentes régions du bassin, notamment des douleurs à l’anus qui s’accentuent en position assise
- La névralgie intercostale : se manifeste par une douleur ressentie au niveau du thorax
Quel parcours de consultations pour diagnostiquer une névralgie ?
Le diagnostic d’une névralgie repose sur un parcours de soins coordonné impliquant plusieurs étapes et professionnels de santé. Respecter ce parcours garantit un remboursement optimal par l’Assurance Maladie.
La consultation initiale chez le médecin traitant
La première étape consiste à consulter votre médecin traitant qui procédera à un examen clinique approfondi. Généralement, l’examen clinique suffit à diagnostiquer une névralgie, mais des examens d’imagerie médicale comme le scanner ou l’IRM (imagerie par résonance magnétique) peuvent être réalisés pour étudier la cause exacte de la névralgie : arthrose, présence d’une fracture, traumatisme.
Le médecin traitant évaluera :
- La localisation précise et le trajet de la douleur
- Les caractéristiques des symptômes (type, intensité, fréquence)
- Les facteurs déclenchants ou aggravants
- Les antécédents médicaux pertinents
- La nécessité d’orienter vers un spécialiste
L’orientation vers les spécialistes
Lorsque le médecin traitant suspecte une névralgie cervico-brachiale, il peut orienter son patient vers un spécialiste. Concernant la névralgie cervico brachiale, plusieurs spécialistes peuvent en assurer la prise en charge. Il s’agit selon les cas d’un neurologue, d’un chirurgien neurologue, d’un chirurgien orthopédique du rachis ou encore d’un médecin spécialisé dans la prise en charge de la douleur.
Le neurologue est le médecin spécialiste du cerveau et des nerfs. Plus précisément, il s’occupe des problèmes du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) et du système nerveux périphérique (nerfs).
Pourquoi respecter le parcours de soins coordonnés ?
Il est recommandé de consulter votre médecin traitant qui pourra vous orienter vers un neurologue s’il l’estime nécessaire. Si vous consultez directement ce spécialiste, vous ne respectez pas le parcours de soins et vous êtes moins bien remboursée.
Quels examens complémentaires pour confirmer le diagnostic ?
Après l’examen clinique, plusieurs examens d’imagerie peuvent être prescrits pour identifier précisément la cause de la névralgie et adapter le traitement.
Les examens d’imagerie médicale
La radiographie standard
La radiographie du rachis cervical de face et de profil est prescrite en cas de douleur persistante, non soulagée par un traitement médical simple. Elle permet d’éliminer d’autres causes à l’origine de névralgie cervico-brachiale (fracture du rachis cervical passée inaperçue).
Le scanner ou l’IRM
Le scanner ou l’IRM du rachis cervical est prescrit en cas de persistance des douleurs malgré la modification du traitement médical antalgique, toujours en complément du bilan radiographique. Il permet de visualiser la hernie discale cervicale et la compression de la racine, ainsi qu’un bilan complet des autres disques.
Pour la névralgie du trijumeau, les examens d’imagerie sont toujours nécessaires pour identifier une cause de névralgie du trijumeau. L’examen de référence est l’IRM cérébrale avec injection de produit de contraste, qui a pour objectif de rechercher une cause lésionnelle (tumeur, plaque de sclérose en plaques…) ou de dépister un conflit entre une artère et le nerf lui-même.
Les examens électrophysiologiques
Dans certains cas, des examens complémentaires spécifiques peuvent être réalisés :
- L’électromyogramme (EMG) : cet examen évalue la fonction nerveuse et musculaire, utile pour localiser précisément l’atteinte nerveuse
- L’électroencéphalogramme (EEG) : parfois utilisé pour certaines névralgies crâniennes
Ces examens permettent d’affiner le diagnostic et d’éliminer d’autres pathologies aux symptômes similaires.
Traitements des névralgies : options thérapeutiques et prises en charge
Les traitements sont fonction de la cause de la névralgie. En fonction de la cause différents traitements peuvent être proposés : la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoire, des séances de kinésithérapie, de la chirurgie.
Le traitement médicamenteux de première intention
On recommande généralement la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires pour calmer la douleur. Selon le type et l’intensité de la névralgie, plusieurs catégories de médicaments peuvent être prescrites :
- Antalgiques classiques : paracétamol, anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
- Antalgiques de palier 2 : codéine, tramadol pour les douleurs plus intenses
- Antiépileptiques : la prise en charge de la névralgie du trijumeau repose sur un traitement de fond antiépileptique: carbamazépine ou oxcarbazépine
- Corticoïdes : en cas d’inflammation importante
- Relaxants musculaires : pour détendre les contractures associées
Les traitements non médicamenteux et rééducation
Ce traitement est complété par des séances de kinésithérapie, pour obtenir un soulagement à plus long terme. Les séances de kinésithérapie sont d’une aide précieuse pour le traitement de la névralgie cervico-brachiale.
