Dépakine : À Quoi Sert ce Médicament et Comment l'Utiliser en Toute

La Dépakine est un médicament antiépileptique majeur dont l'usage nécessite une surveillance médicale stricte. Découvrez ses indications thérapeutiques, son remboursement par l'Assurance Maladie, et surtout les précautions essentielles à connaître, notamment pour les femmes en âge de procréer.

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Laura Simon

Pharmacienne

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Information Santé

Cet article est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin pour des conseils personnalisés.

Dépakine : À Quoi Sert ce Médicament et Comment l’Utiliser en Toute
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Points clés à retenir

La Dépakine (valproate de sodium) est l’un des antiépileptiques les plus prescrits en France depuis sa commercialisation dans les années 1960. Ce médicament est utilisé pour le traitement des différentes formes d’épilepsie chez l’adulte et l’enfant âgé de plus de 6 ans. Si son efficacité thérapeutique est reconnue, son utilisation nécessite aujourd’hui des précautions renforcées et une surveillance médicale stricte.

Qu’est-ce que la Dépakine et à quoi sert-elle ?

Composition et principe actif

La Dépakine est un médicament à base de valproate de sodium (substance active), utilisé pour soigner les crises d’épilepsie. Ce médicament appartient à la famille des anticonvulsivants non barbituriques. Le valproate de sodium agit sur le système nerveux central en régulant l’activité électrique du cerveau, permettant ainsi de prévenir et contrôler les crises épileptiques.

Indications thérapeutiques principales

La Dépakine est utilisée chez l’enfant et l’adulte pour le traitement des épilepsies généralisées (crise épileptique tonique, syndrome de Lennox-Gastaut, crise épileptique atonique, crise épileptique clonique, crise épileptique myoclonique et tonico-clonique) et des épilepsies partielles. Le médicament peut être prescrit en monothérapie (traitement unique) ou en association avec d’autres antiépileptiques.

Chez l’enfant, il est également utilisé pour le traitement préventif des convulsions liées à la fièvre lorsque les benzodiazépines se sont montrées inefficaces. Le divalproate de sodium (Dépakote) et le valpromide (Dépamide) sont par ailleurs indiqués en deuxième intention dans les troubles bipolaires.

Formes pharmaceutiques disponibles

La Dépakine existe sous plusieurs formes pour s’adapter aux besoins de chaque patient :

  • Comprimés gastro-résistants : 200 mg et 500 mg, à avaler sans croquer
  • Dépakine Chrono : comprimés à libération prolongée de 500 mg, une formulation qui réduit les pics de concentration plasmatique et assure des concentrations plasmatiques plus régulières
  • Sirop : 57,64 mg/ml, adapté aux enfants
  • Solution buvable : 200 mg/ml
  • Solution injectable : pour usage hospitalier

Comment se faire rembourser la Dépakine ?

Taux de remboursement par la Sécurité sociale

La Dépakine est prise en charge par la Sécurité sociale, à hauteur de 65%. Le médicament est inscrit sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux et nécessite une ordonnance obligatoire (Liste II).

La Sécurité sociale rembourse la Dépakine à 65% de sa base de remboursement fixée à 6,26 €, soit un remboursement de 4,07 € pour la présentation Dépakine 500 mg (boîte de 40 comprimés). Le reste à charge pour le patient correspond donc à environ 2 euros par boîte, auxquels s’ajoutent les honoraires de dispensation du pharmacien.

Conditions de prescription et de délivrance

Il est recommandé que le traitement par valproate soit instauré et surveillé par un médecin spécialiste expérimenté dans la prise en charge de l’épilepsie. Cette exigence garantit un suivi médical adapté et une évaluation régulière du rapport bénéfice-risque.

Pour les femmes en âge de procréer et les jeunes filles, la prescription est soumise à des conditions strictes. La délivrance en pharmacie nécessite la présentation d’un formulaire d’accord de soins signé par le médecin prescripteur et la patiente, attestant que l’information sur les risques a bien été délivrée et comprise.

Rôle de la mutuelle santé

La part non remboursée par l’Assurance Maladie peut être prise en charge par votre complémentaire santé. Les mutuelles remboursent généralement selon deux modalités : en forfait annuel ou en pourcentage de la base de remboursement de la Sécurité sociale.

Pour les seniors sous traitement antiépileptique au long cours, il est recommandé de vérifier que votre mutuelle offre une bonne couverture pour les médicaments prescrits sur ordonnance. Certains contrats proposent un remboursement à 100% de la base de remboursement, ce qui permet de réduire significativement le reste à charge.

Génériques du valproate de sodium : quelles alternatives ?

