Interruption de Grossesse : Tout Savoir sur le Remboursement et la Prise en

L'interruption de grossesse, qu'elle soit volontaire (IVG) ou médicale (IMG), bénéficie d'une prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie depuis 2016. Découvrez les conditions de remboursement, les tarifs forfaitaires et le rôle de votre complémentaire santé dans ce guide complet.

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Sylvie Bernard

Conseillere Protection Sociale

Mis à jour :
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Information Santé

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin pour des conseils personnalisés.

Interruption de Grossesse : Tout Savoir sur le Remboursement et la Prise en
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Points clés à retenir

Depuis la loi Veil de 1975 et les évolutions législatives successives, l’IVG est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie et cette prise en charge est assortie d’une dispense totale d’avance de frais. Cette garantie d’accès aux soins s’inscrit dans une démarche de santé publique visant à protéger les droits des femmes. Comprendre les modalités de remboursement, les tarifs applicables et le rôle éventuel de votre complémentaire santé est essentiel pour aborder cette situation en toute sérénité.

Que vous soyez concernée directement ou que vous souhaitiez vous informer sur ce dispositif de santé publique, cet article détaille l’ensemble des aspects financiers et pratiques liés aux interruptions de grossesse en France. Nous aborderons aussi bien l’IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) que l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse), deux procédures distinctes mais toutes deux intégralement prises en charge.

Qu’est-ce qu’une interruption de grossesse et quelles sont les différences entre IVG et IMG ?

Il existe deux types d’interruptions de grossesse en France, régies par des cadres légaux distincts et répondant à des situations différentes.

L’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG)

En France, toute femme, majeure ou mineure, peut choisir d’interrompre sa grossesse (IVG ou avortement). Une femme enceinte, qui ne souhaite pas poursuivre sa grossesse, peut demander une interruption volontaire de grossesse (IVG) également appelé avortement. Elle est seule juge de sa situation : elle seule peut donc en faire la demande. Cette liberté de recourir à l’avortement a été inscrite dans la Constitution française en mars 2024, faisant de la France le premier pays au monde à reconnaître ce droit constitutionnel.

L’IVG médicamenteuse est possible jusqu’à la fin de la 7e semaine de grossesse soit 9 semaines après le début des dernières règles, que l’IVG médicamenteuse soit pratiquée en établissement de santé ou en ville (hors hôpital). L’IVG instrumentale (par dilatation du col et aspiration du contenu de l’utérus) peut être réalisée jusqu’à la fin de la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles.

L’Interruption Médicale de Grossesse (IMG)

L’interruption médicalisée de grossesse (IMG) est une interruption de grossesse pratiquée pour des raisons médicales concernant le fœtus ou la mère, sans restriction de délai. Elle peut être réalisée, quelle que soit la date d’accouchement prévue : si la grossesse met gravement en danger la santé de la femme enceinte ; s’il y a une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une affection d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.

Contrairement à l’IVG, l’IMG nécessite l’avis d’une équipe médicale pluridisciplinaire et peut être pratiquée à tout moment de la grossesse, y compris après le délai légal de l’IVG.

Quel est le remboursement de l’IVG par l’Assurance Maladie ?

La loi de modernisation de notre système de santé du 26 janvier 2016 prévoit la prise en charge à 100% de l’ensemble du parcours de soins liés à l’IVG, incluant les consultations préalables et de suivi, ainsi que les actes techniques (biologie notamment). Cette évolution majeure garantit l’accès gratuit à l’avortement pour toutes les femmes.

Les tarifs forfaitaires de l’IVG médicamenteuse

L’IVG médicamenteuse est remboursée par l’Assurance maladie à 100 % avec des tarifs fixés pour chaque étape par l’arrêté du 1er mars 2024 modifiant l’arrêté du 26 février 2016 relatif aux forfaits afférents à l’interruption volontaire de grossesse.

