L’insomnie touche de nombreux Français, particulièrement les seniors. Face aux troubles du sommeil, le zopiclone figure parmi les traitements les plus prescrits en France. Mais comment fonctionne ce médicament ? Quel est son taux de remboursement par la Sécurité sociale et votre mutuelle ? Quelles précautions prendre, surtout après 65 ans ? Ce guide complet répond à toutes vos questions sur le zopiclone, de la prescription au remboursement, en passant par les alternatives possibles.
Qu’est-ce que le zopiclone et comment agit-il ?
Le zopiclone appartient à la famille chimique des cyclopyrrolones et est apparenté à la classe des benzodiazépines. Il possède une activité pharmacodynamique qualitativement semblable à celle des autres composés de cette classe : myorelaxante, anxiolytique, sédative, hypnotique, anticonvulsivante et amnésiante.
Le zopiclone est un hypnotique de la famille des cyclopyrrolones, apparentée aux benzodiazépines. Il est utilisé dans le traitement de l’insomnie passagère. Ce médicament facilite l’endormissement et améliore la qualité du sommeil en agissant sur les récepteurs GABA du système nerveux central.
Les différentes formes et dosages disponibles
Le zopiclone est disponible sous forme de comprimés pelliculés sécables, commercialisés sous plusieurs noms (Imovane, génériques). Les dosages principaux sont :
- 7,5 mg : dose standard pour l’adulte
- 3,75 mg : dose adaptée aux personnes de plus de 65 ans et aux populations à risque
La dose recommandée chez l’adulte est de 7,5 mg (un comprimé). Elle ne doit pas être dépassée. Pour les sujets âgés, les insuffisants hépatiques et les insuffisants respiratoires chroniques, débuter le traitement par une dose de 3,75 mg, soit un demi-comprimé.
Quel est le remboursement du zopiclone par la Sécurité sociale et les mutuelles ?
La prise en charge du zopiclone a évolué ces dernières années, avec une révision à la baisse de son taux de remboursement.
Taux de remboursement de la Sécurité sociale
Le taux de remboursement des hypnotiques est passé de 65 % à 15 %. La Sécurité Sociale rembourse le zopiclone à 15 % de sa base de remboursement fixée à 2,94 €. Vous serez donc remboursé de 0,44 €.
Cette baisse de remboursement fait suite à la réévaluation du service médical rendu (SMR) par la Haute Autorité de Santé. Sur une longue période, la faible efficacité de ces substances sur la durée du sommeil, leurs effets délétères et le mésusage constaté ont conduit la Commission de la transparence à conclure à un intérêt thérapeutique limité de ces médicaments.
Le rôle de votre mutuelle santé
Le médicament zopiclone est un médicament à service médical rendu ‘faible’ et est remboursé à hauteur de 15% par la Sécurité sociale s’il a été prescrit par un médecin. Les mutuelles santé responsables (95% des contrats sur le marché aujourd’hui) ne sont pas obligées de rembourser ce type de médicament.
Il est donc essentiel de vérifier votre contrat de mutuelle pour connaître précisément la prise en charge des médicaments à SMR faible. Certaines complémentaires santé proposent néanmoins un remboursement partiel ou total du ticket modérateur.
Prix et franchise médicale
Prix hors honoraire de dispensation : 1,92 €. Honoraire de dispensation : 1,02 €. Prix honoraire compris : 2,94 €. À noter que la franchise médicale de 1€ (depuis le 31/03/2024) s’applique pour chaque boite de médicament, et comme la franchise médicale ne peut pas dépasser le montant de remboursement par la Sécurité sociale, vous ne serez pas remboursé par la Sécurité sociale pour ce médicament si vous êtes soumis à la participation forfaitaire de 1€.
Consultation médicale et prescription : le parcours de soins
L’obtention de zopiclone nécessite obligatoirement une consultation médicale et une prescription.
Qui peut prescrire le zopiclone ?
Seuls les médecins généralistes et les psychiatres sont habilités à prescrire des somnifères. Après avoir échangé avec vous durant la consultation, ils peuvent, s’ils le jugent nécessaire, vous délivrer une ordonnance.