Les médicaments génériques disponibles

Depuis l’expiration du brevet, plusieurs génériques du valproate de sodium sont commercialisés en France. Ces médicaments contiennent la même substance active que la Dépakine et présentent la même efficacité thérapeutique. Parmi les spécialités disponibles, on trouve :

  • Valproate de sodium Zentiva (arrêt de commercialisation en 2018)
  • Valproate de sodium Mylan
  • Valproate de sodium EG
  • D’autres génériques selon les approvisionnements

Ces génériques sont soumis aux mêmes conditions de prescription et de surveillance que le médicament princeps. Leur remboursement par la Sécurité sociale s’effectue également à hauteur de 65%.

Peut-on substituer la Dépakine par un générique ?

La substitution par un générique est possible et encadrée par la réglementation. Cependant, pour les antiépileptiques, il est recommandé de maintenir la même spécialité une fois l’équilibre thérapeutique atteint. Tout changement de médicament doit être discuté avec le neurologue ou le médecin prescripteur pour éviter les variations de concentration plasmatique qui pourraient entraîner une reprise des crises.

Quels sont les effets secondaires de la Dépakine ?

Effets indésirables fréquents

Comme tout médicament, la Dépakine peut provoquer des effets secondaires. Les plus fréquemment rapportés incluent :

  • Troubles digestifs : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée
  • Troubles neurologiques : tremblements, somnolence, troubles de la mémoire et de l’attention
  • Prise de poids : effet secondaire courant pouvant nécessiter une surveillance diététique
  • Troubles capillaires : chute de cheveux presque toujours passagère
  • Troubles hématologiques : diminution des plaquettes sanguines nécessitant une surveillance

Effets secondaires graves nécessitant une consultation urgente

Certains effets indésirables nécessitent une consultation médicale immédiate :

  • Atteinte hépatique : fatigue, perte d’appétit, abattement, somnolence, nausées, vomissements, douleurs dans le ventre. Le risque d’hépatite grave est particulièrement élevé chez les enfants de moins de 3 ans
  • Pancréatite : douleurs abdominales intenses pouvant être graves
  • Hyperammoniémie : troubles de l’équilibre, léthargie, vomissements
  • Troubles hématologiques sévères : anémie, saignements anormaux

Surveillance médicale nécessaire

Un suivi biologique régulier est indispensable durant le traitement : bilan hépatique, numération formule sanguine, dosage plasmatique du valproate. La fourchette d’efficacité thérapeutique est habituellement comprise entre 40 et 100 mg/l (300 à 700 micromole/l).

Risques majeurs : grossesse et programme de prévention

Le scandale sanitaire de la Dépakine

La Dépakine a été au centre d’un scandale sanitaire majeur en France. Son usage pendant la grossesse a des effets délétères sur la santé de l’enfant à naître, augmentant le risque de troubles du neurodéveloppement dont l’autisme et de malformations congénitales.

Il a été établi que la prise de valproate de sodium durant la grossesse est responsable de malformations chez 2 150 à 4 100 personnes, et de troubles du neurodéveloppement chez 16 600 à 30 400 personnes. Ces chiffres illustrent l’ampleur du problème de santé publique.

Contre-indications absolues chez la femme enceinte

En présence d’alternatives thérapeutiques appropriées, l’utilisation de ce médicament est interdite aux femmes enceintes. Le valproate est dangereux pour l’enfant à naître s’il est pris pendant la grossesse, et expose à un risque dont l’importance augmente avec la dose.

Les risques pour l’enfant incluent :

  • Malformations congénitales : spina bifida, malformations cardiaques, rénales, faciales (11% de risque)
  • Troubles neurodéveloppementaux : autisme, retard intellectuel, troubles de l’apprentissage (jusqu’à 30-40% des cas)
  • Troubles du comportement : hyperactivité, difficultés d’apprentissage

Programme de prévention de la grossesse obligatoire

Chez les femmes en âge de procréer, le traitement par Dépakine ne doit pas être utilisé sauf en cas d’inefficacité ou d’intolérance aux autres traitements. Si aucune alternative n’est possible, un programme strict doit être respecté :

  • Test de grossesse négatif avant l’instauration du traitement
  • Contraception efficace obligatoire pendant tout le traitement
  • Information complète sur les risques via une brochure dédiée
  • Signature d’un formulaire d’accord de soins annuel
  • Réévaluation régulière du traitement (au minimum annuelle)
  • Consultation urgente en cas de projet ou de suspicion de grossesse

Nouveaux risques identifiés : exposition paternelle

Des études récentes ont révélé un risque supplémentaire. Le valproate de sodium peut perturber le développement d’un enfant s’il est pris par le père dans les mois précédant la conception. Cette découverte élargit considérablement le périmètre des précautions à prendre et justifie une information renforcée auprès des hommes traités.