Les tarifs varient selon le lieu de réalisation :

  • En cabinet de ville : l’IVG est remboursée par la Sécurité sociale à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé entre 187,92 euros et 193,16 euros
  • En établissement de santé : le coût est remboursé à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire fixé à 282,91 €

Les tarifs forfaitaires de l’IVG instrumentale

L’IVG instrumentale, également appelée chirurgicale, nécessite une intervention en établissement de santé. Pour l’IVG instrumentale, le coût est remboursé par l’Assurance Maladie à 100 % sur la base d’un tarif forfaitaire compris entre 463,25 € et 664,05 €, en fonction de l’établissement de santé (hôpital ou clinique conventionnée), du type d’anesthésie (locale ou générale) et de la durée de l’hospitalisation.

Les actes associés pris en charge

Les examens biologiques et les échographies intervenant avant et après l’IVG peuvent être réalisés, sur prescription médicale, par des laboratoires de biologie médicale et centres d’imagerie en ville et sont remboursés à 100 % sans dépassements d’honoraires possibles.

Tous les actes du parcours IVG sont inclus dans la prise en charge :

  • Les consultations médicales préalables
  • L’entretien psycho-social (obligatoire pour les mineures, proposé aux majeures)
  • Les analyses biologiques
  • Les échographies
  • L’acte d’IVG lui-même
  • La consultation de contrôle

Remboursement de l’IMG : quelles sont les modalités ?

L’Interruption Médicale de Grossesse bénéficie également d’une prise en charge intégrale par l’Assurance Maladie. Contrairement à l’IVG, l’IMG est toujours réalisée en établissement de santé et nécessite une procédure médicale spécifique.

Conditions d’accès à l’IMG

L’IMG peut être envisagée dans deux situations distinctes :

  1. Pour préserver la santé de la mère : lorsque la poursuite de la grossesse met gravement en péril sa santé physique ou mentale
  2. En cas d’affection fœtale grave : lorsqu’il existe une forte probabilité que l’enfant à naître soit atteint d’une pathologie d’une particulière gravité reconnue comme incurable

l’IMG peut être pratiquée à tout moment de la grossesse. La procédure de décision d’IMG dépend du motif (santé de la mère ou de l’enfant).

La procédure de décision médicale

La demande d’IMG est examinée par une équipe médicale pluridisciplinaire qui comprend au minimum deux médecins. Pour les affections fœtales, l’équipe relève d’un Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal (CPDPN). La femme enceinte peut demander à être entendue par l’équipe avant la décision et doit donner son accord pour la réalisation de l’IMG.

Prise en charge financière de l’IMG

Comme pour l’IVG, l’IMG est intégralement prise en charge par l’Assurance Maladie à 100%, incluant l’hospitalisation, l’intervention médicale, l’anesthésie et tous les soins associés. Le forfait hospitalier est également pris en charge sans reste à charge pour la patiente.

Quel est le rôle de la complémentaire santé dans le remboursement ?

Depuis 2016, l’IVG est remboursée par la Sécurité sociale à 100% depuis 2016. Depuis la date du 1er avril 2016, tous les actes liés à l’interruption volontaire de grossesse sont intégralement remboursés, quel que soit l’âge de la femme et sa possession ou non d’une mutuelle santé.

Intervention limitée de la mutuelle

Comme l’interruption volontaire de grossesse est remboursée à 100 % par la Sécurité sociale, il n’est pas forcément nécessaire de souscrire une mutuelle santé spécifiquement pour une IVG ou une IMG. L’Assurance Maladie couvre l’intégralité du parcours de soins dans le cadre des tarifs conventionnés.

Cas des dépassements d’honoraires

Toutefois, une situation mérite attention : certains praticiens peuvent toutefois pratiquer des dépassements d’honoraires, non remboursés par l’Assurance Maladie. Une complémentaire santé est en mesure de rembourser ces frais supplémentaires.

Il est important de noter que Aucun dépassement d’honoraires ne peut être pratiqué selon les textes réglementaires. Les tarifs forfaitaires sont opposables et tout dépassement peut être considéré comme un refus de soins.