Les troubles du sommeil sont un symptôme fréquent qui nécessite préalablement à toute prescription médicamenteuse un bilan étiologique visant écarter toute pathologie organique ou psychiatrique qui relève d’autres traitements et qui pourrait s’aggraver sous hypnotiques.
Durée de validité de l’ordonnance
Le médicament zopiclone est un médicament à prescription obligatoire : il ne peut donc pas être obtenu sans ordonnance. L’ordonnance est limitée à 4 semaines de traitement maximum, conformément aux recommandations de durée de traitement.
Examens et consultations de suivi
Le médecin traitant doit proposer une consultation dédiée aux plaintes du sommeil de son patient, notamment quant celui-ci demande un renouvellement d’ordonnance. Cette consultation sera l’occasion de rechercher avec lui les causes de ses difficultés à dormir, de déterminer si elles sont chroniques ou non, le retentissement sur sa vie quotidienne, et d’apprécier l’intérêt ou non de prescrire un somnifère.
Le médecin peut orienter vers un spécialiste si nécessaire : psychiatre, spécialiste du sommeil dans un centre d’exploration du sommeil, cardiologue…
Posologie et durée de traitement recommandées
Le respect de la posologie et de la durée de traitement est essentiel pour limiter les risques.
Quelle dose prendre ?
Pour les patients âgés de plus de 65 ans : la posologie recommandée est de 3,75 mg par jour et ne peut être qu’exceptionnellement portée à 7,5 mg. Dans tous les cas, la posologie ne doit pas dépasser 7,5 mg par jour.
Le traitement doit être pris immédiatement avant le coucher. Il est important de s’assurer de pouvoir disposer d’au moins 7 à 8 heures de sommeil ininterrompu après la prise.
Durée maximale du traitement
Le traitement par la zopiclone doit être aussi bref que possible. La durée du traitement varie généralement de quelques jours à 2 semaines avec un maximum de 4 semaines, y compris la période de réduction de la posologie.
La durée du traitement doit être présentée au patient : 2 à 5 jours en cas d’insomnie occasionnelle (comme par exemple lors d’un voyage) ; 2 à 3 semaines en cas d’insomnie transitoire (comme lors de la survenue d’un événement grave).
Effets secondaires et précautions chez les seniors
Les personnes âgées sont particulièrement exposées aux effets indésirables du zopiclone.
Effets secondaires fréquents
Les effets secondaires les plus courants incluent :
- Altération du goût (goût amer ou métallique)
- Bouche sèche
- Somnolence diurne
- Baisse de vigilance
- Maux de tête
- Vertiges
Le somnifère zopiclone peut conduire à des effets secondaires pouvant se révéler gênants, en particulier chez les personnes âgées. Les effets secondaires du zopiclone sont exacerbés chez les personnes âgées ou celles atteintes d’une pathologie rénale ou hépatique. Ils pourraient causer des fractures de la hanche plus facilement en cas de chutes, une augmentation du risque d’accident de voiture en raison de la prolongation de l’effet sédatif ou encore des idées délirantes.
Risques spécifiques aux personnes âgées
Chez des personnes âgées ou souffrantes d’insuffisance hépatique, la demi-vie peut s’allonger considérablement. Lors de prises répétées, le médicament ou ses métabolites atteignent le plateau d’équilibre beaucoup plus tard et à un niveau beaucoup plus élevé.
Ce médicament expose à un risque de chute chez la personne âgée ayant l’habitude de se lever la nuit. Un réveil nocturne après la prise du médicament peut entraîner des troubles de la mémoire, parfois angoissants.
Dépendance et syndrome de sevrage
Les benzodiazépines peuvent favoriser des troubles de la mémoire, des chutes, une dépendance. Les benzodiazépines peuvent engendrer rapidement une dépendance physique et psychique. Les personnes qui en sont dépendantes consomment des benzodiazépines au long cours bien que seuls leurs effets indésirables persistent, sans efficacité sur les symptômes pour lesquels elles avaient été initialement prescrites.
Alternatives et approches non médicamenteuses pour mieux dormir
Avant d’envisager un traitement médicamenteux, ou pour accompagner le sevrage du zopiclone, plusieurs approches existent.