Posologie et modalités d’administration

Comment prendre la Dépakine correctement ?

La Dépakine doit être prescrite de préférence en monothérapie et à la dose minimale efficace. La dose journalière peut être répartie en 2 prises minimum. Pour la formulation Chrono à libération prolongée, une prise unique quotidienne est possible dans le cas d’une épilepsie bien équilibrée.

Les comprimés doivent être avalés entiers, de préférence au cours des repas, sans être écrasés ni croqués. Cette précaution permet de protéger l’estomac et d’assurer une libération optimale du principe actif.

Posologie selon l’âge et le poids

La posologie quotidienne initiale est habituellement de 10-15 mg/kg, puis les doses sont augmentées jusqu’à la posologie optimale. Les doses varient selon l’âge :

  • Nourrissons et enfants : 30 mg par kg (formes sirop ou solution buvable privilégiées)
  • Adolescents et adultes : 20 à 30 mg par kg (formes comprimés préférées)

L’augmentation progressive de la posologie permet de limiter les effets secondaires et d’atteindre la dose optimale en une à deux semaines.

Que faire en cas d’oubli ?

En cas d’oubli d’une prise, ne doublez pas la dose suivante. Prenez la dose dès que vous vous en rendez compte, sauf s’il est presque l’heure de la prise suivante. Dans ce cas, sautez la dose oubliée et reprenez le traitement normalement. Un décalage occasionnel de quelques heures n’est généralement pas problématique pour les formulations à libération prolongée.

Interactions médicamenteuses à connaître

Médicaments contre-indiqués

Certaines associations médicamenteuses sont à éviter absolument :

  • Millepertuis : risque de crise d’épilepsie par diminution de l’effet anticonvulsivant
  • Méfloquine : augmentation du risque de crises épileptiques
  • Carbamazépine : risque de diminution de l’efficacité du valproate

Associations nécessitant une surveillance

D’autres médicaments peuvent interagir avec la Dépakine :

  • Lamotrigine : risque majoré de toxicité, en particulier réactions cutanées graves
  • Aspirine et salicylés : risque d’hépatotoxicité, particulièrement chez l’enfant de moins de 3 ans
  • Autres antiépileptiques : majoration du risque d’atteinte hépatique
  • Zidovudine : augmentation des effets indésirables hématologiques

Alcool et conduite

La prise d’alcool est déconseillée pendant la durée du traitement par Dépakine. L’attention est attirée sur le risque de somnolence, particulièrement en cas de polythérapie anticonvulsivante, rendant dangereuse la conduite de véhicules ou l’utilisation de machines.

Indemnisation des victimes de la Dépakine

Dispositif spécifique mis en place

Face à l’ampleur du scandale sanitaire, un dispositif d’indemnisation a été créé par la loi de finances pour 2017. Ce dispositif d’indemnisation pour les victimes a été créé et sa gestion a été confiée à l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), entré en vigueur le 1er juin 2017.

Qui peut demander une indemnisation ?

Si votre enfant présente des troubles liés à la prise de ce médicament pendant votre grossesse, ou si vous présentez des troubles liés à la prise de ce médicament par votre mère pendant sa grossesse, vous pouvez déposer une demande d’indemnisation auprès de l’ONIAM.

Pour constituer un dossier, vous devez fournir :

  • Preuve de l’exposition au valproate : ordonnances, relevés de remboursement de la Sécurité sociale
  • Dossier médical complet de l’enfant
  • Documents attestant des troubles ou malformations

Procédure d’indemnisation

Dans son avis, le collège d’experts se prononce sur l’imputabilité des dommages à la prescription de valproate de sodium, et précise pour chaque préjudice les circonstances, les causes, la nature et l’étendue des dommages imputables. Le collège dispose d’un délai de 6 mois pour rendre son avis.

L’assistance d’un avocat n’est pas obligatoire mais fortement recommandée compte tenu de la complexité des démarches administratives et de l’enjeu de l’indemnisation.