Protection de l’anonymat et confidentialité

Dans tous les cas, la prise en charge de l’IVG est protégée par le secret médical. Cela signifie que ni l’acte d’IVG, ni les actes associés ne figurent sur le décompte de remboursement de la Sécurité sociale afin de préserver la confidentialité vis-à-vis de l’entourage. Cette protection s’applique que vous ayez ou non une complémentaire santé.

Cas particuliers : dispense d’avance de frais

Certaines situations permettent de bénéficier automatiquement du tiers payant, c’est-à-dire d’une dispense totale d’avance de frais.

Bénéficiaires de la dispense d’avance

Les femmes recourant à l’IVG sont dispensées d’avancer les frais si elles sont : mineures non émancipées et sans consentement parental ; bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) ; bénéficiaires de l’aide médicale de l’État (AME).

Pour les autres situations, notamment l’IVG médicamenteuse pratiquée en ville par un médecin ou une sage-femme, une avance de frais peut être demandée, mais elle sera intégralement remboursée par l’Assurance Maladie.

Protection des mineures

Les jeunes filles mineures peuvent accéder à l’IVG de manière anonyme et gratuite, sans autorisation parentale. L’entretien psycho-social est obligatoire pour les mineures et elles doivent être accompagnées d’une personne majeure de leur choix lors de l’intervention.

Parcours de soins : de la consultation à la prise en charge

Le parcours de soins pour une interruption de grossesse suit des étapes précises, toutes prises en charge financièrement.

Les consultations préalables

Deux consultations médicales sont prévues avant l’IVG :

  • Première consultation : information sur les méthodes disponibles, remise d’un dossier-guide, proposition d’un entretien psycho-social
  • Deuxième consultation : recueil du consentement écrit de la femme, prescription de l’IVG

Depuis mars 2022, le délai minimal de réflexion entre ces deux consultations a été supprimé, permettant à chaque femme de déterminer le temps nécessaire à sa décision, dans la limite du délai légal.

L’intervention

Selon la méthode choisie (médicamenteuse ou instrumentale) et le terme de la grossesse, l’IVG peut être réalisée :

  • En cabinet de ville (médecin ou sage-femme)
  • En centre de santé
  • En centre de planification et d’éducation familiale
  • En établissement de santé (hôpital ou clinique)

Le suivi post-intervention

Une consultation de contrôle est prévue entre le 14ème et le 21ème jour après l’IVG pour vérifier que l’interruption est complète et proposer une contraception adaptée. Cette consultation est également remboursée à 100%.

Évolutions législatives et accès aux droits

Le cadre légal de l’interruption de grossesse a considérablement évolué depuis la loi Veil de 1975.

Chronologie des avancées majeures

La loi du 17 décembre 2012 permet quant à elle une prise en charge à 100 % des IVG par l’Assurance maladie. Cette mesure historique a été suivie par l’extension de la prise en charge aux actes associés en 2016.

En 2022, le délai légal d’avortement passe de 12 semaines à 14 semaines, permettant un accès élargi à l’IVG. En 2024, la France inscrit la liberté de recourir à l’avortement dans sa Constitution, cas unique au monde.

Protection juridique

L’entrave à l’IVG constitue un délit puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. Cette protection légale garantit l’accès effectif des femmes à leurs droits.

Ressources et information

Le site officiel IVG.gouv.fr apporte des réponses aux questions que se posent les femmes sur l’avortement. Un numéro vert anonyme et gratuit est disponible : le 0 800 08 11 11, joignable du lundi au samedi.

Passez à l’action : vos droits et votre protection santé

Comprendre vos droits en matière de remboursement des interruptions de grossesse est essentiel, même si vous n’êtes pas directement concernée. Cette connaissance permet d’informer votre entourage et de faire valoir les droits fondamentaux garantis par la loi française.