La kinésithérapie propose plusieurs approches :
- Exercices de renforcement musculaire ciblé
- Mobilisations douces et étirements
- Techniques de décontraction nerveuse
- Correction posturale
- Massages thérapeutiques
Des séances de kinésithérapie et d’ostéopathie peuvent aussi aider à décontracter le nerf. Il est aussi possible dans certains cas de réaliser une chirurgie pour libérer le nerf.
Les traitements interventionnels et chirurgicaux
Lorsque les traitements conservateurs ne suffisent pas, des options plus invasives peuvent être envisagées :
Les infiltrations : injections de corticoïdes au contact du nerf pour réduire l’inflammation
La radiofréquence pulsée : un traitement ciblé et non destructeur qui utilise un courant électrique pulsé à basse température (inférieure à 42°C) pour moduler l’activité du nerf à l’origine de la douleur. Le geste se fait sous guidage radiologique ou scanner. Une fine aiguille est placée au contact du nerf cervical affecté, et une stimulation pulsée est appliquée pendant quelques minutes.
La chirurgie : une solution de dernier recours, qui n’est envisagée qu’en cas d’échec du traitement initial, ou lorsque la névralgie entraîne un déficit moteur important.
Pour la névralgie du trijumeau résistante, un traitement par radiochirurgie au Gamma Knife est proposé. Il s’agit d’une technique d’irradiation très précise réalisée après la pose d’un cadre de stéréotaxique sur le crâne du patient. Ce traitement est non-invasif, mais à l’inconvénient d’avoir des effets retardés dans le temps.
Remboursement des consultations et soins liés aux névralgies
Comprendre les modalités de remboursement est essentiel pour anticiper vos dépenses de santé et choisir une mutuelle adaptée.
Remboursement des consultations spécialisées
Consultation chez le neurologue en secteur 1
Une consultation chez un neurologue conventionné en secteur 1 coûte entre 50 € et 67,50 €. Une consultation chez le neurologue en secteur 1 coûte 50 €, 55 € ou 67,50 € selon le type de suivi. La Sécurité sociale rembourse 70 % du tarif de base, moins 2 € de participation forfaitaire.
Consultation chez le neurologue en secteur 2
Le tarif d’une consultation chez un neurologue conventionné en secteur 2 adhérent à l’OPTAM est en moyenne de 70 €. Le professionnel de santé est autorisé à pratiquer des dépassements d’honoraires, mais de manière maîtrisée : la base de remboursement Sécurité sociale reste par contre identique.
Impact du parcours de soins sur le remboursement
La Sécurité sociale prend en charge 70 % du tarif de base fixé pour les consultations de neurologie, après déduction de la participation forfaitaire de 2 €. Ce remboursement s’applique uniquement si vous respectez le parcours de soins coordonnés, c’est-à-dire si votre médecin traitant vous oriente vers le neurologue. Si vous consultez un neurologue sans passer par votre médecin traitant, la Sécurité sociale réduit son remboursement. Elle applique une retenue de 10,60 € sur le montant remboursé, ce qui alourdit votre reste à charge.
Remboursement des examens complémentaires
Les examens prescrits dans le cadre du diagnostic d’une névralgie sont remboursés par l’Assurance Maladie selon des tarifs conventionnels :
- IRM ou scanner : pris en charge à 70% sur la base du tarif conventionné
- Radiographies : remboursées à 70% du tarif de convention
- Électromyogramme (EMG) : remboursement à 70% avec des tarifs variables selon la complexité (entre 86€ et 190€)
- Électroencéphalogramme (EEG) : pris en charge à 70% sur une base d’environ 130€
Remboursement des séances de kinésithérapie
Les séances de kinésithérapie prescrites pour traiter une névralgie sont remboursées à 60% du tarif conventionnel par l’Assurance Maladie. Une mutuelle de qualité complètera cette prise en charge pour réduire votre reste à charge, particulièrement important si plusieurs séances hebdomadaires sont nécessaires.
Prise en charge à 100% dans certains cas
En cas d’Affection de longue durée (ALD) reconnue ou si vous bénéficiez de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), la consultation chez le neurologue est remboursée à 100 % du tarif conventionnel.