Votre protection santé avec un antiépileptique au long cours

Importance d’une bonne couverture complémentaire

Pour les personnes épileptiques sous Dépakine ou autre antiépileptique, une mutuelle santé adaptée est essentielle. Au-delà du remboursement du médicament, votre complémentaire doit couvrir :

  • Les consultations spécialisées : neurologue, neuropédiatre (plusieurs fois par an)
  • Les examens complémentaires : EEG, IRM cérébrale, bilans biologiques réguliers
  • Les hospitalisations : en cas de crise sévère ou d’ajustement thérapeutique
  • Les dispositifs médicaux : si nécessaire (casque de protection par exemple)

Critères de choix pour les seniors

Les seniors épileptiques doivent être particulièrement vigilants lors du choix de leur mutuelle. Privilégiez :

  • Un remboursement à 100% ou 150% de la base de remboursement pour les médicaments
  • Une bonne prise en charge des consultations de spécialistes (secteur 2)
  • Des garanties hospitalisation renforcées
  • L’absence de délais de carence pour les affections préexistantes
  • Un service de tiers payant pour limiter l’avance de frais

Déclaration et suivi des effets indésirables

Tout effet indésirable suspecté doit être déclaré. Vous pouvez le faire vous-même sur le portail officiel signalement.social-sante.gouv.fr. Cette déclaration contribue à améliorer la connaissance sur la sécurité du médicament et à protéger l’ensemble des patients.

N’interrompez jamais brutalement votre traitement par Dépakine sans avis médical. Si vous arrêtez de prendre Dépakine Chrono brutalement ou avant que votre médecin ne vous l’ait demandé, vous vous exposez à un risque accru de crises. L’arrêt doit toujours être progressif et supervisé par votre neurologue.

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Sources et références

  1. 1
    Base de données publique des médicaments - Dépakine
    base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr
    Consulté le 2024
  2. 2
    Vidal - Dépakine
    www.vidal.fr
    Consulté le 2024
  3. 3
    ANSM - Résumé des Caractéristiques du Produit Dépakine
    agence-prd.ansm.sante.fr
    Consulté le 2024
  4. 4
    Inserm - Rapport sur les effets de l'exposition intra-utérine à la Dépakine
    www.inserm.fr
    Consulté le 2021
  5. 5
    Ministère de la Santé - Indemnisation des victimes du valproate
    sante.gouv.fr
    Consulté le 2023

Questions fréquentes

5 questions
Oui, la Dépakine est remboursée à hauteur de 65% par l'Assurance Maladie sur présentation d'une ordonnance. Pour la Dépakine 500 mg, cela représente un remboursement d'environ 4,07 € sur une base de 6,26 €. Le reste à charge peut être pris en charge par votre mutuelle santé. Le médicament est inscrit sur la liste des médicaments remboursables et nécessite une prescription obligatoire par un médecin, idéalement un spécialiste de l'épilepsie.
Les effets secondaires fréquents de la Dépakine incluent des troubles digestifs (nausées, vomissements), des tremblements, une somnolence, une prise de poids et une chute de cheveux généralement passagère. Les effets graves nécessitant une consultation urgente sont : atteinte du foie (hépatite), pancréatite, troubles de l'équilibre avec vomissements (hyperammoniémie) et troubles sanguins. Un suivi médical régulier avec bilans biologiques est indispensable pour détecter ces complications.
La Dépakine est contre-indiquée chez la femme enceinte car elle provoque des malformations congénitales graves (11% de risque) comme le spina bifida, et des troubles neurodéveloppementaux (jusqu'à 30-40% des cas) incluant autisme, retard intellectuel et troubles de l'apprentissage. Plus de 14 000 femmes enceintes ont été exposées au valproate entre 2007 et 2014 en France, entraînant des milliers de cas de handicaps. Un dispositif d'indemnisation via l'ONIAM existe pour les victimes.
Oui, plusieurs génériques du valproate de sodium existent et contiennent la même substance active que la Dépakine avec une efficacité équivalente. Ils sont également remboursés à 65% par la Sécurité sociale. Cependant, pour les antiépileptiques, il est recommandé de ne pas changer de spécialité une fois l'équilibre thérapeutique atteint, car même de légères variations peuvent provoquer une reprise des crises. Discutez toujours avec votre neurologue avant toute substitution.
Si votre enfant présente des malformations ou troubles neurodéveloppementaux liés à une exposition in utero au valproate, vous pouvez déposer une demande auprès de l'ONIAM (Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux). Vous devez fournir : preuve de l'exposition (ordonnances, relevés de remboursement), dossier médical complet de l'enfant attestant des troubles. Un collège d'experts rend un avis dans les 6 mois. L'assistance d'un avocat spécialisé est fortement recommandée pour maximiser vos chances d'indemnisation.

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Laura Simon
✍️ À propos de l'auteur

Laura Simon

Pharmacienne

Pharmacienne titulaire depuis 13 ans, spécialisée dans le conseil aux seniors. Experte des médicaments, des interactions médicamenteuses et des remboursements pharmaceutiques. Elle aide les patients à optimiser leur couverture santé pour les médicaments.

13 ans d'expérience Medicaments