Points clés à retenir

  • L’IVG et l’IMG sont prises en charge à 100% par l’Assurance Maladie depuis 2016
  • Aucun reste à charge ne doit être appliqué dans le cadre des tarifs conventionnés
  • Les dépassements d’honoraires sont interdits pour ces actes
  • La confidentialité est totalement garantie par le secret médical
  • Les mineures peuvent accéder à l’IVG sans autorisation parentale

Rôle de votre complémentaire santé

Si vous disposez d’une complémentaire santé ou mutuelle, celle-ci n’intervient généralement pas dans le remboursement de l’IVG ou de l’IMG, l’Assurance Maladie couvrant déjà 100% des frais. Toutefois, vérifiez les garanties de votre contrat si des dépassements d’honoraires devaient être pratiqués, bien que ceux-ci soient normalement interdits.

Pour toute question sur votre couverture santé ou vos droits, n’hésitez pas à contacter votre caisse d’Assurance Maladie ou à consulter un professionnel de santé. L’accès à l’information et aux soins est un droit fondamental garanti par la République française.

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Sources et références

  1. 1
    Ameli.fr - Interruption volontaire de grossesse : votre prise en charge
    www.ameli.fr
    Consulté le 2024
  2. 2
    IVG.gouv.fr - Les tarifs forfaitaires de l'IVG
    ivg.gouv.fr
    Consulté le 2024
  3. 3
    Service-Public.fr - Interruption médicale de grossesse (IMG)
    www.service-public.fr
    Consulté le 2024
  4. 4
    Ministère de la Santé - Loi relative à l'interruption volontaire de grossesse
    sante.gouv.fr
    Consulté le 2024
  5. 5
    Légifrance - Arrêté du 1er mars 2024 relatif aux forfaits IVG
    www.legifrance.gouv.fr
    Consulté le 2024

Questions fréquentes

4 questions
Oui, depuis le 1er avril 2016, l'IVG est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie, incluant toutes les consultations, examens et l'intervention elle-même. Aucun reste à charge ne doit être appliqué. Les tarifs forfaitaires vont de 187,92€ à 664,05€ selon la méthode et le lieu, mais sont entièrement remboursés. De plus, la prise en charge est assortie d'une dispense d'avance de frais pour les mineures, les bénéficiaires de la CSS et de l'AME.
Non, vous n'avez pas besoin de mutuelle pour bénéficier d'une IVG gratuite. L'Assurance Maladie prend en charge 100% des frais dans le cadre des tarifs conventionnés. Une complémentaire santé pourrait uniquement intervenir en cas de dépassements d'honoraires, mais ceux-ci sont normalement interdits pour les actes liés à l'IVG. Que vous ayez ou non une mutuelle, votre IVG sera intégralement remboursée.
L'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) peut être demandée par toute femme ne souhaitant pas poursuivre sa grossesse, jusqu'à 14 semaines de grossesse (16 semaines d'aménorrhée). L'IMG (Interruption Médicale de Grossesse) est réalisée pour des raisons médicales graves concernant la santé de la mère ou du fœtus, sans limite de délai. L'IMG nécessite l'avis d'une équipe médicale pluridisciplinaire. Les deux sont prises en charge à 100% par l'Assurance Maladie.
La prise en charge de l'IVG est protégée par le secret médical. Ni l'acte d'IVG, ni les actes associés ne figurent sur le décompte de remboursement de la Sécurité sociale envoyé à domicile, afin de préserver la confidentialité vis-à-vis de l'entourage. Les mineures peuvent accéder à l'IVG sans autorisation parentale et de manière totalement anonyme. Un numéro vert anonyme (0 800 08 11 11) est disponible pour toute information.

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Sylvie Bernard
✍️ À propos de l'auteur

Sylvie Bernard

Conseillere Protection Sociale

Conseillère en protection sociale depuis 16 ans, spécialisée dans l'accompagnement des seniors. Experte des droits des assurés et de la réglementation mutualiste. Elle aide les seniors à faire valoir leurs droits et à optimiser leur couverture santé.

16 ans d'expérience Protection sociale