Certaines névralgies chroniques invalidantes peuvent justifier une demande d’ALD auprès de votre médecin traitant, ce qui améliorerait significativement votre prise en charge.
Choisir une mutuelle adaptée pour les névralgies
Face aux coûts parfois élevés des consultations spécialisées, examens et traitements, disposer d’une mutuelle santé performante devient indispensable pour les seniors souffrant de névralgies.
Les garanties essentielles à vérifier
Pour une prise en charge optimale de vos névralgies, votre mutuelle devrait offrir :
- Remboursement des spécialistes : au minimum 150% à 200% de la base de remboursement Sécurité sociale pour couvrir les dépassements d’honoraires
- Examens d’imagerie : forfait annuel confortable pour les IRM, scanners et radiographies (200€ à 500€ selon les contrats)
- Kinésithérapie : prise en charge renforcée des séances, idéalement sans limitation du nombre annuel
- Médecines douces : certaines mutuelles remboursent l’ostéopathie et l’acupuncture, utiles en complément
- Hospitalisation : en cas de chirurgie nécessaire, forfait hospitalier et chambre particulière
Comparer pour trouver le meilleur rapport qualité-prix
Les cotisations mensuelles pour une mutuelle senior adaptée aux pathologies chroniques varient généralement entre 80€ et 150€ selon votre âge et le niveau de garanties. Il est recommandé de :
- Utiliser un comparateur de mutuelles en ligne pour évaluer plusieurs offres
- Vérifier les délais de carence (période sans remboursement après souscription)
- Privilégier les contrats labellisés « Senior » avec garanties renforcées
- Lire attentivement les exclusions et limitations de chaque contrat
- Considérer les services additionnels (téléconsultation, réseau de soins, tiers payant)
Vivre au quotidien avec une névralgie : conseils pratiques
Au-delà des traitements médicaux, adopter certaines habitudes de vie peut aider à mieux gérer les douleurs névralgiques et prévenir les crises.
Adapter son environnement et ses activités
Pour limiter les facteurs déclenchants :
- Éviter les positions prolongées qui compriment les nerfs
- Aménager son poste de travail de manière ergonomique
- Pratiquer des activités physiques douces adaptées (natation, marche)
- Gérer le stress par des techniques de relaxation
- Maintenir un poids santé pour réduire la pression sur les structures nerveuses
Techniques de soulagement complémentaires
Plusieurs approches peuvent apporter un soulagement :
- Application de chaud ou froid : selon le type de névralgie et la réponse individuelle
- Techniques de respiration : pour gérer la douleur lors des crises
- Neurostimulation électrique transcutanée (TENS) : dispositif prescrit par certains neurologues
- Soutien psychologique : face à l’impact des douleurs chroniques sur la qualité de vie
Passez à l’action : optimisez votre prise en charge
Face à une névralgie, une approche proactive et organisée maximise vos chances de soulagement et minimise vos dépenses de santé.
Les démarches prioritaires
En cas de symptômes évocateurs :
- Consultez rapidement votre médecin traitant pour un premier diagnostic
- Respectez le parcours de soins coordonnés pour optimiser vos remboursements
- Conservez tous vos documents médicaux (ordonnances, comptes-rendus d’examens)
- Notez l’évolution de vos symptômes dans un carnet de suivi
- Suivez rigoureusement le traitement prescrit et signalez tout effet secondaire
Pour optimiser votre couverture santé :
- Évaluez votre mutuelle actuelle face à vos besoins réels
- Comparez plusieurs devis de mutuelles seniors spécialisées
- Vérifiez votre éligibilité à une ALD si votre névralgie est chronique
- Renseignez-vous sur la Complémentaire Santé Solidaire si vos revenus sont modestes
- Anticipez les dépenses prévisibles pour éviter les mauvaises surprises
Ressources et accompagnement
Plusieurs organismes peuvent vous accompagner :
- Votre CPAM : pour toute question sur vos droits et remboursements
- Les associations de patients : soutien, partage d’expériences et informations
- Les centres anti-douleur : pour les névralgies chroniques résistantes
- Le service social de votre caisse : aide aux démarches administratives
N’oubliez pas : une névralgie bien diagnostiquée et correctement prise en charge peut connaître une amélioration significative. Votre mutuelle santé est un partenaire essentiel dans ce parcours de soins, assurez-vous qu’elle réponde pleinement à vos besoins spécifiques.