Thérapies cognitivo-comportementales
Dans le cadre d’une démarche d’arrêt des somnifères pour retrouver un sommeil naturel, les thérapies cognitivo-comportementales ont fait la preuve de leur efficacité.
La médication s’avère beaucoup moins efficace qu’une thérapie cognitivo-comportementale par exemple. Plus saine et reconnue par la Haute Autorité de Santé, elle n’entraîne pas d’effet indésirable et fonctionne sur la durée.
Règles d’hygiène du sommeil
Pour retrouver un sommeil de qualité, il est nécessaire de respecter quelques règles d’hygiène de vie et de sommeil. Celles-ci peuvent être adaptées au rythme et au style de vie de chaque patient et sont à discuter avec le médecin.
Voici les principales recommandations :
- Respecter des horaires de coucher et de lever réguliers
- Éviter les siestes prolongées (maximum 30 minutes avant 16 heures)
- Pratiquer une activité physique en journée
- Limiter les excitants (café, thé, alcool) en fin de journée
- Éviter les écrans avant le coucher
- Créer une chambre propice au sommeil (calme, sombre, température autour de 18°C)
Autres traitements possibles
Si l’insomnie persiste plus de 3 mois sans amélioration et a un impact important sur le déroulé de la journée, un traitement médicamenteux est possible en seconde intention : l’hypnotique daridorexant dont la propriété est de diminuer l’éveil, est désormais autorisé. Le traitement est évalué par le médecin après 3 mois et il est arrêté s’il est inefficace.
Arrêt du zopiclone : comment procéder en toute sécurité
L’arrêt du zopiclone doit toujours être progressif et encadré médicalement.
Modalités d’arrêt progressif
L’arrêt doit être toujours progressif, par paliers, sur une durée de quelques semaines ou de quelques mois. La mise en place de la stratégie d’arrêt doit s’accompagner d’une consultation de suivi une semaine après la première diminution de dose, puis à chaque diminution, de façon plus espacée lorsque la réduction de la posologie se fait sans difficulté.
Symptômes de sevrage possibles
Il convient d’informer d’emblée le patient de la durée limitée du traitement et des modalités d’arrêt progressif de celui-ci. Il est également important d’avertir le patient de la possibilité du phénomène de rebond afin de minimiser l’anxiété qui pourrait découler des symptômes associés à l’interruption du traitement.
Les symptômes de sevrage peuvent inclure : anxiété, insomnie rebond, maux de tête, douleurs musculaires, irritabilité, confusion, voire dans de rares cas hallucinations ou convulsions.
Accompagnement médical du sevrage
Le médecin peut s’appuyer sur le questionnaire ECAB qui implique que le patient s’interroge sur sa consommation et exprime son ressenti. La proposition d’arrêt peut ne pas être acceptée par le patient. Il est alors recommandé de la renouveler lors d’une consultation ultérieure et d’éviter le stress d’une situation d’arrêt imposée qui, réactivant l’angoisse, risque de fragiliser le patient.
Optimisez votre protection santé pour une meilleure prise en charge
Face à la faible prise en charge du zopiclone par la Sécurité sociale, une bonne mutuelle santé devient essentielle.
Vérifiez les garanties de votre contrat
Examinez attentivement votre contrat de complémentaire santé pour vérifier :
- Le taux de remboursement des médicaments à SMR faible
- L’existence d’un forfait annuel pour les médicaments peu ou non remboursés
- Les modalités de remboursement (pourcentage ou forfait)
- La prise en charge des consultations de spécialistes (psychiatre, spécialiste du sommeil)
Les mutuelles responsables (95% des contrats) ne sont pas tenues de rembourser les médicaments à SMR faible, mais certaines le font tout de même partiellement.
Comparez les offres pour les seniors
Si vous êtes senior et que vous avez des besoins spécifiques en matière de sommeil et de consultations médicales, privilégiez une mutuelle offrant :
- Un bon remboursement des consultations médicales (généralistes et spécialistes)
- Une prise en charge des thérapies alternatives (psychothérapie, sophrologie)
- Un forfait prévention ou médecines douces
- Des garanties hospitalières renforcées en cas de complications
N’hésitez pas à solliciter plusieurs devis pour comparer les garanties et trouver le contrat le plus adapté à votre situation et à votre budget.